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Updated: 5 weeks 21 hours ago

Jean Cassegrain : « Il faut être là où sont nos clients »

Thu, 2016-07-14 11:17
Jean Cassegrain, directeur général de Longchamp, vient d’inaugurer sa première boutique en Principauté. Des pipes aux sacs, du prêt-à-porter aux souliers, il a accepté de raconter l’histoire de cette entreprise indépendante à Monaco Hebdo.

 

Monaco, ça représente quoi pour vous ?

Monaco, c’est un peu une carte postale. La Principauté possède une image, une aura, qui est très belle en Europe et dans le monde. D’ailleurs, c’est un nom qui fait rêver. Cela fait rejaillir toutes ces images, la Riviera, le glamour…

Vous connaissez bien la Principauté ?

Je ne connais pas particulièrement bien Monaco. Mais je suis venu quelques fois, notamment pour chercher un emplacement commercial pour installer notre boutique Longchamp.

Jean Cassegrain © Photo Longchamp

Pour répondre aux besoins d’une clientèle. L’essence de notre métier, c’est d’être là où sont nos clients. Or, nous avons des clients monégasques. Voilà pourquoi on recherchait un lieu pour s’implanter depuis quatre ou cinq ans. Monaco, c’était un trou dans notre réseau de distribution. Mais c’est très compliqué ici.

Qu’est-ce qui aura été difficile dans ce dossier ?

Le centre-ville est très particulier ici. Ça monte, ça descend… Ce n’est pas simple de trouver le bon endroit. Surtout quand les bons emplacements sont déjà occupés par des gens qui ne les lâcheront jamais. Et puis, comme souvent dans notre métier, l’immobilier est devenu un sujet compliqué.

Le président-délégué de la Société des bains de mer, Jean-Luc Biamonti, a récemment indiqué qu’il restait quelques emplacements commerciaux dans leur projet immobilier situé sur la place du casino ?

Ça ne doit pas être les meilleurs emplacements qui restent… L’emplacement que l’on a trouvé ici au Park Palace nous a plu parce qu’il donne sur les jardins du casino. C’est une belle adresse, agréable et pratique pour nos clients. Même si cette boutique n’est pas très grande, avec environ 90 m2 sur deux étages, on l’a travaillée comme un écrin à bijoux. Elle comporte un certains nombre d’éléments nouveaux et originaux que l’on ne retrouve que dans cette boutique et que l’on reproduira peut-être ensuite ailleurs.

Quoi par exemple ?

Un mur avec notre fameux sac Pliage. A Monaco, ce mur est présenté dans des essences de bois rares, plus luxueuses. On a aussi misé sur un sol en pierre bleue qui évoque la mer Méditerranée.

Les produits proposés à Monaco seront particuliers ?

Oui. On propose ici un choix significatif de prêt-à-porter et de souliers qui n’est pas présent dans toutes nos boutiques françaises. Ce sont deux nouvelles catégories de produits qu’on essaie de développer depuis cinq ou six ans.

Quoi d’autre ?

On a une offre de pochettes exclusives, issues de notre collection atelier. Elles sont fabriquées dans des cuirs précieux, du crocodile, du lézard, du python… Cette collection est habituellement assez peu diffusée. Mais on a décidé de la proposer ici, à Monaco. Bref, on a fait le choix de présenter nos plus beaux produits.

Quel est le produit le plus cher vendu en Principauté ?

Les pochettes Atelier qui sont vendues entre 2 000 et 3 000 Ä.

Quel chiffre d’affaires vous visez avec cette boutique ?

On verra. Quand on crée une nouvelle boutique, on sait définir avec précision les charges. Mais prévoir le chiffre d’affaires, c’est très difficile.

Cette boutique n’est pas qu’une question de rentabilité, c’est aussi une question d’image pour Longchamp ?

Les deux comptent. L’un ne va pas sans l’autre. Car une boutique qui ne tourne pas ne donne pas une bonne image.

C’est vrai que dans les années 70, toute votre famille habitait au-dessus du tabac de votre grand-père, Jean Cassegrain, 9 bis boulevard Poissonnière, à Paris ?

9 bis, je ne sais pas. Mais c’est vrai qu’à l’époque, ma famille habitait boulevard Poissonnière, dans l’immeuble où mon grand-père avait son magasin, au rez-de-chaussée. Il avait ses bureaux au premier étage où mon père et mes oncles travaillaient. Sans oublier un petit entrepôt dans la cour. Ma grand-mère habitait au quatrième étage et nous, au cinquième. Du coup, jusqu’à ce qu’on déménage nos bureaux à la fin des années 70, une grande partie de la famille travaillait et vivait dans cet immeuble.

Vous êtes la troisième génération à la tête de Longchamp, depuis le lancement de cette entreprise familiale dans les années 40 : quelles ont été les étapes décisives ?

Longchamp a été créé en 1948 par mon grand-père, Jean Cassegrain, qui a débuté à Paris en vendant des pipes. Au fil du temps, il y a eu un glissement progressif vers un univers de plus en plus tourné vers la mode et la femme. Alors qu’au départ, Longchamp c’était un univers totalement masculin, puisqu’on vendait des pipes et des accessoires pour fumeurs. Ensuite, on a élargi nos gammes, en proposant de la maroquinerie pour homme, des petites pochettes notamment, puis des bagages.

Et la femme ?

La gamme pour les femmes est arrivée avec les premiers sacs à main Longchamp, à la fin des années 70 et au début des années 80. Ça a été un tournant important, car le marché du sac à main était très dynamique à l’époque. Ce qui a donné une nouvelle impulsion à notre entreprise.

Il y a eu d’autres étapes importantes ?

L’ouverture de nos propres boutiques. Car, comme beaucoup de marques, Longchamp était auparavant distribué par des réseaux multimarques. On a décidé d’ouvrir notre première boutique rue Saint Honoré, dans le premier arrondissement de Paris, en 1988.

Et le prêt-à-porter ?

On a lancé le prêt-à-porter et les souliers pour femmes au milieu des années 2000.

Comment vous-vous positionnez par rapport aux marques de l’ultra-luxe, comme Hermès par exemple ?

Le positionnement basé uniquement sur les prix et les gammes de prix, c’est une façon un peu réductrice de voir les choses. Car aujourd’hui, les mêmes clientes peuvent acheter dans différentes gammes de prix. On peut avoir une montre Chanel et un pantalon Zara. Il y a d’autres marques de luxe française que nous. Mais Longchamp veut se positionner comme une marque internationale. Et aussi comme la marque de luxe de la française et de la parisienne.

Pourquoi ce choix ?

Parce que c’est vraiment notre identité et notre réalité. Nos études nous disent que Longchamp est la marque préférée des Françaises. Voilà pourquoi on garde la Française au premier plan de nos réflexions sur la marque et dans nos créations.

Pourquoi avoir décidé dès 2006 de miser sur Kate Moss comme égérie de votre marque ?

Parce que Kate Moss est mythique. Elle représente notre époque. C’est le mythe de la femme. Pour moi, Kate Moss c’est l’équivalent contemporain de Brigitte Bardot ou de Marylin Monroe (1926-1962). Kate Moss a permis l’évolution de notre marque. Elle a continué à la féminiser et à l’inscrire dans le domaine de la mode.

Kate Moss a vraiment participé à la création de produits Longchamp ?

Oui, à partir de 2010 et jusqu’en 2015, elle a collaboré sur nos produits. Elle était aussi présente lors de l’inauguration de notre boutique sur les Champs-Elysées en décembre 2014. Aujourd’hui, elle n’est plus l’égérie de Longchamp, mais elle reste assez proche de la marque.

Qui a remplacé Kate Moss ?

L’héroine de nos campagnes publicitaires, c’est Alexa Chung désormais.

A 32 ans, la britannique Alexa Chung est à la fois mannequin et animatrice de télévision. Elle est aussi l’égérie de Longchamp depuis 2015. Elle succède ainsi à Kate Moss. © Photo Peter Lindbergh / Longchamp

Mais elle n’est pas parisienne du tout !

C’est en effet une autre Anglaise. Mais Alexa Chung est très parisienne dans son style et dans son attitude. Alexa Chung est peut-être même la plus parisienne des Anglaises…

Alexa Chung va travailler sur les collections, comme l’a fait Kate Moss ?

Pour le moment, elle nous apporte son image. Elle nous aide à mettre en avant nos produits et à faire porter notre voix.

Vous allez faire la même chose pour les hommes ?

Quand on est une maison indépendante, de taille moyenne, on ne peut pas tout faire. Il faut choisir ses combats. Ce sera un combat que l’on mènera à un autre moment. Mais on a déjà des messieurs qui portent nos produits, comme Robert de Niro ou Guillaume Canet.

Votre chiffre d’affaires ?

En 2015, on a réalisé un chiffre d’affaires de 566 millions d’euros, en progression de 14 %, avec 300 boutiques dans le monde. On est présent au Japon, en Chine, en Corée, à Taïwan, à Singapour, en Malaisie… A ces 300 boutiques que l’on possède en « propre », il faut ajouter une cinquantaine de boutiques franchisées dans le monde.

Vous allez continuer cette politique d’ouverture de boutiques ?

Oui, on peut continuer. On a ouvert une boutique il y a quelques semaines pas très loin d’ici, à Portofino, en Italie. Et on a un projet d’ouverture à Gènes.

Vos objectifs chiffrés pour 2016 ?

Notre chiffre d’affaires sera encore en progression, mais de façon plus modeste. C’est plus difficile, notamment en raison de la baisse du tourisme en France, et à Paris en particulier.

 

Longchamp, une aventure très familiale Comment en moins de 70 ans une marque de maroquinerie française s’est imposée dans le monde, tout en restant familiale ? Monaco Hebdo vous raconte.

 

Lancé par Jean Cassegrain en 1948, Longchamp a commencé par vendre des pipes, avant de s’imposer comme l’un des plus importants maroquiniers de France. Secondé par sa femme Renée, Jean Cassegrain imagine la pipe gainée de cuir qu’il vend dans sa petite civette parisienne, Au Sultan. Des passages répétés devant l’hippodrome de Longchamp, près de Paris, lui donnent l’idée de miser sur le symbole équestre et d’appeler son entreprise Longchamp. Le logo de la marque est un cheval de course au galop. Peu à peu, des articles de petite maroquinerie s’ajoutent aux pipes. Au début des années 1970, Philippe, le fils aîné de Jean, ouvre Longchamp aux sacs et aux bagages. Lorsque Jean décède en 1972, Philippe prend la tête de l’entreprise. En 1978, le marché des fumeurs est abandonné au profit de celui de la femme. Un premier sac a été imaginé par Philippe dès 1971. Ses trois enfants, Sophie, Jean et Olivier poursuivent cette aventure familiale. Aujourd’hui, Jean codirige le groupe Longchamp avec son père, dont l’épouse, Michèle, chapeaute le réseau des boutiques en Europe. Sophie Delafontaine assure la direction artistique et Olivier est chargé du continent nord américain depuis New York où il réside.

« Savoir-faire »

Chez Longchamp, la star des ventes, c’est le sac Pliage, un trapèze de nylon et de PVC avec des anses en cuir, dont le prix de départ a été fixé à 55 euros. Selon Capital, les ventes du Pliage représenteraient environ 50 % du chiffre d’affaires et deux tiers des marges. En 2015, Longchamp en aurait écoulé 5 millions sur les 7 millions de produits sortis de l’entrepôt logistique de Segré, une petite ville de près de 7 000 habitants, en Maine-et-Loire. Et 32 millions depuis son lancement, en 1993. Des chiffres que la famille Cassegrain ne confirme pas. Toujours d’après Capital, moins de 60 % des sacs en cuir ou Pliage seraient fabriqués dans l’un des six ateliers français. Le solde a été confié à la Chine, la Roumanie, la Tunisie et l’île Maurice. Et c’est un choix assumé. « Les machines, les matières premières, les savoir-faire sont les mêmes ici ou ailleurs, nous y veillons quotidiennement », a expliqué Jean Cassegrain à ce mensuel économique.

« Indépendance »

En 2001, cette entreprise réalisait 150 millions de chiffre d’affaires. En 2015, Longchamp affiche un chiffre d’affaires de 566 millions d’euros, en hausse de 14 % par rapport à 2014. Environ 70 % de ce chiffre d’affaires serait réalisé à l’export. Depuis 2006, Longchamp confie son image à une égérie : Kate Moss jusqu’en 2015 et Alexa Chung aujourd’hui. En 2014, une boutique de 500 m2 a été ouverte sur les Champs-Elysées, à Paris. « Le caractère familial de notre maison nous permet de mener notre développement en toute indépendance. Il nous donne le luxe du temps et nous permet de conduire une stratégie sur le long terme », expliquait Jean Cassegrain au Parisien l’an dernier. Malgré les sollicitations qui ne doivent pas manquer, le capital de Longchamp reste donc entre les mains de la famille Cassegrain. La marque continue à grandir, notamment à travers son réseau de boutiques : Portofino et Monaco aujourd’hui, Gênes demain.

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Séances plutôt calmes… dans l’ensemble

Thu, 2016-07-14 11:13
Lors des deux séances législatives des 28 et 29 juin, les tensions sont quelque peu retombées. Pour le moment.

Par Sabrina Bonarrigo et Raphaël Brun

 

Plusieurs élus l’ont déploré. Le Conseil national a perdu beaucoup de temps sur l’étude de l’extension en mer. Surtout lorsque l’on sait que ce projet comportait 150 pages pour le traité de concession… et 12 000 pages d’annexe ! Entre les lignes, c’est la méthode de l’ex-président du Conseil national, Laurent Nouvion, qui a été décriée. « Je regrette tout le temps perdu en palabres et excusez-moi le terme… en juridisme. Des discussions inutiles, bien éloignées des pouvoirs du Conseil national. Tout cela n’a rien apporté, et n’a rien apporté aux Monégasques. Pire… Vouloir discuter du projet en lui-même, de sa structure, de sa destination, une fois le contrat signé par l’Etat, cela décrédibilise l’institution. Cela donne une piètre image de la volonté de tous les élus d’aller de l’avant sur ce projet », a déploré l’élu de la nouvelle majorité Thierry Poyet. Tout en regrettant aussi le manque de concertation entre le gouvernement, les élus et le groupement en charge des travaux. Même colère du côté de Philippe Clérissi : « La haute assemblée s’enlisait seule dans un marécage technico-législatif poisseux, qui ralentissait l’élaboration du texte, nous empêchant par là-même, comme pour toute loi de désaffectation, de consacrer le temps nécessaire à l’étude approfondie des contreparties. » La frustration était grande aussi chez Jean-Charles Allavena : « Les élus n’ont été associés ni à la définition du projet, ni aux discussions sur le contrat entre l’Etat et le titulaire. Bien sûr, ce n’est pas strictement notre rôle. Mais une fois de plus, pourquoi cette vision étriquée de nos relations ? Il ne s’agit pas là d’un petit projet de square de quartier. Il s’agit du projet emblématique d’un règne. Il était toujours trop tard. Trop tard pour émettre un avis sur le projet. Trop tard pour émettre un avis sur le contrat… Dommage ». Hormis ces quelques piques, la séance publique du 28 juin s’est passée dans un climat cordial. Bien loin de l’ambiance glaciale qui régnait le 27 avril, lorsque Laurent Nouvion n’a pas été reconduit dans ses fonctions de président du Conseil national. Le nouveau président, Christophe Steiner, a d’ailleurs conclu la séance en saluant le travail des élus au sein des commissions, et ce, « quelle que soit leur appartenance politique ». Il les a aussi remerciés « pour les débats apaisés. »

« Ombre »

Le 29 juin au soir, l’ambiance était tout aussi calme. Les élus des rangs d’Horizon Monaco (HM) ont le plus souvent adopté des positions proches de celles défendues par la nouvelle majorité du président Christophe Steiner. Il faut dire que les textes à l’étude, le renforcement de la protection des personnes contre la diffamation et l’injure, ainsi que le télétravail (lire notre dossier complet publié dans Monaco Hebdo n° 976), pouvaient difficilement générer du conflit. A commencer donc par la proposition de loi sur la diffamation et l’injure. « Il y a un élan unanime autour de cette proposition de loi », a indiqué l’élu HM Jacques Rit. Une loi fédératrice qui n’a d’ailleurs appelé que très peu de commentaires. « Ce texte traduit un état d’esprit, a lancé l’élu de la nouvelle majorité, Jean-Charles Allavena. Dans notre pays, on est attaché à l’éthique et à la morale. » L’instant d’après, une question a toutefois quelque peu douché l’ambiance générale, jusqu’alors très consensuelle. Alors qu’il remerciait l’élu HM Claude Boisson d’avoir soumis ce texte, « que des amis de la société civile lui avait transmis », Jean-Charles Allavena a questionné : « Nous n’avons pas compris, cher Claude [Boisson], que tu aies refusé d’être le rapporteur de ce texte. Quand tu nous l’a proposé, ce texte dépassait des courants politiques déjà bien séparés. Il aurait dû les dépasser encore aujourd’hui. C’est dommage. Ce refus est une petite ombre sur ce texte. Nous le regrettons. » La réponse est venue quelques minutes plus tard. « C’est vrai, c’est pour une raison politique que je n’ai pas voulu être rapporteur », a répondu Claude Boisson à Jean-Charles Allavena, tout en le « remerciant » de s’être souvenu qu’il avait contribué à faire émerger ce texte : « Sachez aussi M. Allavena qu’il y a d’autres vertus qui peuvent animer le comportement d’un politicien. Comme l’humilité par exemple… » Ce qui n’a pas empêché Jean-Charles Allavena de revenir sur le meeting du 14 juin organisé par le groupe politique Rassemblement & Enjeux (R&E), auxquels quelques élus HM participaient. Ce soir-là, « certains signataires de cette proposition de loi ont largement dépassé le cadre des propos de tribune, même passionnée, a estimé Allavena. Le ressentiment, puis les invectives, ont rapidement tourné à l’injure. Les noms d’oiseaux ont volé bien bas. C’est pourtant cette injure-là que vous souhaitez bannir avec ce texte. La loi ne sera pas rétroactive, mais le célèbre « faites ce que je dis, pas ce que je fais » a décidément encore de beaux jours devant lui… ». Le vice-président du Conseil national, Marc Burini, après avoir indiqué qu’il voterait ce texte, a regretté que l’on doive en arriver là : « Quand une société de contraintes prend le pas sur une société de responsabilités, qu’advient-il de l’apprentissage du civisme ? Ce type de loi consacre toujours un échec : celui de l’éducation. Je veux continuer de croire que l’évolution des sociétés et des mentalités se fait par les individus, l’ouverture sur le monde, la mixité et l’éducation, plus que par le vote de textes répressifs. »

 

Les premiers télétravailleurs dès septembre Le 29 juin, les élus du Conseil national ont voté à l’unanimité les deux projets de loi autorisant le lancement du télétravail en Principauté. A l’origine de cette idée, un vœu émis par le Conseil économique et social (CES) en 2007. « C’est un texte historique », a jugé le conseiller-ministre pour les affaires sociales et la santé, Stéphane Valeri. « Ce texte important va nous aider à répondre aux défis sociaux, économiques et de mobilité », a estimé le ministre d’Etat, Serge Telle. Il aura fallu quatre ans pour parvenir à un accord signé le 18 mars 2014. Sous réserve d’un accord patron-salarié, les 41 000 Français qui travaillent à Monaco pourront télétravailler, sans dépasser « plus des deux tiers du temps de travail du salarié sur une période hebdomadaire de travail. » Les élus ont demandé au ministre d’Etat l’extension de ce texte à la fonction publique monégasque. Des discussions ont aussi débuté avec l’Italie, qui fournit environ 4 000 salariés à Monaco. R.B.  

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« L’idée essentielle, c’est la cohérence »

Thu, 2016-07-14 11:09
Les travaux du Très Grand Ida devraient débuter en 2018, pour un coût estimé à 500 millions d’euros a annoncé le ministre d’Etat, Serge Telle, accompagné de son gouvernement. Déjà chargé de l’extension en mer, l’architecte italien Renzo Piano hérite aussi de la rénovation du Larvotto.

EXTENSION EN MER

Un Larvotto version Renzo Piano

« Avec le Prince Albert, on s’est dit que l’extension en mer était une occasion idéale pour créer une cohérence architecturale avec tout le front de mer du Méridien jusqu’au port Hercule. » Le 30 juin, lors d’un petit-déjeuner de presse, le ministre d’Etat, Serge Telle, a confirmé ce que le président du Conseil national évoquait dans les colonnes de Monaco Hebdo n° 976 : le Larvotto sera bien rénové en totalité. Serge Telle a appuyé son propos, en soulignant que le Larvotto est un quartier vieillissant, qui a déjà « une trentaine d’années » et que l’hôtel Fairmont, situé à l’extrémité ouest, remonte aux années 70. Sachant que si les exploitants du Fairmont sont les frères Ian et Richard Livingstone, les murs restent la propriété de l’Etat monégasque qui a donc son mot à dire. Et le mot d’ordre dans ce dossier, c’est « la cohérence », une notion que Serge Telle a martelé tout au long de son intervention devant les médias : « À Monaco, au fil du temps, on a souvent été dans une logique où chacun a lancé son projet immobilier dans son coin. Mais le souhait du Prince, c’est de trouver désormais une cohérence dans ce qui sera construit. » Maintenant que le groupement en charge des travaux de l’extension en mer a été choisi, c’est donc leur architecte, l’Italien Renzo Piano, qui sera chargé de réfléchir aux travaux sur le Larvotto. Cohérence oblige. « Les projets proposés seront soumis à la décision du Prince », a indiqué Serge Telle. « Comme Renzo Piano travaille déjà sur l’extension en mer, on lui a demandé de travailler sur la continuité de ce quartier, avec le Larvotto. L’idée, c’est d’avoir une vision globale pour l’extension en mer et pour le Larvotto », a insisté Marie-Pierre Gramaglia, conseiller-ministre pour l’équipement.

Estimation

Reste à connaître le coût. Il est quasi-impossible à chiffrer a estimé Serge Telle. D’abord évidemment parce que le projet n’est pas connu à ce jour. Ensuite parce que des économies d’échelles pourraient être réalisées, dans la mesure où certains travaux entre l’extension en mer et le Larvotto pourraient être couplés. Prudent, le gouvernement a tout de même demandé des études afin d’avoir une estimation, même approximative. « Un premier projet, qui n’est pas le projet retenu et qui ne concernait que le Larvotto, a été évalué avec un architecte monégasque. Il était compris entre 50 et 60 millions d’euros. C’était un projet de grande envergure, avec un système pour atténuer la houle au niveau des plages, une surélévation de bâtiments, le déplacement du restaurant la Rose des Vents, la création d’une voie souterraine parallèle à l’avenue Princesse Grace… », a détaillé Marie-Pierre Gramaglia. « Les 50-60 millions d’euros sont donc un coût prévisionnel que l’Etat ne dépensera pas, puisque ce projet n’a évidemment pas été lancé », a immédiatement précisé Jean Castellini.

Soulte

Signé le 30 juillet 2015 par l’ancien ministre d’Etat, Michel Roger et Gérard Brianti, administrateur délégué du groupement Anse du Portier SAM (société anonyme monégasque), qui réunit le groupe Bouygues, ses partenaires et des acteurs monégasques, le traité de concession du projet d’urbanisation en mer est extrêmement précis. Le deal financier sur lequel s’est engagé le groupement en charge de la construction de cette extension en mer devrait rapporter à l’Etat un total de 1,3 milliard d’euros. Comment ? Le gouvernement a prévu une soulte de 400 millions d’euros qui sera payée en plusieurs annuités, mais aussi près de 300 millions d’aménagements public et 600 millions de TVA. « En effet, selon le nombre de m2 et surtout le prix fixé au m2, le retour estimé par les promoteurs est compris entre 3 et 3,5 milliards d’euros, a détaillé le conseiller-ministre pour l’économie et les finances, Jean Castellini. Si on multiplie ce montant par 20 %, on obtient 600 millions de TVA pour l’Etat. » Au sein du groupement Anse du Portier, ce n’est pas Bouygues Travaux Publics (TP) qui va rénover le Larvotto, ni construire les 60 000 m2 de logements privés, de commerces grand luxe ainsi que les équipements publics situés dessus, a insisté Jean Castellini : « Bouygues TP va seulement construire une dalle. Sur cette dalle, des promoteurs, qui sont les investisseurs du groupement chargé de cette extension en mer, vont ensuite construire et commercialiser des surfaces. Ce sont donc aussi eux qui devront proposer et réaliser un projet de rénovation complet pour le Larvotto, une fois qu’il aura été validé par le Prince Albert. »

« Timing »

Si on ne sait pas combien va coûter la rénovation du Larvotto, on n’en sait pas beaucoup plus non plus sur le déroulé exact des travaux, ni sur leur durée. « Tant que le projet n’est pas connu et qu’on ne sait pas comment il va s’accrocher à l’extension en mer, difficile de donner un calendrier pour les travaux au Larvotto, a justifié Serge Telle. Cette continuité architecturale a donc aussi des conséquences évidentes dans le timing. Mais il est hors de question de lancer ce projet rapidement. Il faudra de toute façon attendre que la dalle de l’extension en mer soit terminée. » Un certain nombre de commerçants du Larvotto ont laissé filtrer leur inquiétude. Que vont-ils devenir, coincés entre ces deux méga projets ? « Il ne faut pas être anxiogène, il faut les rassurer. Ils sont encore là pour un certain temps. Et lorsque ce projet sera fini, ces commerçants reviendront. Mais il y aura une gêne pendant un moment… », a admis Jean Castellini, tout en indiquant que de nouveaux commerces seraient aussi créés. Le gouvernement s’est ensuite attardé sur la composition du groupement Anse du Portier SAM et notamment sur la présence importante du fonds d’investissement Meyer Bergman. Une présence importante car ce fonds est aussi spécialisé dans l’investissement commercial. Meyer Bergman a notamment réalisé des centres commerciaux en Angleterre, comme par exemple la Burlington Arcade, qui est une galerie marchande située à proximité du siège de la Royal Academy, à Londres. « Ils sont à la fois des investisseurs et des spécialistes du commerce. Donc, quand il faudra faire venir de nouvelles enseignes sur l’extension en mer, et peut-être au Larvotto, cela pourra être utile… », a supposé Castellini. La clé de répartition mise en place dans ce groupement a aussi son importance, a jugé le conseiller-ministre pour les finances. En effet, aucun investisseur ne surclasse vraiment les autres. « Tous les investisseurs pèsent entre 5 et 25 % du total qui va financer le projet. En plus de Meyer Bergman, on trouve des investisseurs privés qui résident à Monaco. Notamment M. Pastor, son cousin et un autre promoteur immobilier monégasque. Sans oublier trois ou quatre autres personnes de nationalité étrangère, majoritairement des Européens, qui vivent à Monaco. Ce qui nous permet d’avoir un contrôle supplémentaire, car ce sont des gens que l’on connaît. Leurs noms ne vous diraient sans doute rien. Mais ce sont des personnes qui sont dans l’immobilier ou des industriels », a confié Jean Castellini. Sans en dire plus. Contacté par Monaco Hebdo, Meyer Bergman nous a indiqué n’avoir « aucun commentaire » à faire sur ce dossier.

 

TRES GRAND IDA

Début des travaux en 2018

Le 21 juin, le gouvernement a présenté aux élus du Conseil national ses dernières conclusions concernant le dossier du réaménagement du quartier de la Colle, c’est-à-dire la zone entre l’avenue Crovetto Frères et le boulevard Rainier III. « Il n’y a que trois façons de gagner les 350 000 m2 dont on a besoin tous les 10 ans. Construire sur la mer, construire sur les derniers terrains disponibles et enfin reconstruire la ville sur la ville, en bâtissant des immeubles plus haut », a lancé le conseiller-ministre pour l’équipement, Marie-Pierre Gramaglia. Le projet du Très Grand Ida s’inscrit dans le troisième volet des solutions présentées par le gouvernement. Ce remembrement géant devrait débuter en 2018, dès que l’association Foi Action Rayonnement (FAR) aura déménagé au Jardin Exotique, à la villa Thérèse. Les travaux pourraient s’étaler sur « 15 ou 20 ans », pour cet énorme projet qui avait plus modestement commencé en 2009 par l’achat pour 16 millions d’euros de la Villa Ida par l’Etat monégasque. D’abord réservé au logement des enfants du pays, ce projet a connu plusieurs versions pour aboutir aujourd’hui au remembrement complet du quartier de la Colle et à un nouveau plan de circulation. Le coût de cette opération est estimé à 500 millions d’euros par le conseiller-ministre pour les finances, Jean Castellini et devrait permettre la création de 150 logements supplémentaires par rapport à l’existant. Au total, 462 appartements seront construits. La villa anciennement occupée par le FAR, les immeubles domaniaux les Cèdres et les Mélèzes et la villa les Platanes sont englobés dans ce projet.

« Vision globale »

Mais pour le moment, une famille bloque cet énorme projet. « Ils possèdent la villa des Platanes, une maison de trois étages, divisée en plusieurs appartements occupés par des locataires », a indiqué Marie-Pierre Gramaglia. Si aucun accord financier n’est trouvé, l’Etat pourrait demander une expropriation. « On a évoqué cette extrémité avec le Conseil national qui nous a donné son approbation », a ajouté le conseiller-ministre pour les finances, Jean Castellini.

Une étude d’urbanisme va maintenant être lancée par quatre cabinets d’architectes-urbanistes, qui travailleront tous avec un architecte monégasque. L’occasion de définir avec précision la volumétrie de cet ensemble et de mettre en place un déroulé des travaux qui soit à la fois intelligent, efficace et le moins gênant possible pour les habitants de ce quartier. Notamment pour les immeubles des Mélèzes et des Cèdres. Sur les 462 logements bâtis, reste à connaître la répartition entre les appartements domaniaux et ceux qui pourraient être proposés aux enfants du pays. « Plusieurs immeubles seront construits, donc on verra ensuite comment attribuer logements domaniaux et logements pour les enfants du pays », a ajouté Gramaglia. « Pour les enfants du pays, ce sera ici ou ailleurs. Car on a une vision urbanistique à 20 ans : Très Grand Ida, Annonciade II, autres immeubles vieillissants… Donc, que ce soit dans l’emprise du Très Grand Ida ou ailleurs, on verra lorsqu’on aura une vision globale. Mais ça ne signifie pas que les enfants du pays ont 20 ans d’attente devant eux », a commenté Jean Castellini. « L’objectif, c’est de desserrer l’étau et de se donner une marge de manœuvre pour disposer ensuite d’une véritable offre qui pourra concerner le plus grand nombre de personnes possible », a ajouté le ministre d’Etat, Serge Telle.

 

L’opération l’Engelin Sur le boulevard du Jardin Exotique, c’est 133 logements pour les Monégasques d’ici fin 2017. C’est aussi 900 m2 pour le tertiaire, avec pour l’essentiel l’accueil des archives audiovisuelles de Monaco. Sans oublier 245 places de parking pour les logements et les bureaux, une cinquantaine de places publiques, et une desserte mécanisée de l’avenue Hector Otto. L’opération Testimonio II C’est 156 appartements domaniaux situés entre le boulevard d’Italie et l’avenue Princesse Grace. Mais aussi le relogement de l’école internationale, une crèche de 50 berceaux, 700 places de parking relais. Tout devrait être terminé au troisième trimestre 2020 pour un coût de 360 millions d’euros « et aucune participation financière de l’Etat », qui cède en contrepartie 13 000 m2 de logements privés. L’opération Pasteur C’est une parcelle de 250 mètres de long sur 35 mètres de large dont la façade est orientée vers l’avenue de Fontvieille, alors que la partie supérieure se trouve dans le prolongement de la promenade Honoré II. Cette opération s’articulera sur un socle de 5 niveaux qui accueillera deux bâtiments : un pour le collège et un autre pour la médiathèque municipale sur 3 niveaux. Il y aura aussi une salle polyvalente de 1 200 places qui remplacera l’actuel Espace Léo Ferré, un parking de plus de 900 places, 8 700 m2 de bureaux… Pour un total de 320 millions d’euros et une fin des travaux programmée pour 2020.

 

International

Brexit : un effet positif pour Monaco ?

« En Europe, les souverainistes ont définitivement perdu du terrain. Le Brexit ne donne pas envie à d’autres pays de sortir de l’Union européenne (UE). Car même si on n’aime pas l’UE, cette structure protège et offre un cadre de prospérité qui a permis à tout un tas de pays européens de se développer. » Résolument optimiste, le ministre d’Etat, Serge Telle, ne croit pas à un effondrement de l’UE. Il l’a dit et répété, lors d’une conférence de presse organisée le 30 juin : « La banque d’Angleterre prédit un appauvrissement de 2 à 3 % du PIB sur les 10 prochaines années. Il n’y a pas beaucoup de pays qui veulent prendre ce risque-là. » Et il veut même croire que ce Brexit pourrait assouplir les négociations menées par Monaco pour obtenir un accord d’association avec l’UE. Car la Principauté vise toujours un accès au marché intérieur en contrepartie d’avancées autour des quatre libertés fondamentales de l’UE, à savoir la libre circulation des biens, des capitaux, des services et des personnes. « Tout en préservant nos spécificités », a insisté Serge Telle. Pour lui, le Brexit implique désormais que l’on tienne « de plus en plus compte de l’identité » des pays qui composent l’UE : « On peut être dans le respect de ces identités nationales, sans être nationaliste. On peut être dans le respect de la souveraineté, sans être souverainiste. » De petites différences sémantiques autour desquelles se jouent de très importants enjeux. « Contrairement à ceux qui disent qu’il faut sortir, nous disons qu’il y a un intérêt pour des petits pays fondamentalement européens comme le nôtre, à s’accrocher à l’UE, dans le respect de nos différences », a estimé Serge Telle. Une certitude, après un mouvement de panique, les marchés se sont bien repris. « Les banques et les marchés pensent que les Anglais pourront sortir de l’UE tout en restant dans le marché unique, a commenté le ministre d’Etat. C’est le pari qu’ils font. Mais je ne suis politiquement pas convaincu que cela sera accepté. »

 

Economie

Aéroport de Nice : Monaco prendra entre 5 et 9 % du capital

« Le gouvernement français a établi un cahier des charges qui permet à Monaco d’entrer au capital du futur groupement qui prendra le contrôle de l’aéroport de Nice et ce, quel que soit le groupement qui sera choisi », a indiqué le conseiller-ministre pour les finances, Jean Castellini, le 30 juin. L’Etat français va vendre 60 % du capital de cet aéroport pour une somme estimée entre 900 millions et 1,1 milliard d’euros. Cet aéroport attire 11,7 millions de passagers par an. Les neuf groupements en compétition partageraient la vision stratégique de la Principauté pour cet aéroport, notamment le positionnement haut de gamme de cet aéoroport avec l’aviation d’affaires, le développement de lignes intercontinentales directes au départ de Nice… Selon le groupement vainqueur et la somme injectée par Monaco, la Principauté disposera de 5 à 9 % du capital, contre environ 150 millions d’euros. « Il y a un groupe turc avec qui on discute, comme avec les huit autres candidats », a révélé Jean Castellini. Selon Nice-Matin, Aéroports de Paris (ADP), Vinci associé à la CDC et Predica, les Français d’Ardian Infrastructure, les Italiens d’Atlantia, les Espagnols de Ferrovial-Meridiam, l’Australien Macquarie, les fonds Industry Funds Management ou Global Infrastructure Partners seraient intéressés par l’aéroport de Nice. Une opération totalement logique pour Serge Telle car « cet aéroport représente la porte d’entrée sur Monaco. Il est donc normal que l’on regarde cette porte d’entrée ».

 

Economie

« Héli Air nous réclame 42 millions »

Suite à la perte de l’exploitation de la ligne d’hélicoptère entre Monaco et Nice, Héli Air a engagé des recours contre l’Etat monégasque. L’appel d’offres lancé par l’Etat a été remporté par Monacair qui exploite cette ligne depuis le 1er janvier. « On trouvait qu’Héli Air faisait remonter beaucoup de bénéfices sur les comptes des administrateurs au détriment de l’investissement dans l’entreprise. Du coup, on a estimé que les hélicoptères étaient un peu vieillissants, alors que l’autre compagnie proposait des appareils neufs », a justifié le ministre d’Etat, Serge Telle. « Héli Air possédait un code Iata sur lequel ils touchaient des royalties, a ajouté Serge Telle. Ce code Iata était exploité par APG, un agent interlignes qui vendait des billets d’avions aux compagnies aériennes et qui reversait des royalties à Héli Air. C’est ce système qui a été cassé suite à la perte de l’appel d’offres. » Bien décidé à ne pas en rester là, Héli Air et son Pdg Jacques Crovetto ont donc attaqué l’Etat en justice. « Aujourd’hui Héli Air nous réclame 42 millions d’euros parce qu’ils ont perdu un appel d’offres… Or, c’est une concession de service public. Et on n’indemnise pas les perdants. Surtout quand on propose des solutions pour avancer », a jugé le ministre d’Etat. Désormais, l’enjeu dans ce dossier, c’est de voir de quelle manière Héli Air peut continuer à travailler. « Le but du gouvernement, c’est bien sûr de ne pas aboutir à une fermeture de cette entreprise. Pour cela, on a besoin d’un minimum d’efforts de la part d’Héli Air. » Sauf que, pour le moment, entre l’Etat et Héli Air, tout se déroule de plus en plus par avocats interposés. « Héli Air est défendu par l’avocat français Me William Bourdon. Pour mettre la pression sur les autorités monégasques, il utilise la presse pour expliquer que le gouvernement n’apporte pas de réponses sur ce dossier. Alors que notre volonté, c’est de protéger l’emploi et de permettre à Héli Air d’exploiter des lignes différentes de Monaco-Nice. » Héli Air compte encore 60 salariés.

 

Economie

Monaco intéressé par le port de Civitavecchia

Un rôle de consultant. C’est le rôle que pourrait avoir la société d’exploitation des ports de Monaco (SEPM) auprès du port de Civitavecchia, à Rome. Ce port dessert notamment la Sardaigne et la Corse. Donc rien à voir avec l’opération lancée du côté du port de Vintimille, dont la Principauté souhaite prendre le contrôle à travers une concession de 80 ans (lire notre dossier complet publié dans Monaco Hebdo n° 975). Un pré-accord a été signé au mois de mai entre la partie italienne et la filiale internationale de la SEPM. « Nous allons voir courant juillet si nous transformons ce pré-accord en accord définitif », a expliqué le conseiller-ministre pour les finances, Jean Castellini. Il faudra notamment faire le point sur les rumeurs d’infiltrations mafieuses, alors que des villes comme Bordighera en 2011, puis Vintimille en 2012, ont carrément été mises sous tutelle par l’Etat italien. « On ne sait pas tout. Il n’est pas impossible qu’il y ait encore des choses à découvrir. Donc on regarde, on s’informe… On n’a pas envie de voir Monaco se retrouver en position difficile face à la ‘Ndrangheta », a ajouté le ministre d’Etat, Serge Telle.

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Kamil Glik et Djibril Sidibé à Monaco

Thu, 2016-07-14 11:06

Selon L’Equipe, l’AS Monaco et Lille auraient trouvé un accord pour transférer le défenseur de 23 ans, Djibril Sidibé, contre 13 millions d’euros. L’accord prévoirait aussi un autre prêt du milieu offensif monégasque, Rony Lopes, 20 ans, où il a déjà joué en 2015-2016. Autre recrue : le défenseur international polonais Kamil Glik, 28 ans, qui a signé pour quatre ans, contre 8 à 11 millions selon les sources. L’ASM a aussi trouvé un nouveau directeur sportif. Il s’agit finalement de l’Espagnol Antonio Cordon, qui rejoint Monaco après 17 ans passés à Villareal. Une arrivée qui fait suite aux départs de Claude Makelele et de Luis Campos au mois de juin. Certaines rumeurs envoient Campos au PSG ou à l’OM. En matches de préparation, Monaco a battu Lugano 5-3 le 2 juillet, avant de faire un nul 3-3 contre le SC Kriens, une équipe de troisième division suisse, le lendemain. Prochains matches amicaux : le 9 juillet contre le FC Sion, le 13 contre le Sporting, le 16 contre le FC Bâle et le 19 contre le Zenith Saint-Petersbourg. Du sérieux, avant le troisième tour préliminaire de la Ligue des Champions (aller 26-27 juillet, retour 2-3 août).

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Extension en mer : Monaco prend le large

Thu, 2016-07-14 11:05
Le mardi 28 juin en séance publique, le Conseil national a donné le dernier feu vert  indispensable à la construction de l’extension en mer. En 2025, le territoire monégasque  va donc s’agrandir de 6 hectares. Mais ce chantier titanesque, dont les travaux sont  estimés à 2 milliards d’euros, a suscité quelques réserves des élus. Risques financiers, nuisances environnementales, absence de logements pour les Monégasques, projet de taille trop réduite… Retour sur les principaux points qui ont fait débat.

Exiguïté du territoire oblige… Monaco a décidé de gagner du terrain sur la mer. Cette conquête par les eaux a récemment franchi un pas décisif. Le 28 juin, le Conseil national a voté à une large majorité la loi de désaffectation permettant la création de cette extension à l’Anse du Portier. Si le timing des travaux est respecté, la Principauté verra donc son territoire s’agrandir de 6 hectares en 2025. Au Conseil national ce soir-là, on sentait que ce vote était historique : « Au cours des siècles, la plupart des expansions territoriales des Etats prirent la forme de conquêtes, d’annexions, de colonisations… Le plus souvent, elles se firent par la force et dans la douleur », a souligné le vice-président du Conseil national, Marc Burini, et rapporteur du texte. Or, à Monaco c’est « de façon pacifique » que le territoire s’agrandit. Il faut dire que pour se développer, la Principauté n’a pas vraiment d’autres choix que de « remembrer des quartiers existants, construire toujours plus en hauteur — avec tout le parti pris esthétique et sociétal que ce choix comporte — ou enfin, d’étendre son territoire », a poursuivi l’élu. Pour mener à bien ce projet pharaonique — dessiné par les architectes Renzo Piano, Alexandre Giraldi, Denis Valode et le paysagiste Michel Desvigne — les autorités monégasques ont choisi l’opérateur Bouygues construction. Et comme prévu, l’ultra-luxe dans ce futur quartier est au rendez-vous. Plusieurs immeubles privés de grand standing, destinés principalement à la vente, seront en effet construits. « Sur la totalité de l’infrastructure maritime, 28 % reviennent au domaine public, alors que 72 % des surfaces construites sont destinées aux bâtiments et aux surfaces privés », a précisé Marc Burini.

Ultra-luxe

Que contiendra alors cette extension en mer ? Côté aménagements privés, on sait que 55 000 m2 de logements haut de gamme seront bâtis. Avec environ 3 500 m2 de commerces, et deux niveaux de sous-sols (1). Coté équipements publics, une extension du Grimaldi Forum de 3 500 m2 a été prévue « pour accueillir de nouveaux congrès », avec un parking de 156 places. Pour ces nouveaux riches résidents, un port de plaisance d’environ 30 anneaux sera également aménagé. Et histoire d’amener une “touche verte” au projet, les architectes ont aussi souhaité créer un parc de 6 500 m2 « sous forme de colline et accessible au public. » Mais aussi une promenade en bord de mer de 560 mètres de long, un cheminement ombragé entre le Jardin japonais et l’extension du Grimaldi Forum de 340 mètres, plusieurs places publiques et des quais pour une superficie totale de 7 769 m2.

Attractivité

Pour le ministre d’Etat, Serge Telle, pas de doute. Ce projet est « absolument essentiel pour les Monégasques comme pour Monaco. Les promoteurs prennent un risque sur l’avenir, et ont donc une confiance totale en la Principauté. » Cette extension offrira aussi au territoire monégasque ce dont « il manque le plus ». A savoir de l’espace. « Mais ce projet nous apportera bien plus que des mètres carrés. Sans participer en aucune manière à son financement, l’Etat va voir le territoire de la Principauté augmenter de près de 6 hectares. Il va recevoir une soulte de 400 millions d’euros qui lui permettra de financer des projets d’intérêt général. De plus, l’Etat retirera de cette opération tous les effets financiers induits par la vente des 60 000 m² de logements et de commerces. Dont, notamment, le versement d’un montant important de TVA », a poursuivi le ministre d’Etat. Les élus y voient aussi un projet essentiel en termes d’attractivité : « Un projet d’une telle qualité était nécessaire à Monaco pour répondre à une vraie demande, et pour garder en Principauté ces clients qui allaient chercher ce type de biens au Cap Martin ou au Cap Ferrat », a indiqué l’élu Jean-Charles Allavena. Même analyse pour l’élu Thierry Poyet pour qui ce projet est un « formidable message » que la Principauté adresse. « Monaco investit, Monaco se transforme, Monaco parie sur son avenir. Monaco étend son territoire de manière pacifique. Et en ces temps de crise et de doute, le symbole est fort. »

Balnéaire

Autre bonne nouvelle : le Conseil national avait demandé au gouvernement que le projet s’accompagne d’une rénovation complète du Larvotto. Un deal accepté par le groupement qui en assumera donc les travaux. Objectifs de ce chantier parallèle : donner un coup de jeune à ce quartier balnéaire un peu vieillissant, et constituer un ensemble architectural harmonieux « depuis le Yacht Club jusqu’au Méridien. » Une rénovation d’autant plus indispensable selon l’élu Philippe Clérissi que « l’unique centre balnéaire monégasque n’a fait l’objet d’aucune remise à niveau depuis sa création il y a bientôt 50 ans. Qui plus est, dans l’un des plus beaux quartiers de la Principauté ! » Marc Burini s’est aussi réjoui que le Larvotto soit enfin réaménagé, et devienne une vraie station balnéaire. Car en matière de contreparties « une plage, ça parle beaucoup à la population que des recettes de TVA sur 12 ans… »

« Limité »

A l’exception du doyen Daniel Boéri qui s’est prononcé contre ce projet, et de Thierry Crovetto qui s’est abstenu, tous les élus du Conseil national ont donc voté en faveur de la loi de désaffectation. Mais cette quasi-unanimité n’a pas empêché les conseillers d’exprimer de lourdes réserves. Plusieurs d’entre eux ont notamment regretté que l’extension ne soit pas de plus grande envergure. Il est vrai qu’on est loin des 22 hectares gagnés à Fontvieille dans les années 70. Ou même des 15 hectares du projet du Larvotto, abandonné fin 2008 en raison de la crise financière : « Je regrette la taille réduite du projet. Je ne suis pas sûr que l’on soit allé au maximum possible », a déploré l’élu Jean-Michel Cucchi. « Pourquoi une extension limitée à six hectares, alors que les projets de 2008 étaient deux ou trois fois plus vastes ? Y-aurait-il eu régression technique ? », s’est aussi demandé Jean-Charles Allavena.

« Les Monégasques exclus »

Les élus de tous bords politiques ont aussi déploré l’absence de logements pour les Monégasques. Ou d’un bâtiment « symbole » pour eux. Pour Marc Burini, c’est clairement le gros « bémol » de ce projet urbanistique qui ne comprend que des habitations privées : « La population monégasque en est le grand absent. » « Vous conviendrez qu’il est plus difficile de s’approprier un quartier quand on ne fait que le traverser… sans l’habiter », a lancé de son côté Jean-Michel Cucchi. Mais le plus virulent a sans doute été Daniel Boéri pour qui le projet d’extension en mer « oublie quasi-totalement Monaco et les Monégasques. Nous allons avoir le mur des Monégasques : un mur de classe. Craignez qu’il ne devienne, un jour, un mur des lamentations ! » Même frustration chez l’élu Union monégasque (UM) Jean-François Robillon : « Il aurait fallu que les Monégasques, et également les résidents, aient la perception d’un retour, d’une amélioration palpable pour la population. Le gouvernement pense qu’une somme d’argent de 400 millions et des aménagements techniques et paysagers veulent dire quelque chose de précis pour nos concitoyens. Je ne le pense pas. » Les élus Thierry Crovetto et Jean-Charles Allavena ont à leur tour pointé du doigt le manque de « mixité » sociale. Quant à l’élue Horizon Monaco (HM) Béatrice Fresko-Rolfo, elle regrette l’absence d’un édifice public, autre que l’extension du Grimaldi Forum : « J’aurais été plus heureuse qu’un musée ou un lieu d’accueil pour la population eut été prévu. »

Appropriation

Côté gouvernement, on réfute en bloc ces arguments. L’exécutif l’assure : les nationaux ne sont pas les grands oubliés de l’extension en mer. « Si le projet ne comprend pas en effet de logements domaniaux, les Monégasques n’en seront pas pour autant les grands absents. Bien au contraire. J’espère qu’ils se l’approprieront comme les autres quartiers historiques, où il n’existe pas d’immeubles domaniaux, a indiqué le conseiller-ministre à l’équipement Marie-Pierre Gramaglia. Les Monégasques profiteront, comme d’ailleurs les autres résidents, de l’extension du Grimaldi Forum mais également de tous les espaces publics de surface. Et en particulier de la promenade en bord de mer qu’il est prévu d’agrémenter d’œuvres d’art. Sans oublier le parc sur la colline, les places publiques, et le port d’animation. Il est vrai que le gouvernement aurait pu solliciter des ouvrages publics supplémentaires. Toutefois, eu égard aux frais financiers importants générés par le mode de réalisation supporté par le titulaire, il a été jugé préférable de ne pas multiplier les aménagements publics et de recevoir le reste de la part considéré comme devant revenir à l’Etat sous forme de soulte, qui pourra être utilisée pour la réalisation d’équipements publics dans les autres quartiers de la Principauté. »

(1) Les deux niveaux de sous-sol contiendront 480 places de stationnement, des emplacements pour deux-roues, des locaux techniques, des caves et des locaux annexes.

 

Timing des travaux sur 10 ans C’est donc un chantier titanesque de 10 ans qui débute. Le phasage des travaux est désormais bien connu. Le démarrage est prévu au 4ème trimestre 2016 avec une première étape capitale : la protection des espèces protégées. En 2020, c’est l’infrastructure maritime qui devrait être achevée. Quant à la livraison des premiers immeubles, elle devrait intervenir en 2022. Pour le port d’animation et l’extension du Grimaldi Forum, il faudra attendre 2024. Et enfin une année supplémentaire pour la livraison globale du projet. S.B. Circulation et environnement : les élus inquiets Circulation, nuisances sonores ou protection de l’environnement… Le gouvernement s’est juré d’être exemplaire pendant la construction du projet. Ou en tout cas, de mettre tout en œuvre pour minimiser les nuisances. Mais vu l’ampleur et la longueur de ce chantier maritime, l’inquiétude des élus est forcément là : « Il est incontestable que beaucoup de précautions ont été envisagées sur le plan de l’environnement. Si l’on en juge avec les centaines de pages entourant la protection des sites autour de l’anse du portier et devant le Grimaldi Forum. Mais il faut être aussi transparent et honnête intellectuellement en disant que cette opération va créer des nuisances considérables. Même si beaucoup de matériaux lourds doivent transiter par la mer, a souligné l’élu HM Laurent Nouvion. Ma crainte, je ne vous le cache pas, porte sur les dommages directs et indirects sur la réserve maritime devant le Larvotto qui jouxte cette future opération. Le littoral sera très affecté pendant plusieurs années. Même si l’environnement marin a des capacités insoupçonnables de renaissance. » Pour ce qui est de la circulation, le conseiller-ministre à l’équipement Marie-Pierre Gramaglia a assuré que les impacts ont été analysés dans la phase d’étude du projet et feront l’objet d’un « suivi » permanent. Avant de donner plusieurs garanties : « L’essentiel du chantier de l’infrastructure maritime se déroulera par la mer. Une fois le terre-plein achevé, à savoir les aménagements et les superstructures, la circulation des camions empruntera un itinéraire qui impactera le moins possible la circulation, via le tunnel descendant puis la dorsale. » S.B.

 

Extension en mer Quels coûts pour l’Etat ?

 

Entre le financement des études, les frais d’entretien et les droits à bâtir cédés aux  promoteurs privés… Quels seront les coûts véritables pour l’Etat et les pertes foncières ?

L’extension en mer est forcément une affaire de gros sous… Et sur ce projet, Monaco a choisi de minimiser les risques. Le gouvernement ne cesse en effet de marteler que c’est le groupement privé en charge de cet énorme chantier qui assumera le financement intégral de l’opération. « Sans participer en aucune manière à son financement, l’Etat monégasque va donc voir son territoire augmenter de 6 hectares. Avec des travaux d’un coût de 2 milliards d’euros. En contrepartie, l’Etat recevra plus d’un demi-milliard d’euros en aménagements publics », se réjouissait il y a quelques mois le conseiller-ministre des finances, Jean Castellini. De plus, l’Etat bénéficiera des « effets financiers induits » par la vente des 60 000 m2 de logements luxueux et des commerces. Dont, notamment, le versement « d’un montant important » de TVA. Au-delà de l’apport de TVA, l’Etat espère aussi profiter des bénéfices liés à l’installation de résidents à hauts revenus. Car en plus des biens immobiliers qu’ils auront acquis, ces derniers « vont créer des entreprises, des emplois, installer leurs bureaux, et consommer en Principauté. » Jackpot assuré donc, selon le gouvernement. Mais en séance publique au Conseil national fin juin, les élus n’ont pas affiché un enthousiasme aussi béat. Quelques-uns ont d’ailleurs rappelé que l’Etat mettra aussi la main à la poche.

« Rendement/risque »

« Concernant l’argument : “cela ne coûte rien à l’Etat”, je le réfute !, a notamment lancé l’élu Thierry Crovetto. Cela a déjà coûté des millions en études, et ce n’est pas terminé. De plus, avec cette désaffectation, l’Etat cède une partie de son domaine public, qui a une valeur. Enfin, l’ouvrage occasionnera des frais d’entretien. Comme toute opération financière, puisqu’il s’agit bel et bien d’une opération financière, il faut donc considérer les profits attendus — et sur ce point le gouvernement a été très loquace — mais aussi les risques potentiels ! Et je ne suis pas convaincu sur le couple rendement/risque. » Même scepticisme pour l’élu de la minorité Union Monégasque (UM), Bernard Pasquier : « Que les Monégasques qui nous regardent et nous écoutent ce soir le comprennent bien : l’Etat finance ce projet. L’Etat ne finance pas ce projet en numéraire. Il le finance en cédant aux promoteurs des droits à bâtir. Soit 55 000 m2 de droits à bâtir très précisément. Dire, comme je l’entends parfois, que l’Etat ne finance pas ce projet, est à mon humble avis avoir une vision très étroite de la signification de « financer ». Une fois l’opération terminée, ces droits à bâtir ne seront plus à vendre. L’Etat s’est donc bien séparé d’un actif foncier. »

Frais

Pour savoir plus précisément quels seront les coûts véritables pour l’Etat, il faut se plonger dans le rapport du vice-président du Conseil national, Marc Burini. Ce dernier précise que « plus de 6 millions et demi d’euros ont d’ores et déjà été consacrés aux études. » Le gouvernement prévoirait également « 17 millions d’euros supplémentaires pour la période 2016 à 2024. » Plusieurs élus se sont aussi inquiétés des frais d’entretien. Autant pour l’infrastructure maritime que pour les équipements publics. « Les élus ont été étonnés par les estimations fournies, qui vont de quelques centaines de milliers d’euros à 2 millions par an pour la dalle. Auxquels s’ajoutent 1,5 million d’euros par an pour les équipements et les voiries. La commission des finances enjoint le gouvernement à circonscrire la totalité des coûts de fonctionnement et d’entretien pour toutes les réalisations d’envergure », a insisté Marc Burini.

Sanctions

En revanche, en cas de défaillance des opérateurs privés, le rapporteur a salué le fait que l’Etat a su limiter les risques financiers, en prévoyant des sanctions « très lourdes », qui vont « au-delà de la pratique. » Lors de la phase 1 par exemple — phase qui correspond à la réalisation de l’infrastructure maritime — le rapport précise qu’une garantie de bonne fin des travaux est prévue. Celle-ci s’élève à près de 12 % du montant estimé des travaux. Soit 98 millions d’euros, alors que la pratique habituelle se situe plutôt autour de 5 %. Autre garantie mentionnée dans le rapport : l’Etat bénéficie, « contre versement d’une prime, d’une garantie de pérennité de l’infrastructure » de 30 ans. Alors que ce type d’ouvrage est habituellement garanti pour 10 ans. « En outre, rappelons que le traité prévoit certaines dispositions afin que les investisseurs demeurent stables pendant toute la réalisation du projet. Ce qui est un élément rassurant pour le Conseil national », a encore précisé Marc Burini.

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Des médicaments sans ordonnance livrés en quelques clics

Thu, 2016-07-14 10:58
Grâce à une loi adoptée à l’unanimité le 28 juin au Conseil national, les pharmaciens monégasques sont désormais autorisés à vendre des médicaments sans ordonnance sur Internet. Pour réduire leurs coûts d’approvisionnement, les officines pourront aussi créer une structure de regroupement à l’achat.

Des Doliprane, de l’Efferalgan ou encore des vitamine C accessibles en quelques clics seulement… Depuis plusieurs années, l’industrie pharmaceutique s’est lancée dans la vente de médicaments en ligne. Une révolution qui touche toute l’Europe, y compris la France, qui a autorisé ce business depuis décembre 2012. A Monaco, il a fallu attendre quelques années supplémentaires… Le 28 juin dernier, en séance publique, les élus du Conseil national ont voté à l’unanimité un texte qui autorise les officines monégasques à vendre sur internet des médicaments non soumis à prescription médicale, c’est-à-dire sans ordonnance. Sur le marché, ce commerce représenterait environ 4 000 produits.

Concurrence

Pour le conseil de l’ordre des pharmaciens, il n’était pas question que la Principauté soit hors course par rapport aux autres pays européens sur ce sujet : « Il n’y a pas de raison qu’en France et en Europe, tous les pharmaciens puissent vendre en ligne des médicaments et qu’à Monaco on se l’interdise. Je me suis donc battue pour que l’on soit sur un pied d’égalité par rapport à nos voisins. Ceux qui souhaitent développer ce e-commerce à Monaco doivent pouvoir le faire », nous expliquait il y a quelque mois l’élue Caroline Rougaignon-Vernin, également présidente du conseil de l’ordre des pharmaciens. Dans la profession, certains s’agaçaient que Monaco soit autant à la traine dans ce domaine : « Les pharmacies de Monaco n’ont pas le droit de vendre des médicaments en ligne alors que les pharmacies de Beausoleil sont autorisées à le faire, nous déclarait l’un d’eux. C’est clairement une concurrence déloyale ! Monaco a déjà deux ans de retard par rapport à la France. Il est donc urgent que la Principauté s’aligne au plus vite. » C’est donc désormais chose faite. Et pour que ce nouveau mode de distribution se fasse dans les meilleures conditions économiques, et surtout sanitaires, plusieurs protections ont été prévues par le gouvernement et le Conseil national. « Le médicament n’est pas un produit comme les autres. Il y a des règles en matière de dispensation dont on ne peut s’affranchir », ont d’ailleurs rappelé les conseillers nationaux.

Encadrement

Voilà pourquoi ces cyberpharmacies devront obligatoirement être « le prolongement virtuel » d’une officine physique réelle. « Etant donné que le site internet est adossé à une officine légalement autorisée, il ne pourra proposer à la vente des faux médicaments ou des médicaments dont l’étiquetage aurait été falsifié », a assuré l’élu Christophe Robino, rapporteur du texte. Une garantie d’autant plus capitale lorsque l’on sait que selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) environ 50 % des médicaments vendus de cette manière sont falsifiés. La loi monégasque exige aussi que la personne destinataire des médicaments vive dans un Etat membre de l’Union européenne (UE). Quant aux officines monégasques, elles devront s’assurer « que ces médicaments respectent la législation de l’Etat destinataire », a précisé le conseiller aux affaires sociales et à la santé Stéphane Valeri. La cause en est simple : la liste des médicaments soumis à une ordonnance médicale varie d’un pays à l’autre. Pour éviter toute ambiguïté d’interprétation, les pharmaciens monégasques devront donc veiller à ce que le médicament vendu sur internet sans ordonnance le soit aussi « dans l’Etat de préparation de la commande, et dans celui où il est livré. »

Regroupement

Dans le domaine pharmaceutique, il n’y a pas que sur la vente en ligne de médicaments que la Principauté avait pris un peu de retard. Depuis 2009, la France autorise en effet les pharmaciens à constituer des structures de regroupement à l’achat (SRA). En clair, ces structures dotées d’une personnalité morale — société, groupement d’intérêt économique, ou association — permettent aux pharmaciens d’effectuer des commandes de médicaments de façon collective. Objectif : obtenir de meilleures conditions commerciales, donc des prix plus bas, auprès des laboratoires pharmaceutiques et des grossistes répartiteurs. Ce dispositif est désormais autorisé dans la loi monégasque votée le 28 juin dernier. « Cette innovation devrait permettre aux officines d’obtenir de meilleures conditions commerciales dans la mesure où les volumes commandés devraient être plus importants que ceux qui auraient pu être commandés individuellement par chaque officine », précise le texte. Pour Christophe Robino, ce texte permet donc de remplir un double objectif économique : « Grâce au commerce électronique, les pharmaciens monégasques pourront proposer leurs services à davantage de personnes, et ce, à des prix attractifs, du fait des conditions commerciales qu’ils seront parvenus à négocier par l’entremise des structures de regroupement à l’achat qu’ils auront constituées. »

Contraintes

Mais pour le moment, ce commerce en ligne ne semble pas créer un engouement démesuré dans la profession. Selon nos informations, seules deux pharmacies sur les seize officines présentes sur le territoire devraient se lancer dans ce business. Un pharmacien installé au boulevard du Jardin exotique explique que ce e-commerce est bien trop contraignant. Car cela exige beaucoup de manutention et d’organisation, pour des marges qui sont au final assez réduites. « Il faudrait des volumes importants de commande et des surfaces de réception importantes. Or, j’ai un petit local. Je n’ai clairement pas la superficie nécessaire pour cela. C’est donc beaucoup de travail pour pas grand chose », indique-t-il. Autre argument avancé : pour assurer la logistique de ce type de commerce en ligne, l’embauche de personnel supplémentaire peut s’avérer indispensable. Ce qui génère, bien sûr, de nouvelles dépenses. Autre impératif pour les pharmacies monégasques qui se lancent dans ce business : se démarquer des sites internet français déjà existants. Même si, au final, peu de pharmacies françaises ont franchi le pas : sur les 23 000 installées en France, seules 334 ont fait le pari du web.

TVA

Seule certitude : sur un territoire où sont concentrées au total 16 pharmacies — et parfois 3 à 4 officines sur une même rue, ou un même boulevard —, la vente en ligne de médicaments ne présente pas un grand intérêt pour les consommateurs monégasques ou les pendulaires qui peuvent se procurer très facilement des médicaments dans les officines physiques à Monaco. Ce commerce est davantage destiné aux personnes qui sont dans l’incapacité de se déplacer en pharmacie. Ou pour celles vivant dans des endroits isolés à plusieurs kilomètres d’une officine par exemple. La vente en ligne pourrait aussi séduire les jeunes générations qui ont de plus en plus le réflex de commander sur Internet. En revanche, pour les pharmaciens monégasques, cette autorisation leur permet de diversifier leur activité. Voire, si le business est rentable, de doper leur chiffre d’affaires : « Limitées dans leur essor économique par l’exiguïté du territoire et le nombre conscrit de clients potentiels, les pharmacies monégasques pourront augmenter leur chiffres d’affaires et par conséquent, créer des recettes indirectes pour l’Etat, par le biais de la TVA, et directes, par les impôts sur les sociétés », a souligné l’élue Horizon Monaco (HM) du Conseil national, Béatrice Fresko-Rolfo.

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« Laisser une meilleure planète aux générations futures »

Thu, 2016-07-14 10:56
La Fondation Prince Albert II (FPAII) a célébré son dixième anniversaire. Créée en juin 2006, la FPAII a soutenu 380 projets environnementaux et investi 40 millions d’euros. Principalement dans le bassin méditerranéen, les régions polaires et les pays les moins avancés. Par Sabrina Bonarrigo

L’écologie chevillée au corps… Ardent défenseur de l’environnement, Albert II n’a cessé de s’engager durant son règne. Son fait d’arme écologique le plus marquant remonte à avril 2006 : accompagné de sept membres, il parcourt près d’une centaine de kilomètres pour rejoindre le Pôle Nord. Objectif : sensibiliser l’opinion publique sur les dangers qui menacent la planète. Il était alors le premier chef d’Etat à réaliser un tel périple. « J’avais déjà l’idée à l’époque de créer cette Fondation, mais cette expérience en Arctique, et notamment au Pôle Nord, a été pour moi un accélérateur d’intention et de décision », explique le chef d’Etat monégasque. Il y a 10 ans, Albert II était déjà très conscient de l’urgence environnementale : « Pendant des millénaires, le climat a dicté à l’homme son comportement. Aujourd’hui, c’est l’homme qui dicte son comportement au climat », regrettait-il.

Empreinte écolo

Depuis 2006, sa Fondation travaille sans relâche et multiplie les initiatives locales, nationales, et internationales. Au total, 380 projets ont été lancés ou réalisés. Tous sélectionnés par la « cheville ouvrière » de cette fondation : le comité scientifique et technique. En une décennie d’actions, environ 40 millions d’euros ont été investis. « La réussite de la fondation repose sur un réseau d’une centaine de partenaires : organisations non gouvernementales (ONG), universités, fondations, ou encore entreprises. Mais aussi sur le précieux concours de neuf branches étrangères situées notamment en France, en Italie, en Grande-Bretagne, en Suisse, en Allemagne, ou encore, depuis le mois d’avril, en Espagne », a rappelé le Prince. Un peu partout dans le monde, la FPAII a donc laissé son empreinte écologique. Mais c’est surtout dans trois zones qu’elle agit : le bassin méditerranéen, les régions polaires « témoins majeurs de la dégradation de l’environnement », sans oublier les pays les moins avancées « exposés aux grandes problématiques environnementales, à l’instar de la région sahélienne », a encore précisé le prince. Très concrètement, la fondation a notamment agi pour préserver des espèces en voie de disparition. Comme le thon rouge, la gypaète, l’aigle de Bonelli, ou encore le phoque moine. La FPAII s’est aussi investie pour préserver et restaurer des écosystèmes fragiles. Aussi bien sur terre — avec notamment la lutte contre la déforestation dans le bassin du Congo ou en Indonésie — qu’en mer, en soutenant le développement des aires marines protégées à Madagascar ou encore au Cambodge.

« Energie décarbonée »

Très attachée à « l’énergie décarbonnée », la fondation a aussi mis sa pierre à l’édifice pour de grands projets emblématiques. Parmi eux : le championnat de Formula E qui « montre que la mobilité peut devenir demain une mobilité propre, débarrassée des combustibles fossiles », explique Bernard Fautrier vice-président de la FPAII. Mais aussi le Solar impulse : « Un magnifique exemple » de ce que peut réaliser l’énergie solaire. « La fondation est également fière d’avoir pris l’initiative, mais surtout d’avoir obtenu, du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) que soit engagé un rapport spécial sur les océans et la cryosphère. » Après 10 ans d’actions, l’ambition de la FPAII reste en tout cas inchangée : « Laisser une meilleure planète aux générations futures. »

 

Ils ont dit :

« C’est unique qu’une fondation dédiée à la protection de l’environnement soit dirigée par un chef d’Etat en exercice. Quand Albert II monte à la tribune des Nations Unies ou quand il rencontre d’autres chefs d’Etat, c’est pour parler de cette cause. »

Bertrand Piccard. Pilote du Solar Impulse.

 

« Je ne sais pas où nous serons dans 10 ans. Je ne sais pas dans quel Etat sera notre planète. Combien d’espèces auront pu être sauvées. Combien auront disparu. Ni quelle sera la température de l’air. Ni quelle sera la température de l’océan. Mais je sais que si nous sommes fidèles à nos inspirations, nous aurons accompli de grandes choses. »

Déclaration du Prince Albert II, le 30 juin, lors de la soirée de gala de la FPAII, à la salle des étoiles.

 

Des écologistes récompensés

Le 30 juin, lors de la soirée de gala à la salle des étoiles, le Prince Albert a remis plusieurs récompenses. Pour la préservation de la biodiversité, le prix 2016 a été décerné à Luc Hoffmann, un brillant ornithologue et célèbre défenseur de l’environnement. Pour la gestion durable des ressources en eau, c’est Water research commission, représentée par son directeur général, Dhesigen Naidoo, qui a été récompensée pour ses actions en Afrique du Sud. Laurence Tubiana, en charge des négociations sur les changements climatiques pour la France, a également été récompensée pour sa participation active au succès des négociations de la COP21. S.B.

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« Francis Bacon sous un angle inédit »

Thu, 2016-07-14 10:50
Depuis le 2 juillet et jusqu’au 4 septembre, l’exposition d’été du Grimaldi Forum présente des tableaux du peintre britannique Francis Bacon. A la tête de la fondation Francis Bacon MB Art Foundation, le collectionneur Majid Boustany explique son implication dans le projet. Interview. Propos recueillis par Anne-Sophie Fontanet

Pourquoi faut-il aller voir cette exposition ?

L’exposition Francis Bacon, Monaco et la culture française qui se tient au Grimaldi Forum à Monaco du 2 juillet au 4 septembre 2016 est l’un des évènements les plus ambitieux consacré à l’artiste figuratif anglais. Cette exposition nous invite à découvrir l’œuvre de Francis Bacon sous un angle inédit. Celui de l’influence de la Principauté et de la culture française sur son travail.

Que peut-on voir ?

Plus de 60 tableaux de Bacon sont présentés, ainsi qu’une sélection d’œuvres d’artistes l’ayant inspiré. En collaboration avec le Grimaldi Forum, nous avons confié le commissariat de l’exposition à Martin Harrison, auteur du catalogue raisonné de l’artiste. C’est également la première exposition d’envergure organisée sous l’égide de la Francis Bacon MB Art Foundation.

Quel a été votre rôle ?

Depuis la genèse du projet, il y a environ deux ans, j’ai participé par le biais de ma fondation, à toutes les étapes préparatoires de cet évènement. A cette occasion, notre institution prêtera un certain nombre de tableaux de Bacon, un fonds d’archives photographiques, ainsi que des documents officiels et des correspondances retrouvés dans ses divers ateliers. Le catalogue de l’exposition sera co-édité par notre fondation et les éditions Albin Michel.

Quoi d’autre ?

Par ailleurs, une itinérance de l’exposition, recentrée sur l’influence des maîtres espagnols sur le travail de l’artiste, sera programmée au musée Guggenheim de Bilbao du 30 septembre 2016 au 8 janvier 2017. A cette occasion, nous prêterons une œuvre singulière dans le répertoire de l’artiste intitulée Maison à La Barbade (1952) en partie inspirée du tableau de Diego Velázquez (1599-1660), Vue du jardin de la villa Médicis à Rome (1650).

Pourquoi Monaco vous est légitime pour accueillir cette exposition ?

A l’aube des années 1940, Francis Bacon effectue son premier séjour en Principauté. En juillet 1946, après avoir vendu pour la somme de 200 livres sterling son tableau Peinture (1946) à Erica Brausen, qui deviendra sa marchande d’art deux ans plus tard, l’artiste quitte Londres pour s’installer à Monaco. La Principauté devient sa résidence principale jusqu’au début des années 1950. Par la suite, il continuera à s’y rendre tout au long de sa vie avec son cercle d’amis, sa famille et ses compagnons.

Comment la Principauté a séduit Francis Bacon ?

Bacon était séduit par l’atmosphère et le style de vie de Monaco. Les nombreuses distractions qu’offraient la Principauté ne l’empêchaient pourtant pas de travailler à sa peinture. Il percevait d’ailleurs Monaco comme « un lieu propice aux images qui me viennent toutes faites à l’esprit ».

Monaco a donc joué un rôle dans son travail ?

C’est à Monaco, en 1946, qu’il peint son premier pape inspiré principalement du Portrait du pape Innocent X (1650) de Velázquez et qu’il commence à concentrer son travail sur la forme humaine. C’est une étape décisive dans son œuvre qui l’amènera plus tard à être reconnu comme l’un des peintres figuratifs les plus énigmatiques de l’après-guerre. C’est aussi à Monaco, à la villa Souka Hati, en 1948, qu’il se lance dans sa série de Têtes. Il était donc plus que légitime que Monaco accueille une exposition consacrée à ce monstre sacré.

Qu’est-ce qui relie Francis Bacon à la culture française ?

Bacon a entretenu des liens très étroits avec la France tout au long de sa vie. Il découvre Paris très jeune et sera fortement imprégné de la culture française. Au printemps 1927, alors âgé de 17 ans, la famille Bocquentin l’accueille à Chantilly et lui enseigne le français. La même année, il découvre à la galerie Rosenberg à Paris une exposition du peintre Espagnol Pablo Picasso (1881-1973) qui sera l’élément déclencheur de sa vocation d’artiste. Certains ouvrages retrouvés dans son atelier ont permis de mettre en évidence les nombreuses références artistiques et littéraires françaises qui auront une résonnance dans sa pratique picturale.

© Carlos Freire MB Art Fondation

Bacon aimait donc la culture française ?

Dans ses divers entretiens, Bacon évoquait volontiers son admiration pour le travail des artistes français comme Edgar Degas (1834-1917), Auguste Rodin (1840-1917), Nicolas Poussin (1594-1665) ou Claude Monet (1840-1926). Il percevait d’ailleurs les Français comme les juges ultimes dans quasiment tous les domaines qui l’intéressaient. Cet artiste britannique se passionnait autant pour la culture française en général que pour le rayonnement artistique de Paris. Bacon a même pris un pied à terre parisien dans le quartier du Marais, entre 1975 et 1987. Il a sillonné tout au long de sa vie de nombreuses régions françaises et a su nouer de fortes relations avec des écrivains et intellectuels français.

Le public va-t-il être surpris ?

Le public découvrira, réunies pour la première fois, la toute première œuvre référencée de Bacon, Aquarelle (1929) qui fait partie de notre collection, ainsi que sa toute dernière œuvre, Etude d’un taureau (1991). Cette toile se trouvait depuis plus de 20 ans dans une collection privée à Londres et n’a jamais été exposée auparavant. Elle sera présentée pour la première fois au public à l’occasion de cette exposition au Grimaldi Forum.

D’autres points forts dans cette exposition d’été ?

De grands triptyques de l’artiste, des portraits et autoportraits ainsi que des tableaux rarement exposés font partie de l’accrochage. La particularité de cette exposition s’exprimera par un regard croisé entre les œuvres de Bacon et celles d’Alberto Giacometti (1901-1966), Jean Lurçat (1892-1966), Fernand Léger (1881-1955), Chaïm Soutine (1893-1943) ou Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901).

Quel bilan pour votre fondation ouverte depuis un an et demi ?

Depuis son ouverture, la fondation connait un succès croissant avec des visiteurs aussi bien locaux qu’internationaux. Nous avons reçu dans notre institution de nombreux chercheurs, historiens de l’art, collectionneurs, étudiants et amis proches de Bacon. La fondation a également parrainé un certain nombre de projets depuis son inauguration. L’historienne de l’art Katharina Guenther a été la première lauréate de la MB Art Foundation Scholarship, une bourse octroyée par la fondation aux chercheurs.

Votre fondation a d’autres activités ?

En juin 2015, nous avons publié notre premier livre sur Francis Bacon. C’est un ouvrage que nous offrons à chacun de nos visiteurs. En août 2015, nous avons apporté notre soutien à une installation de James Richards à la Whitechapel Gallery à Londres autour d’une œuvre de Francis Bacon, Etude pour un portrait (1953). Notre institution a également sponsorisé une exposition intitulée Francis Bacon : Invisible Rooms qui se tient actuellement à la Tate Liverpool. Enfin, nous participons à l’organisation de l’exposition Bacon cet été au Grimaldi Forum.

Votre implication ?

J’ai également été convié à participer récemment à deux conférences sur Francis Bacon : la première pour la Fondation Prince Pierre de Monaco en mars 2016 et la seconde dans le cadre du séminaire Parole aux artistes, organisé par l’école du Louvre à Paris le 7 avril 2016. Le sujet de cette dernière était Francis Bacon, Monaco et la culture française.

Vos projets ?

Parmi nos projets, nous travaillons sur la réédition de la publication de la fondation prévue pour 2017. Cette édition sera enrichie de nouveaux textes, de photographies et de nouvelles données sur l’artiste suite aux diverses recherches initiées par notre institution. Par ailleurs, nous sommes en train de mettre en place divers projets académiques en collaboration avec des institutions locales, régionales et internationales.

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sous un angle inédit »
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La quête d’une vérité en six spectacles vivants

Thu, 2016-07-14 10:48
Pour sa 46ème édition, le théâtre du fort Antoine propose, du 11 juillet au 15 août, six créations contemporaines autour du thème « L’homme en quête ». Avec des sujets forts qui traitent de la guerre, de la propagande et de la mort. Par Aymeric Brégoin

 

« Rien n’a changé, sauf les spectacles ! » Jo Bulitt, le programmateur de la saison du théâtre du fort Antoine, tient à rassurer les habitués : comme chaque année, le lieu monégasque régalera les amateurs de pièces tous les lundis soirs à 21h30, du 11 juillet au 15 août. Pour sa 46ème édition, ce sont six créations qui seront jouées dans le théâtre du fort autour d’une thématique, « L’homme en quête ». Et la première quête n’est pas des moindres : il s’agit d’un « voyage initiatique » dans une base scientifique du pôle Sud. Fugue, de Samuel Achache et La Vie brève, c’est « l’histoire de l’exploration en Antarctique » où il est question d’amour et de mort. Une « forme contrapuntique » qui mêle musique et théâtre à la « scénographie subtile » et que les spectateurs peuvent découvrir le 11 juillet. La semaine suivante, place à Mon traitre par le Bloc opératoire. Une pièce destinée « à tout ceux qui, un jour, ont aimé un traitre », explique Bulitt. Le metteur en scène propose de traiter deux romans de Sorj Chalandon : Mon traitre et Retour à Killybegs. C’est l’histoire vraie de l’amitié entre l’auteur et Denis Donaldson, leader charismatique de la branche politique de l’Ira, l’Armée républicaine irlandaise. Avant que ce dernier « déclare qu’il est un espion pour le gouvernement britannique » depuis 25 ans. La quête, c’est comprendre le pourquoi, le comment. « Était-ce un ami qui est devenu un traitre ? Était-il seulement un ami ? » Grâce à cette fusion entre les deux textes, le metteur en scène fait des allers-retours entre le regard du traitre et le regard de l’auteur. « Des passages très puissants, décrit Jo Bulitt. On est dans la parole. »

Mon Traitre © Photo Mario Del Curto

Count to one © Droits réservés

Feu d’artifice

L’œuvre suivante, le 25 juillet, se veut plus explosive. Marcel Poudre, de Michel Lafont par le Ratatouille théâtre, est « l’histoire autour de L’Affolante, cette machine du grand-père pour fabriquer des feux d’artifice pendant la guerre ». Un spectacle doublement pyrotechnique : en raison du festival pyromélodique de Monaco, la pièce débute exceptionnellement à 21 heures, une demi-heure plus tôt. « Et le public sera aux premières loges pour assister au feu d’artifice ! », se targue le programmateur du théâtre du fort Antoine. Le 1er août, c’est une nouvelle création du théâtre du Rugissant qui est proposée. Ivan le Terrible relate non seulement la vie du premier tsar de Russie, mais y mêle l’histoire du film de Sergueï Eisenstein (1898-1948) commandé par Staline (1878-1953). Par ce biais, la pièce interroge « sur l’art au service de la propagande et comment on a profité de la dictature pour créer une forme tyrannique d’art ». Jo Bulitt se déclare « très satisfait de cette proposition ». « Il y a une forme de marionnettisme, de manipulation. Comment on en est arrivé là, quelle est la quête des dictateurs ? » Avec une musique aux sonorités orientales et polyphoniques « dans le style de Prokofiev » (1891-1953) et une ambiance traditionnelle orthodoxe, Ivan le Terrible promet de nous plonger au cœur de l’histoire.

Fugue © Photo Jean Louis Fernandez

Ivan le terrible © Laurent Treneule

Marcel Poudre © Photo Elise Goyon

Huis clos

Le 8 août, c’est un huis clos qui prend place au fort Antoine. 9 de Stéphane Guérin par le Petit Théâtre de pain parle de cinq hommes et quatre femmes ; neuf jurés enfermés dans une salle de délibération pour une affaire de parricide. On pense bien entendu à Douze hommes en colère, le chef-d’œuvre de Sidney Lumet sorti en 1957. « Le metteur en scène donne sa version. La décision est compliqué, l’issue intéressante », explique le programmateur. La question de la peine de mort sera abordée, mais pas seulement. Dans 9, une des quêtes est de « comprendre comment on peut juger un autre être humain, comment des personnes peuvent basculer », décrypte Jo Bulitt. Des thèmes traités avec beaucoup de dialogues. Et on promet « une fin incroyable et différente du film »… Dernière œuvre à s’inviter cet été, le 15 août : Count to One par la compagnie iranienne Yase Tamam. Ce spectacle sans mot, sur fond de musique traditionnelle, s’empare de l’histoire de trois soldats qui refusent de faire la guerre. Ils sont doués pour façonner l’argile : sous leurs doigts et sous nos yeux vont prendre forme « des œuvres éphémères, sculptures qu’ils créent, jettent, écrasent », adaptées des quatrains du poète persan Omar Khayyam (1048-1131) par Zahra Sabri. Métaphore du rejet de la guerre, Count to One délivre un message symbolique sur la sagesse, la lucidité, l’instant présent, l’amour. « Quelque chose de puissant », note Bulitt. En amont de chacune des représentations, à 19h, « le public aura la possibilité de rencontrer les artistes », note Françoise Gamerdinger, directrice adjointe aux affaires culturelles. Et de 18h30 à 21h30, les spectateurs pourront se restaurer et boire un verre au Phare du bord — toute ressemblance avec une contrepèterie comprenant les mots « bar » et « fort » serait bien entendu purement fortuite.

 

L’Éléphant Woody primé Ils étaient 87 créateurs, amateurs comme professionnels, monégasques comme résidents, à exposer leurs œuvres dans le hall de l’auditorium Rainier III jusqu’au 12 juin, à l’occasion du troisième Forum des artistes de Monaco. Plus de 800 visiteurs ont été accueillis et, pour la première fois, le public était invité à voter pour son œuvre favorite parmi les peintures, sculptures et photographies. C’est L’Éléphant Woody, sculpture en bronze de Diane d’Amico, qui a raflé le prix, remis par la Direction des affaires culturelles (DAC). Une œuvre qui, avec d’autres créations de l’artiste, était exposée jusqu’au 30 juin. A.B.

 

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« La philosophie,c’est l’amour du savoir »

Thu, 2016-07-14 10:28
Invité dans le cadre des Rencontres philosophiques de Monaco, le président du club de football de Naples et producteur de cinéma, Aurelio de Laurentiis, s’est confié à Monaco Hebdo : philosophie, cinéma, foot, culture… Il n’a éludé aucun sujet. Interview. Propos recueillis par Raphaël Brun

 

Pourquoi avoir accepté l’invitation des Rencontres philosophiques de Monaco ?

La philosophie, c’est l’amour du savoir. Or, je suis boulimique du savoir, de la connaissance. Je travaille aussi dans le cinéma, et le cinéma c’est un pont vers la curiosité. Parce que dans ce métier, on est toujours en train de créer quelque chose de nouveau. On crée aussi un pont vers le public.

Pourquoi les Rencontres philosophiques vont ont proposé de participer à un débat intitulé “philosophie et sport” ?

Je suis présent dans le monde du sport car je suis président du club de football de Naples, la Società Sportiva Calcio (SSC) Napoli, depuis 2004. La philosophie est très liée à l’éthique. L’éthique est basée sur la loyauté, sur le respect de la personne, de l’adversaire.

Vous étiez bon élève ?

J’aimais beaucoup la philosophie. Parfois, la professeur me demandait de venir expliquer certains points devant toute la classe. J’étais en classe à Rome, dans des écoles catholiques. Chaque matin, on avait une heure de religion avant de commencer la journée.

C’était utile ?

Je pense qu’on devrait voir Dieu d’un point de vue philosophique, pas du point de vue de l’Eglise.

Et ensuite ?

Quand j’ai eu 14 ans, je suis allé à l’école publique, toujours à Rome. On a commencé à aborder aussi les questions politiques. Je trouve en tout cas que la philosophie, c’est passionnant. Parce que la philosophie explique comment est né le monde : qu’y a-t-il au bout du monde ? Comment tout cela a commencé ?

Mais la philosophie et le football, ça semble très éloigné ?

L’éthique sportive n’est pas celle du résultat. Or, dans le football, il y a une éthique : celle du résultat, celui que te demande le public. Au football, le public n’aime pas les règles. Il voudrait toujours pouvoir tuer symboliquement l’adversaire, en l’humiliant avec un score le plus large possible.

On imagine que la culture, la philosophie et le football ne vont pas ensemble et pourtant, vous êtes producteur de cinéma et président du club de foot de Naples ?

Je suis producteur de cinéma de façon un peu unique dans ma façon de travailler. En effet, souvent, je trouve l’idée que j’aimerais voir devenir un film. Pour développer cette idée il faut ensuite identifier qui va écrire le scénario. Car on fait avant tout une opération de marketing. Puis, il faut repérer qui est le meilleur réalisateur possible pour ce scénario et monter le casting. Après, il faut tourner le film. Mais ça ne s’arrête pas là.

Quelles sont les étapes suivantes ?

Il faut distribuer le film dans les salles, puis sur les chaînes de télévisions payantes, et enfin chez les revendeurs de blu-rays pour l’exploitation vidéo. Sans oublier les diffusions sur les chaînes de télévisions gratuites. Enfin, il y a aussi les licences pour la diffusion de ce film dans le reste du monde. Car quand je fais un film, je ne le vends pas, je reste propriétaire du copyright, de l’idée. Il faut donc s’organiser pour l’exploitation de chaque film.

Il n’y a aucun lien avec le fonctionnement du foot-business ?

Lorsque j’ai racheté le club de Naples en 2004, je ne savais rien du football. J’étais à Los Angeles, en train de terminer un film avec Angelina Jolie et Gwyneth Paltrow, Capitaine Sky et le Monde de Demain (2004). Moi, quand j’étais enfant, je jouais au basket. Je ne savais pas grand-chose du monde du football. Du coup, j’ai toujours fonctionné différemment des autres présidents de clubs de football. Car les autres n’ont pas ma culture cinématographique.

Comment avez-vous racheté le club de Naples qui était en faillite en 2004 ?

J’ai racheté Naples à la barre du tribunal pour 33 millions d’euros en août 2004. Lorsque je suis allé chez le juge, il m’a dit que pour ce prix je n’avais acheté en fait que la dénomination sociale du club. La seule bonne surprise, c’est qu’au lieu de redémarrer en quatrième division, il m’a été accordé de repartir en troisième division…

Vos premières décisions ?

J’ai décidé de faire pour les footballeurs les mêmes contrats que ceux que je propose aux acteurs de cinéma. Et j’ai fait pour l’entraîneur de mon équipe le même contrat que celui que je donne à un réalisateur. Ce sont des contrats très précis, de 120 pages. Tout le monde m’a pris pour un fou.

Difficile de changer les méthodes dans le milieu du football ?

J’ai 67 ans, mais je suis toujours focalisé sur le futur. Je ne regarde jamais en arrière. Je ne dis jamais : « On a toujours fait comme ça, donc on ne peut pas changer. »

En tant que président de Naples, vous avez d’autres exigences ?

Je n’achèterai jamais un joueur qui refuse de me céder l’intégralité de son droit d’image. Parce que je n’ai jamais fait un film sans avoir le droit d’image des acteurs.

Pourquoi avoir racheté Naples ?

J’ai investi dans Naples parce que ma famille est napolitaine et que, pour moi, la “napolétanité”, c’est le sens de la vie. C’est le sel et le poivre sur tous les plats.

Naples a fini second de la Serie A, derrière la Juventus, et vous allez jouer la Ligue des Champions pour la troisième fois : quels sont vos objectifs ?

C’est très difficile de battre la Juventus, qui est un club très stable. A Naples, j’ai dû repartir de zéro en 2004 et tout construire jusqu’à aujourd’hui. Quand Naples achète pour 120 millions de joueurs, la Juventus dépense 360 millions… Mais la Juventus a dû procéder à une recapitalisation à hauteur de 200 millions, quand Naples gagne de l’argent chaque année depuis 8 ans. L’année où on est remonté en Serie A, en 2007-2008, Naples était la 535ème équipe au monde. Aujourd’hui, on est 17ème. Naples a 10 millions de fans dans le monde entier. On a fait du chemin…

Et il reste encore beaucoup de chemin à faire ?

On doit se battre avec la municipalité qui est propriétaire du stade San Paolo, qui peut contenir un peu plus de 60 000 spectateurs. Ça fait 40 ans que la mairie ne fait pas de travaux. Ils me donnent le stade le jour du match, pas avant. Je paie 1,5 million d’euros pour 25 à 28 matches par saison.

Vous avez essayé de négocier avec la mairie de Naples ?

Je leur ai proposé d’investir tout de suite 3 millions. Il y a un an, j’ai monté un projet avec les architectes qui ont réalisé le Juventus Stadium, Gino Zavanella et Hernando Suarez. Mais la mairie a refusé.

Pourquoi ?

Ils veulent investir 25 millions et commencer des travaux en novembre. Du coup, j’ai dû faire une demande pour avoir l’autorisation de jouer à Palerme. Car on n’a pas encore la licence pour jouer en Ligue des Champions à San Paolo. Mais ce n’est pas à moi de demander cette licence : c’est à la mairie !

Vous ne jouerez donc pas à San Paolo ?

Pour l’instant, on ne sait pas.

Vous n’en avez pas marre du football ?

Non, car ça m’intéresse encore. Je suis d’ailleurs en train d’étudier comment rentrer dans le foot américain et dans le foot anglais. Aux Etats-Unis, le football américain, le base-ball et le basket sont en baisse. Dans 5 ou 6 ans, la Chine et les Etats-Unis seront deux pays très intéressants pour le football. Les Chinois ont racheté l’Inter de Milan (1) et le Milan AC (2). Ce qui ne m’étonne pas. Car, comme le théoricien de la communication Marshall McLuhan (1911-1980) le disait, on est tous connectés.

Vous avez des liens avec l’AS Monaco et son président, Dmitry Rybolovlev ?

L’AS Monaco viendra jouer à Naples le 7 août. Ce sera un match intéressant. Monaco a de la valeur, parce qu’il s’agit de la Principauté de Monaco. Peu importe si son stade n’est pas grand et pas rempli.

Vraiment ?

Ce qui fait gagner de l’argent à un club, ce n’est plus son stade réel mais son stade virtuel, c’est-à-dire la télévision. Mais il faudrait changer la formule des championnats et faire disparaitre l’Europa League et la Ligue des Champions.

Pour faire quoi ?

Une Ligue des Champions réservée au Portugal, à la Belgique, la Suisse, la Hollande, la Grèce, l’Autriche, la Russie et la Pologne. Il faudrait aussi créer en plus un championnat européen des cinq nations avec les six premières équipes de ces pays : Italie, France, Espagne, Allemagne et Angleterre. Ce championnat avec 30 équipes se déroulerait en match aller-retour le mercredi et le jeudi, en parallèle du championnat de chaque pays. Ensuite, les quatre premiers de ce championnat joueraient contre les quatre dernières équipes qualifiées en Ligue des Champions.

Vous aimeriez lancer d’autres réformes ?

Il faut diminuer le nombre d’équipes en Serie A et dans les quatre grands championnats européens pour le faire passer de 20 à 12 ou 14 équipes maximum. On ferait donc un match tous les 10 jours, ce qui permettrait de créer plus d’attente et de remplir encore mieux nos stades. On pourrait ainsi amener 10 milliards sur la table. Mais on continue de faire une grosse erreur.

Laquelle ?

Vendre nos championnats aux télévisions. Il faudrait créer une licence pour notre produit, qui est le football. On garderait donc 80 % pour laisser 20 % aux télévisions.

Naples va recruter à quels postes ?

J’ai déjà renforcé la défense avec le défenseur central d’Empoli, Lorenzo Tonelli. Maintenant, je suis en train de renforcer le milieu de terrain. Il faudra voir ce qu’il se passe avec Manolo Gabbiadini. J’aimerais aussi renforcer le côté où joue Josè Maria Callejon.

Il y a des joueurs de l’AS Monaco qui vous intéressent ?

Fabinho m’intéresse. On a proposé 10 millions pour ouvrir les discussions.

Monaco vous a contacté pour acheter certains de vos joueurs ?

Pas pour le moment.

Vous avez vendu Ezequiel Lavezzi et Edinson Cavani au PSG en faisant de gros bénéfices : vous le regrettez ?

Non, pourquoi ? J’ai vendu Lavezzi 33 millions et Cavani 65 millions net. C’est bien vendu je trouve…

Quel rapport avez-vous avec l’argent ?

Je dis toujours à mes enfants que l’argent n’est pas un but, mais un moyen. Dans la vie, il faut savoir compter et être mathématique. Les mathématiques sont une science exacte. Et c’est aussi une belle philosophie. Car les chiffres ont une âme, si on sait les interpréter. De toute façon, notre bien le plus précieux, c’est évidemment la santé, pas l’argent. Quand on a la santé, il faut avoir faim, travailler et ne jamais être fatigué.

Vous êtes le neveu du producteur Dino de Laurentiis (1919-2010), qui a notamment produit des films comme Dune (1984) de David Lynch, Le Sixième Sens (1986) de Michael Mann ou Hannibal (2001) de Ridley Scott : c’était quel genre d’homme ?

Dino et mon père m’ont tout appris sur le cinéma. Dino est un self made man. Il n’a pas fait d’études parce qu’il n’a pas voulu aller à l’université. En 1929, mon grand-père était alors un industriel. C’était un fabricant de pâtes de Torre d’Annunziata, près de Naples. Il s’appelait comme moi, Aurelio de Laurentiis. Dino a dit à son père qu’il voulait devenir acteur. Son père lui a dit : « OK, vas-y. Mais si dans un an tu n’es arrivé à rien, tu reviens travailler ici avec moi. »

Et que s’est-il passé, un an après ?

Un an après, mon oncle n’avait plus un sou. Mais il est passé derrière la caméra. Il a été secrétaire de production, puis directeur de production.

Votre père a aussi travaillé dans le monde de la culture et du cinéma ?

Mon père qui parlait parfaitement le bulgare et le russe, avait gagné une bourse d’étude. Le ministère des affaires étrangères l’avait envoyé à Sofia, en Bulgarie. C’est là-bas qu’il a connu ma mère. Au bout de trois mois, il a mis autour d’une table des poètes, des écrivains, des gens du théâtre et du cinéma pour créer un journal, Blanc et Noir. Par la suite, il a été professeur. Et il a même créé une école de cinéma. C’était l’intellectuel de la famille.

Votre père et votre oncle Dino ont travaillé ensemble ?

Les deux frères se sont retrouvés dans les années 40. Après la guerre, ils se sont associés avec le producteur Carlo Ponti (1912-2007) pour créer la Ponti-de Laurentiis lorsque je suis né, en 1949. Carlo Ponti avait peur de la philosophie de Laurentiisienne, qui consiste à faire des films internationaux à gros budgets, comme par exemple l’adaptation de Guerre et Paix en 1956, avec Audrey Hepburn et Jane Fonda. Il faut dire qu’à l’époque, ce film a coûté 5 milliards de lires…

C’était beaucoup d’argent !

Oui, mais de l’autre côté, on faisait aussi des films avec des gens comme Federico Fellini (1920-1993). Je pense par exemple à La Strada (1954), qui a été récompensé par un Oscar. Ou encore Les Nuits de Cabiria (Le notti di Cabiria) en 1957. Du coup, après avoir épousé Sophia Loren, Carlo Ponti a ensuite fait sa carrière de son côté. Mon père et mon oncle sont restés ensemble.

Votre famille a aussi créé ses propres studios de cinéma ?

Dans les années 60, mon père a édifié pour mon oncle un grand studio à Rome, sur la via Pontina : la Dinocittà. Résultat, à Rome, le complexe de studios Cinecittà lancé en 1937 était alors vide, car tout le monde venait chez nous. Ils ont donc commencé à appliquer une baisse des prix de l’ordre de 90 % ! Comme Cinecittà appartenait à l’Etat, ils ne risquaient pas la banqueroute…

Et ça a marché ?

Oui. On avait des acteurs comme Elizabeth Taylor (1932-2011) ou Richard Burton (1925-1984). Et ils sont tous partis tourner à Cinecittà… Du coup, mon oncle a décidé de quitter l’Italie pour les Etats-Unis. Mais mon père a refusé de partir. J’étais très proche de mon père. Je suis donc resté avec lui.

C’est un épisode que vous n’avez jamais oublié ?

En 1997, lorsque Cinecittà a été privatisé, j’ai fait partie des investisseurs qui l’ont racheté via la holding Italian Entertainment Group (IEG). J’ai aussi racheté Dinocittà sur lequel j’ai ouvert en juillet 2014 un parc d’attraction en hommage au cinéma italien, que j’ai baptisé Cinecittà World. Actuellement, on est en train de finir le Luneur Park, un parc d’attraction situé à Rome, qui ouvrira en septembre.

Vous avez d’autres activités en dehors du football et du cinéma ?

Avec l’une de mes entreprises, on travaille sur l’ouverture et la clôture des Jeux olympiques (JO) de Rio en août prochain. Ce qui va coûter 77 millions d’euros.

Quels sont vos projets cinématographiques ?

Je travaille sur des films internationaux, mais aussi sur des films italiens, que je n’ai jamais abandonnés d’ailleurs. Mais aussi sur des séries pour la télévision, dont une qui devrait être prochainement tournée à Monaco.

Vous avez de nouveaux projets ?

J’adore tout ce qui touche aux questions de santé et de gastronomie. Depuis 30 ans, j’ai un rêve : j’aimerais démontrer qu’il est possible de manger sainement à un prix raisonnable. Si j’ai le temps, je souhaiterais ouvrir une centaine de restaurants de qualité. Car Naples me prend beaucoup de temps… On est de retour en Serie A depuis 8 ans et on joue une Coupe d’Europe chaque année depuis 7 ans. Mais c’est passionnant.

 

(1) Le 6 juin, le groupe de distribution de produits électroniques et d’électroménager Suning a annoncé le rachat de l’Inter de Milan pour 270 millions d’euros. Ce qui représente, pour le moment, le plus gros investissement chinois dans un club de football. Suning détiendra 70 % des parts de l’Inter. (2) Le 10 mai, Sky Italia a indiqué que Feninvest, l’entreprise fondée par Silvio Berlusconi, était entrée en « négociations exclusives » pour une période d’un mois avec « un groupe d’investisseurs chinois » pour la vente de 70 % du Milan AC.

 

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Euro 2016 C’est ouvert !

Wed, 2016-06-15 14:15
Qui va remporter l’Euro ? C’est la question que tout le monde se pose, alors que le match d’ouverture France-Roumanie aura lieu le 10 juin, avec une finale le 10 juillet. Entre retombées économiques, enjeux sportifs et menace terroriste, cette édition 2016 qui voit Nice accueillir quatre matches, peut accoucher du meilleur comme du pire. Explications.

C’est un sentiment mitigé qui prédominait, alors que Monaco Hebdo bouclait ce numéro le 7 juin, à seulement 72 heures du début de cet Euro 2016. Mitigé, car la menace terroriste reste forte en France. Le 6 juin, Libération évoquait l’arrestation par les services secrets ukrainiens d’un Français soupçonné d’avoir planifié 15 attentats pendant l’Euro. L’AFP a indiqué qu’il était en possession de 125 kg de TNT. Quelques jours auparavant, une polémique a éclaté en France sur les fans-zones, ces lieux où se retrouveront les supporters des 24 équipes engagées dans ce tournoi international. Faut-il les conserver ou les supprimer pour minimiser les risques d’attentats ? Le gouvernement français a décidé de maintenir les 10 fans-zones (voir notre encadré) envisagées. Les abords seront quadrillés par une partie des 77 000 policiers et gendarmes mobilisés. A l’intérieur, les collectivités territoriales sont chargées de gérer la sécurité. Environ 60 entreprises spécialisées sont sous contrat, ce qui représente 13 000 agents de sécurité privés : 9 000 pour les stades et 3 000 pour ces fameuses fans-zones, rapporte Le Parisien.

 

Portugal

Autour de ce climat pesant, on oublierait presque qu’une grande fête va avoir lieu. En effet, pendant un mois, la France, Monaco et le reste de l’Europe vont vivre au rythme de la 15ème édition de cette compétition qui réunit 24 équipes réparties dans 6 poules. Aucun joueur monégasque n’a été retenu par l’ancien entraîneur de l’AS Monaco, Didier Deschamps, sélectionneur de l’équipe de France depuis 2012. Pour voir des joueurs de l’ASM à l’Euro, ce n’est donc pas la France qu’il faudra suivre, mais d’autres équipes européennes. Comme par exemple la Croatie qui alignera le gardien Danijel Subasic. Ou encore le Portugal, qui a décidé de miser sur Ricardo Carvalho et Joao Moutinho. Blessé, Bernardo Silva a, en revanche, dû déclarer forfait pour cette compétition. Une certitude, difficile de savoir qui remportera ce championnat d’Europe. Sans doute par goût personnel et par sympathie, une majorité des personnalités que Monaco Hebdo a interrogées voit une victoire française le 10 juillet au soir.

 

 

Grand-Messe

Après la Grèce en 2004 et l’Espagne en 2008 et en 2012, l’ex-président de l’AS Monaco, Jérôme de Bontin, pense que l’Allemagne, qui a remporté la dernière Coupe du monde au Brésil, s’imposera en France.

Du côté des élus du Conseil national, Thierry Crovetto estime que le Portugal de Cristiano Ronaldo battra la Belgique d’Eden Hazard en finale. Alors que le consultant de Canal+ et d’iTélé, Jean-Luc Arribart que nous avons longuement interrogé dans les pages qui suivent, croit savoir que l’Espagne remportera une troisième fois d’affilée ce trophée (voir encadré). D’autres pensent même que l’Angleterre pourrait créer la surprise et surprendre tout le monde. En revanche, seuls Jérôme de Bontin et Jean-Charles Allavena estiment que l’Italie, dont la seule victoire en Coupe d’Europe remonte à 1968, peut arriver en finale. Bref, la compétition semble ouverte. Et selon Les Echos, elle devrait rapporter gros : l’UEFA devrait empocher 1,9 milliard d’euros et la France devrait encaisser 1,2 milliard de retombées économiques. Il faudra au moins ça pour chasser un instant les craintes liées à l’organisation de cette grand-messe du football européen.

 

Fan-zone à Nice : sécurité renforcée Pas question de lésiner sur la sécurité… Christian Estrosi, le président Les Républicains (LR) de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) a décidé de mobiliser de gros moyens humains et financiers pour assurer la sécurité de la fan-zone niçoise qui sera installée au jardin Albert Ier et au théâtre de Verdure. Au total, 124 agents de sécurité pour une capacité de 10 000 personnes seront mobilisés. Selon l’ancien maire LR de Nice, la fan-zone disposerait du taux d’encadrement « le plus important des 10 villes hôtes ». Au-delà des agents de sécurité, la ville de Nice devrait être aussi la seule en France à proposer une fan-zone équipée de portiques à détection des métaux. Mais ce n’est pas tout. Ce dispositif doit être aussi complété par l’installation de 10 caméras de vidéo-surveillance s’ajoutant aux 8 déjà existantes sur cette zone. Côté budget, 1,5 million d’euros seront consacrés uniquement à la sécurité. 870 000 euros seront pris en charge par l’UEFA et l’Etat. Le reste sera payé par la ville, soit 630 000 euros. A Monaco, aucune fan-zone ou lieu de rassemblement n’a été prévu. En revanche, les rencontres se déroulant à Nice auront « un impact en termes de dispositif de sécurité », a indiqué, sans plus de détails, le conseiller pour l’Intérieur, Patrice Cellario, lors de la conférence de presse du gouvernement le 2 juin. S.B. Euro : les 14 vainqueurs

2012 : Espagne

2008 : Espagne

2004 : Grèce

2000 : France

1996 : Allemagne

1992 : Danemark

1988 : Pays-Bas

1984 : France

1980 : Allemagne de l’Ouest

1976 : Tchécoslovaquie

1972 : Allemagne de l’Ouest

1968 : Italie

1964 : Espagne

1960 : Union Soviétique

 

« On ne sait plus trop ce que vaut cette équipe de France » Enjeux sportifs, polémique Benzema-Deschamps, menace terroriste… Consultant pour Canal+ et pour iTélé, Jean-Luc Arribart décrypte les points chauds de cet Euro 2016 pour lequel Nice organise quatre matches, entre le 12 et le 27 juin.

Les joueurs de l’équipe de France sélectionnés par l’ancien monégasque, Didier Deschamps, sont vraiment les meilleurs choix possibles ?

Sur les 23 joueurs retenus, je suis globalement satisfait. Compte tenu des joueurs blessés, et compte tenu du mode de fonctionnement assez pragmatique de Didier Deschamps, les choix sont logiques. Pour pouvoir faire face aux blessures, Deschamps aime bien avoir des joueurs qui se ressemblent.

 

Des exemples ?

Par exemple, au milieu du terrain, Diarra et Cabaye sont deux joueurs interchangeables. Même chose avec Pogba et Sissoko, ou encore avec Matuidi et Kante.

 

Et en attaque ?

En l’absence de Benzema, la titularisation de Gignac et de Giroud au poste d’avant-centre me convient. André-Pierre Gignac a fait une super saison, il est affuté et en confiance. Il a, je crois, beaucoup mûri. Ce ne sera sans doute pas un titulaire, mais ce sera un joueur qui pourra rendre service.

 

Contesté dans son club d’Arsenal, Olivier Giroud a encore sa place avec les Bleus ?

Oui. C’est même un très bon choix, parce qu’on n’a pas ce genre de profil en équipe de France. Giroud est capable de gagner athlétiquement et physiquement des ballons, notamment dans les duels aériens. Il sait aussi jouer dos à la défense adverse, et remiser de très bons ballons pour ses co-équipiers, comme il l’a fait en Angleterre, lors d’un match contre Manchester City.

 

Vraiment aucun regret ?

Le seul joueur que je regrette de ne pas voir dans cette sélection, c’est le Niçois Hatem Ben Arfa. Même si Kingsley Coman a beaucoup de qualités, il n’a pas fait une meilleure saison que Ben Arfa. Coman a été pris pour sa vitesse et sa puissance, avec lesquelles il peut débloquer une fin de match difficile. Coman est un joueur très intéressant. Mais Ben Arfa aurait aussi pu être ce joueur capable de faire la différence en fin de match, notamment par ses dribbles et par ses actions individuelles.

 

Que vaut cette équipe de France alors ?

On ne sait plus trop. Il y a deux ans, l’équipe de France disposait d’une défense solide, autour de Raphaël Varane. En son absence, Laurent Koscielny n’a pas été très sécurisant. Du coup, sa confiance et sa sérénité ont été entamées. Un joueur devait avoir un rôle essentiel dans cet Euro, mais il s’est hélas blessé : c’est Lassana Diarra. Sans Diarra, son club, l’Olympique de Marseille (OM), serait sans doute descendu en Ligue 2 (L2).

 

à ce point ?

Diarra a fait une saison formidable. Il sait très bien lire le jeu, il gagne beaucoup de ballons, il joue techniquement très juste, il sait garder le ballon, accélérer, donne le rythme… Grâce à sa vision du jeu et à sa technique, il sait parfaitement anticiper. C’est donc là, juste devant, qu’il est très utile pour sécuriser une charnière en danger.

 

Vraiment ?

Oui, car la France joue avec une charnière composée d’Adil Rami et d’Eliaquim Mangala qui est très vulnérable. Ou qui, en tous les cas, n’a pas trouvé son équilibre. Mais Didier Deschamps a décié de rappeler Adil Rami. Il a parlé avec ses joueurs. Il sait donc beaucoup de choses que nous ignorons.

 

Et le milieu de terrain de cette équipe de France ?

Heureusement, on a toujours Matuidi qui revient très bien et Pogba, qui est un vrai phénomène. Sa puissance, sa technique et son inspiration lui permettent de faire la différence au milieu de terrain.

 

L’attaque semble être performante ?

Devant, on a des solutions. Mais si pour gagner un match la France doit marquer à chaque fois trois ou quatre buts, ça sera compliqué. Car les Bleus ne parviendront pas à marquer trois ou quatre buts à toutes les équipes qu’ils vont affronter.

 

Vraiment impossible d’évaluer le potentiel de cette équipe de France ?

Je n’en sais fichtrement rien. Au moment où commence cet Euro, on a tout, sauf des certitudes. On sait que la France est capable de marquer des buts, mais qu’elle est aussi capable d’en prendre. Tous les matches de préparation n’ont pas permis à cette équipe de vraiment se rôder. Et les blessures de Raphaël Varane et de Lassana Diarra sont vraiment très préjudiciables.

 

L’AS Monaco vient de gagner la Coupe Gambardella et pourtant, il n’y a pas de joueurs monégasques en équipe de France depuis un bon moment déjà ?

Il y a assez peu de joueurs français dans l’équipe de Monaco qui évoluent en Ligue 1 (L1)… Ces derniers temps, l’ASM fait plutôt un élevage de jeunes joueurs étrangers très prometteurs qu’elle met en vitrine une saison avant de les revendre avec une plus-value.

 

Mais Monaco a changé sa stratégie en misant davantage sur de jeunes talents ?

Entre des jeunes un peu trop jeunes et des vieux un peu trop vieux, j’ai du mal à m’y retrouver avec cette ASM. L’effectif est trop important, avec trop de joueurs qui se ressemblent. Vu ce contexte, Jardim fait des miracles depuis deux ans.

 

Le projet sportif de l’ASM vous semble le bon pour décrocher des titres ?

Le projet sportif est clairement dicté par les dirigeants et par le président qui n’a plus envie de mettre d’argent dans ce club. Du coup, il a demandé à ce que son club vive en faisant des coups, avec l’achat de jeunes joueurs revendus plus cher. Tous les clubs rêvent de faire ça. Et il est logique d’aller chercher des joueurs ailleurs, même à l’étranger. Surtout qu’aujourd’hui, tout va plus vite.

 

Alors pourquoi Monaco n’a aucun joueur sélectionné en équipe de France ?

Il faut laisser le temps aux jeunes joueurs d’exprimer leur potentiel. Quand Anthony Martial a quitté Monaco l’été dernier pour Manchester United (MU), on ne savait pas s’il serait capable d’exploser et de s’épanouir comme il l’a fait en Premier League. C’est tant mieux, mais il aurait fallu que Martial reste encore un an en Principauté, pour tout casser avec Monaco.

 

Ces jeunes joueurs ont un rôle à jouer ?

Ces jeunes joueurs doivent à un moment donné être capables de franchir un palier et se révéler. Et permettre de renforcer l’équipe première. Il faut donc les garder un an ou deux en L1 pour qu’ils puissent montrer leur potentiel. Donc le projet de Monaco n’est pas un projet sportif. C’est un projet de club. Et on demande aux sportifs de s’en accommoder.

 

Les critiques de Benzema sur Deschamps vous ont surpris ?

C’est pitoyable de la part de Benzema. Qu’il ait de la frustration et qu’il soit très déçu de ne pas avoir été sélectionné pour participer à cet Euro, je peux le concevoir. Mais qu’il argumente en estimant que Deschamps cède devant une partie de la France raciste, c’est ridicule.

 

Ce genre de sortie médiatique est spontané ou il y a une stratégie et un calcul derrière ?

S’il y a derrière cette interview une manœuvre politico-sociétale pour mettre en exergue une partie de la population qui croirait que ce que dit Benzema est vrai, ce serait inouï. J’aurais du mal à y croire. Le problème, c’est qu’aujourd’hui, on est prêt à tout pour faire parler de soi. Notamment avec les réseaux sociaux, comme Twitter.

 

Aujourd’hui, les footballeurs communiquent trop et trop vite ?

Je ne suis pas de cette génération, mais je ne comprends pas ce besoin de dire au monde entier ce que l’on pense, de montrer tout ce que l’on fait et de dire tout ce que l’on ressent sur tous les sujets possibles. Ceci alors que la plupart du temps, ce que les gens ont à dire ne mérite même pas quelques lignes dans un journal.

 

Didier Deschamps est raciste ?

Pour bien connaître Didier Deschamps, penser qu’il est raciste, c’est être complètement à côté de la plaque. Il fait ses choix en fonction de critères sportifs et en fonction de ce qu’il estime être le plus judicieux pour bâtir l’équipe la plus performante possible. En revanche, Deschamps doit construire son équipe de France en tenant compte d’affaires extra-sportives. Or, ce n’est tout de même pas de la faute de Didier Deschamps si Karim Benzema s’est retrouvé pris dans cette affaire de sextape avec Mathieu Valbuena…

 

Les affaires qui se multiplient depuis quelques années dans le football, qu’elles soient judiciaires ou non, sont révélatrices d’un véritable malaise dans ce milieu ?

Le milieu du football a beaucoup changé depuis que je l’ai quitté en tant que joueur professionnel en 1988. Aujourd’hui l’argent coule à flot, comme ça n’a jamais été le cas à mon époque. Désormais, ce sont les joueurs et leurs agents qui sont devenus les maîtres du jeu. Les réseaux sociaux permettent de faire passer des messages au monde entier en direct. Tout s’est accéléré. Enfin, la société a aussi beaucoup changé. Le football reste le reflet de la jeunesse et de notre société. Mais il y a des valeurs qu’il faut garder : ce sont celles de la République. Et j’y suis personnellement très attaché. Je crois que Didier Deschamps les applique très bien.

 

Parmi les trois matches de poule qui vont se dérouler à l’Allianz Riviera de Nice, lequel a votre préférence ?

Le match Belgique-Suède prévu le 22 juin me semble intéressant. D’abord parce que ce sera l’occasion de voir jouer Zlatan Ibrahimovic avec la Suède. Voir un tel joueur, c’est toujours un sacré spectacle, surtout après la très bonne saison qu’il a fait avec le PSG. Mais je ne suis pas sûr qu’il pourra à lui tout seul permettre à son équipe de faire un bon Euro, car la Suède s’est tout de même qualifié de justesse.

 

Et chez les Belges ?

Il y a dans cette équipe énormément de talents individuels. Le sélectionneur, Marc Wilmots, a eu un peu de mal à bâtir sa défense à cause de quelques défections, notamment celle de Vincent Kompany et de Nicolas Lombaerts. Wilmots a trouvé une solution un peu curieuse, puisque la charnière centrale de Tottenham, Jan Vertonghen-Tobias Alderweireld, doit occuper des postes de défenseurs latéraux. Pour le reste, cette équipe de Belgique me plaît beaucoup, avec de très bons joueurs : Marouane Fellaini, Eden Hazard, Kevin de Bruyne, Moussa Dembele, Romelu Lukaku… De plus, après une Coupe du monde un peu décevante, la Belgique aura envie de rectifier le tir.

 

Un Euro réussi permettra de faire passer au second plan les menaces terroristes et les affaires de corruption qui ont touché les instances dirigeantes du football ?

Un Euro c’est une formidable récréation pour la société européenne, parce que c’est un moment de plaisir et de bonheur partagé. Donc oui, s’il ne se passe rien, cet Euro peut permettre d’oublier un peu toutes les atrocités de ces derniers mois. Si l’équipe de France fait un bon parcours, cela peut contribuer à consolider les liens sociaux. A l’inverse, si la France est éliminée rapidement et qu’il y a en plus des problèmes liés au terrorisme, le stress et l’angoisse augmenteront encore.

 

Pour prévenir des actes terroristes, les politiques se sont déchirés autour du choix de maintenir ou non les fans-zones ?

Je comprends les inquiétudes des organisateurs, des services municipaux et des services de sécurité. Car les fans-zones sont malheureusement un endroit rêvé pour commettre un attentat. Aujourd’hui, avec ce qu’il s’est passé en France, il y aura toujours une inquiétude. En supprimant ces fans-zones, on va supprimer des risques, mais on ne supprimera pas tous les risques.

 

Que faire alors ?

Supprimer ces fans-zones, c’est céder au terrorisme. Car ces gens-là veulent nous faire changer de vie, nous faire vivre dans l’angoisse et dans la crainte. La meilleure réponse face au terrorisme, c’est donc de maintenir ces fans-zones et de continuer à vivre, à rire et à s’amuser. Tout en sachant que certaines choses peuvent se produire. Faisons confiance à ceux qui sont chargés de protéger les fans-zones et la société dans son ensemble.

(1) Dans un entretien accordé le 1er juin au quotidien espagnol Marca, l’attaquant français du Real Madrid, Karim Benzema, a expliqué que sa non-sélection en équipe de France s’expliquait en partie par une montée du racisme en France. Tout en estimant que Didier Deschamps n’était pas raciste, il a jugé que le sélectionneur français avait « cédé sous la pression d’une partie raciste de la France. Il faut savoir qu’en France le parti d’extrême droite est arrivé au deuxième tour des dernières élections. »

 

Ils votent pour la France et pour Griezmann Ils sont liés de près ou de loin à l’AS Monaco ou ils aiment tout simplement le football. Des personnalités ont accepté de donner leurs pronostics pour cet Euro 2016. Jérôme de Bontin,

président de l’AS Monaco de 2008 à 2009

 

Qui seront les finalistes de cet Euro ?

L’Allemagne, l’Italie ou l’Espagne.

Qui remportera l’Euro 2016 ?

L’Allemagne.

Quelle équipe sera la surprise de cet Euro ?

L’Autriche fera un bon parcours et pourrait être la surprise du tournoi, avec les Diables rouges belges.

Quelle équipe sera la plus grosse déception de cet Euro ?

La France ne sera pas en finale. Elle sera probablement éliminée en 1/4 ou peut-être en demi-finale. Ce sera une déception pour tout le pays. Payet sera le meilleur joueur français, si on lui donne la chance de jouer.

Quel joueur finira meilleur buteur ?

Cristiano Ronaldo sera le meilleur buteur du tournoi. Mais son équipe, le Portugal, ne passera pas les quarts de finale.

 

André-Pierre Couffet,

président de l’AS Monaco football féminin

 

Qui seront les finalistes de cet Euro ?

La France et l’Espagne.

Qui remportera l’Euro 2016 ?

La France.

Quelle équipe sera la surprise de cet Euro ?

L’Allemagne.

Quelle équipe sera la plus grosse déception de cet Euro ?

L’Angleterre.

Quel joueur finira meilleur buteur ?

Antoine Griezmann.

 

Omar Da Fonseca,

joueur de l’AS Monaco de 1986 à 1988

 

Qui seront les finalistes de cet Euro ?

L’Espagne et la France.

Qui remportera l’Euro 2016 ?

La France.

Quelle équipe sera la surprise de cet Euro ?

La Belgique.

Quelle équipe sera la plus grosse déception de cet Euro ?

L’Angleterre.

Quel joueur finira meilleur buteur ?

Antoine Griezmann.

 

 

Ludovic Giuly,

joueur de l’AS Monaco de 1998 à 2004, puis de 2011 à 2012

 

Qui seront les finalistes de cet Euro ?

L’Espagne et la France.

Qui remportera l’Euro 2016 ?

La France.

Quelle équipe sera la surprise de cet Euro ?

Le Portugal.

Quelle équipe sera la plus grosse déception de cet Euro ?

L’Allemagne.

Quel joueur finira meilleur buteur ?

Antoine Griezmann.

 

Jean-Charles Allavena,

élu au Conseil national

 

Qui seront les finalistes de cet Euro ?

Un bon France-Italie, qui serait une revanche du Mondial de 2006 et un souvenir de l’Euro 2000…

Qui remportera l’Euro 2016 ?

La France. Ce serait une excellente chose.

Quelle équipe sera la surprise de cet Euro ?

Je dirais l’Angleterre ou la Croatie.

Quelle équipe sera la plus grosse déception de cet Euro ?

Le Portugal.

Quel joueur finira meilleur buteur ?

Antoine Griezmann.

 

Christophe Robino,

élu au Conseil national

 

Qui seront les finalistes de cet Euro ?

La France et l’Angleterre. L’Angleterre aura probablement éliminé l’Allemagne en demi-finale.

Qui remportera l’Euro 2016 ?

La France, en croisant les doigts ! Même si les absences de certains joueurs en défense vont peser lourd à ce stade de la compétition.

Quelle équipe sera la surprise de cet Euro ?

La Croatie a l’équipe pour faire un magnifique parcours.

Quelle équipe sera la plus grosse déception de cet Euro ?

L’Italie semble manquer de référence et de cadres… Mais l’Allemagne sera forcément attendue, au vu de sa très moyenne campagne de qualification.

Quel joueur finira meilleur buteur ?

L’attaquant de Tottenham, Harry Kane qui a marqué 25 buts en 38 matches en Premier League. Ou pourquoi pas Antoine Griezmann, s’il se remet de sa finale de Ligue des Champions perdue avec l’Atletico Madrid contre le Real Madrid.

 

Philippe Clérissi,

élu au Conseil national

 

Qui seront les finalistes de cet Euro ?

La France et la Belgique.

Qui remportera l’Euro 2016 ?

La France, avec une équipe apaisée et équilibrée, mêlant des jeunes joueurs de talent évoluant dans les plus grands championnats d’Europe comme Paul Pogba (Juventus de Turin), Anthony Martial (Manchester United), ou Kingsley Coman (Bayern de Munich), à des joueurs expérimentés comme Olivier Giroud (Arsenal), Hugo Lloris (Tottenham), Patrice Evra (Juventus de Turin) où Dimitri Payet (West Ham) a l’immense avantage de jouer tous ses matches à la maison. La France est donc pour moi la favorite logique de la compétition. La Belgique, qui enchaîne les bonnes performances, devrait logiquement parvenir à se hisser en finale. Elle possède dans son effectif des joueurs de très haut niveau, dont certains font partie du top ten européen. Je pense notamment à Kevin De Bruyne (Manchester City), Thibaut Courtois (Chelsea) ou encore Eden Hazard (Chelsea) qui fait une bonne fin de saison avec son club Chelsea, mais aussi à Marouane Fellaini (Manchester United), Romelu Lukaku (Everton), Vincent Kompany (Manchester City) ou Divock Origi (Liverpool). Cela dit, je vois en finale une courte victoire de la France, 1-0 ou 2-1.

Quelle équipe sera la surprise de cet Euro ?

L’équipe surprise de cet Euro pourrait être l’Angleterre qui a considérablement renouvelé son effectif et qui, je l’espère, pourra compter sur sa jeune pépite Marcus Rashford (Manchester United), mais aussi sur Jamie Vardy (Leicester City) et sur l’indéboulonnable Wayne Rooney (Manchester United). Les joueurs de cette sélection sont tous aguerris aux joutes de la Premier League, que l’on considère comme le championnat le plus difficile d’Europe.

Quelle équipe sera la plus grosse déception de cet Euro ?

La plus grosse déception de cet Euro pourrait être l’Italie qui depuis des années, si l’on excepte la Juventus de Turin, vit repliée sur elle-même, dans le sens où ses internationaux évoluent, pour l’essentiel, en Serie A. Or, celle-ci n’est plus que l’ombre d’elle-même. Je crains donc le pire pour cette sélection.

Quel joueur finira meilleur buteur ?

Le meilleur buteur de l’Euro pourrait être Griezmann, De Bruyne, Hazard ou Vardy.

 

Thierry Crovetto,

élu au Conseil national

 

Qui seront les finalistes de cet Euro ?

On pourrait avoir une finale Portugal-Belgique.

Qui remportera l’Euro 2016 ?

Je verrais bien une victoire du Portugal.

Quelle équipe sera la surprise de cet Euro ?

La surprise de cet Euro pourrait être la Belgique, qui pourrait être dans le dernier carré, voire même finaliste…

Quelle équipe sera la plus grosse déception de cet Euro ?

On attend toujours beaucoup du pays organisateur. Après l’Euro 1984 et la Coupe du Monde 1998, toute la France espère un nouvel exploit des Bleus, qui pourraient constituer la plus grosse déception de la compétition…

Quel joueur finira meilleur buteur ?

Après avoir réalisé une excellente saison avec le Real de Madrid, le Portugais Cristiano Ronaldo pourrait terminer meilleur buteur de la compétition.

 

Jean-Luc Arribart,

journaliste iTélé-Canal+

 

Qui seront les finalistes de cet Euro ?

J’ai du mal à garder mon optimisme pour l’équipe de France. J’y croyais beaucoup au début. Mais depuis la cascade de blessures qui a touché cette équipe, si la France parvient en demi-finale ou en quart de finale, ce sera déjà très bien. En finale, je vois bien l’Espagne et l’Allemagne. Ce sont en tout cas deux valeurs sûres pour cet Euro.

Qui remportera l’Euro 2016 ?

Pour une fois, ce ne sera pas l’Allemagne. Je pense plutôt à l’Espagne.

Quelle équipe sera la surprise de cet Euro ?

La Belgique. Mais est-ce que c’est une vraie surprise ? Plutôt une demi-surprise. Cette équipe peut cette fois-ci faire une belle compétition. Il faut aussi se méfier de l’Angleterre qui peut par son côté à la fois athlétique et technique créer une surprise. Les Anglais possèdent des joueurs qui ne doutent pas trop.

Quelle équipe sera la plus grosse déception de cet Euro ?

Le Portugal, comme d’habitude. Et même si j’ai donné l’Allemagne en finale, je pense que ça se jouera à quitte ou double pour cette équipe. Si l’Allemagne n’est pas la plus grosse déception de cet Euro, elle ira en finale. C’est une équipe un peu vieillissante et ils ont des joueurs blessés. Il peut aussi y avoir un phénomène d’usure avec leur entraîneur, Joachim Löw, qui est à ce poste depuis 2006. Pour toutes ces raisons, je ne serai pas surpris plus que ça que l’Allemagne soit décevante.

Quel joueur finira meilleur buteur ?

L’avant-centre de l’Espagne, Alvaro Morata.

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C’est ouvert !
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« Il n’y aura pas de problème »

Wed, 2016-06-15 14:04
Le représentant de la société en charge du projet du quartier de l’Esplanade, Antonio Caroli, répond aux inquiétudes de l’Automobile Club de Monaco sur la compatibilité entre ce projet et le TV compound du Grand Prix de Monaco.

Michel Boeri, président de l’Automobile Club, de Monaco (ACM) a déclaré que le projet du quartier de l’Esplanade des Pêcheurs met en danger le Grand Prix de Monaco : quelle est votre position sur ce sujet ?

Avant tout autre commentaire, je tiens à préciser que j’ai beaucoup de respect et d’admiration pour tous les bénévoles de l’ACM, car leur travail permet depuis des décennies le bon déroulement d’un événement comme le Grand Prix de Monaco. Ce qui peut être vu comme un exploit, compte tenu des difficultés que l’organisation d’un tel événement représente dans une ville comme Monaco. Personne ne laissera croire que quiconque peut le mettre en danger. Nos solutions vont plutôt dans le sens de le pérenniser.

 

Mais Michel Boeri a déclaré que la surface mise à la disposition du TV Compound indispensable à l’organisation du Grand Prix était insuffisante dans le cadre de ce nouveau quartier sur le port ?

Les surfaces mises à disposition sont de 4 330 m2 pour le TV Compound et de 875 m2 pour les pneumatiques, soit un total de 5 205 m2. Ces surfaces sont nettement supérieures à celles demandées initialement (2 700-3 000 m2), et même aux 4 000 m2 (y compris catering et sanitaires) et aux 450 m2 des pneumatiques réclamés aujourd’hui : il n’y a donc évidemment pas de problème.

 

Alors pour quelles raisons Michel Boeri n’est pas satisfait ?

Je ne connais pas ses raisons, qui doivent être sûrement valables, mais qui ne sont pas celles évoquées.

 

Et la solution alternative du parking des Pêcheurs ?

C’est une solution suggérée par Michel Boeri et ses services lors de nos rencontres, qui nous semble être très valable, mais que nous n’avons pas à juger. Ce qui est curieux, c’est qu’après avoir proposé cette solution, l’ACM estime que cette alternative présente une distance inacceptable du circuit, alors que la distance entre l’actuel TV Compound sur le terre-plein de l’Esplanade des Pêcheurs et l’entrée du parking des Pêcheurs est seulement de quelques dizaines de mètres. D’autre part la nouvelle localisation du TV Compound, soit sur la nouvelle esplanade du projet, soit au parking des Pêcheurs ou ailleurs, est de nature à pérenniser cet élément du Grand Prix. Il ne serait pas judicieux de continuer sur une affectation provisoire d’un terre-plein destiné tôt ou tard à être utilisé. Cette pérennisation représente un véritable avantage, et non un inconvénient.

 

Donc comme l’a dit le Ministre d’Etat, Serge Telle, le Grand Prix n’est vraiment pas en danger ?

Bien sûr que non ! Et de notre côté, nous sommes prêts à étudier toute autre solution opérationnelle nécessaire. Je n’ai aucun doute, je suis certain qu’avec la bonne volonté de tout le monde, les éventuels ajustements seront trouvés. Nous sommes dans un état d’esprit positif et constructif.

 

Pourquoi vous réagissez seulement maintenant ?

Parce que je considère que cet alarmisme injustifié livré pendant que l’œil du monde était rivé sur le Grand Prix 2016, ne rend pas un bon service, ni au Grand Prix lui-même, ni à la Principauté. C’est pour ces raisons que j’ai décidé de m’expliquer seulement maintenant, calmement et sereinement, quand les discussions redeviennent plus « régionales ».

 

Vous pouvez donc assurer de façon définitive que le projet est bien compatible avec le Grand Prix ?

Complètement ! Je souhaite rappeler qu’il s’agit d’un projet réfléchi, qui est le fruit d’un accord de longue date entre l’État et ma société, afin de requalifier une zone actuellement inexploitée, pour la mettre à la disposition des Monégasques, des résidents, des professionnels du port et des touristes. Il s’agit de créer un nouveau centre destiné à accroître l’attractivité de la Principauté et à compléter la nouvelle esthétique du port, en face du nouveau Yacht Club.

 

Qu’est-ce qui est prévu exactement ?

Autour de la future esplanade deux musées sont prévus : le musée de l’Homme et de la Mer, avec les expositions de Franck Goddio, et le musée Grimaldi. Mais aussi des restaurants, des commerces, des bureaux, des liaisons avec le parking de la digue et avec le Rocher. L’ensemble est destiné aux domaines de l’Etat, sauf la partie de l’immeuble réservée aux logements privés qui permettra ainsi le financement de l’opération, sans aucune charge financière pour l’Etat.

 

Ce projet a été accueilli de quelle façon ?

J’ai la satisfaction d’avoir constaté que sur la qualité du projet, la quasi-totalité des réactions, locales et internationales, ont été très positives. Cela grâce au travail de tous les participants, à commencer par les architectes Ricciotti et Notari, les ingénieurs, les géotechniciens et les spécialistes de l’environnement. Sans oublier l’apport des services de l’Etat : l’Administration des Domaines, la Direction de la Prospective, de l’Urbanisme et de la Mobilité (DPUM) et les service des Travaux Publics.

 

C’est un projet très technique ?

Le projet est techniquement très complexe car il repose sur des fondations profondes, jusqu’à 70 mètres. Il y a aussi la grande portée de la couverture du musée qui est un autre point délicat. Ce projet a dû franchir toutes les difficultés liées à l’utilisation actuelle du terre-plein avec la pleine collaboration de la Société d’Exploitation des Ports de Monaco (SEPM), de la Direction de l’Aménagement Urbain (DAU) et des compagnies concessionnaires.

 

C’est un dossier important pour Monaco ?

Indépendamment des querelles plus ou moins motivées qui ne durent pas, les ouvrages restent et marqueront la Principauté dans les années à venir. Leur beauté et leur performance urbanistique sont les aspects les plus importants. Ne l’oublions pas. J’opère depuis plus de 40 ans en Principauté, avec à mon actif plusieurs dizaines d’immeubles construits. Et je suis très fier de ce projet qui permettra de réaliser des ouvrages indéniablement significatifs pour l’image de la Principauté.

 

Ce projet nécessite une loi de désaffectation de la part du Conseil national ?

Effectivement, c’est ce que prévoit la constitution. Et bien évidement, nous sommes très respectueux des prérogatives des élus du Conseil national.

 

Où en est le permis de construire ?

L’autorisation de construire ne pourra être délivrée qu’après le vote de la loi de désaffectation.

 

Quel est le calendrier prévu pour ce projet ?

Nous présenterons la demande du permis dans quelques jours sous sa forme modificative, car la hauteur de l’immeuble a été fortement diminuée par rapport au premier projet. On espère donc un démarrage des travaux pour la fin de l’année ou pour le tout début de l’année prochaine. La durée des travaux sera d’environ quatre ans et demi, avec une première partie dédiée aux fondations profondes.

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Un État fortcomme anaphore

Wed, 2016-06-15 14:03
Télétravail, loi sur la sécurité nationale, négociations européennes, interdiction des sacs plastiques ou transparence fiscale… Les membres gouvernement, réunis en conférence de presse autour du ministre d’État, ont fait un point sur les dossiers brûlants de la Principauté.

 

Cela ne fait que quatre mois qu’il a pris les rênes du gouvernement monégasque, mais Serge Telle impose déjà sa patte. Que ce soit au niveau de la communication [1] que de la façon d’appréhender les grands dossiers, dans lesquels on l’a « aidé à rentrer avec une très grande compétence ». Ce sont ces dossiers, les plus actuels ou les plus importants pour la Principauté, sur lesquels il a décidé de faire un point à l’occasion d’une conférence de presse le 2 juin. Avant de laisser le soin à chacun de ses départements de s’exprimer, le ministre d’État a formulé le vœu d’un « État fort », dont il a signé chaque accroche de phrase de son discours. En aucun cas un État fort dans l’exercice du pouvoir, lui qui s’est à de nombreuses reprises, notamment lors de l’intervention sur projet de loi sur la sécurité nationale, défendu de toute dérive autocratique ou totalitaire. Plutôt un État fort dans ses fondations, avec des « finances saines » et l’absence de dette. Dans sa capacité à « assurer la sécurité des personnes dans un contexte international difficile » avec la loi sur la sécurité nationale, comme dans sa capacité à évoluer et se moderniser avec la loi sur le télétravail.

 

« Monde »

Aussi dans sa volonté, malgré ses 2 km2, de faire « entendre et respecter » la voix de la Principauté dans la polyphonie des relations internationales. Car dix ans après ses « fonctions de consul général et d’ambassadeur » à Monaco, c’est ce qu’il l’a « frappé à l’occasion de son retour : l’ouverture de Monaco sur le monde ». « On doit avoir un État fort qui accompagne cette ouverture sur le monde », a lancé Serge Telle. Et pour ce faire, quoi de mieux que de s’assoir à la table ronde des négociations face à l’Europe, d’égal à égal ? Quoi de mieux que de s’engager plus vertueusement que les autres États en faveur de la protection de l’environnement ? « Il faut faire en sorte que l’État monégasque permette que l’ouverture de la Principauté au monde soit bénéfique aux Monégasques », assure Serge Telle. Le nouvel homme fort du gouvernement en est convaincu : c’est la seule feuille de route qui vaille.

1] Lire l’interview de François Chantrait dans Monaco Hebdo n° 973.

 

éCONOMIE

Le télétravail, c’est maintenant C’est un projet de loi « majeur pour le développement économique de la Principauté, pour l’emploi dans notre bassin de population, les Alpes-Maritimes, et pour les employeurs comme les salariés ». Stéphane Valeri a ouvert le bal lors du tour de table des conseillers de gouvernement-ministres. L’homme en charge des affaires sociales et de la santé s’est attardé sur les vertus du télétravail, un des dossiers les plus actuels : « la création de plusieurs milliers d’emplois » — on parle de 7 000 à 8 000 sur plusieurs années —, « le développement du chiffre d’affaires pour les entreprises » — et donc des recettes de l’État — et, bien entendu, l’imparable argument écologique, « moins de gens tous les jours sur la route » — mais antinomique avec la possibilité pour les entreprises de « multiplier par trois le nombre d’employés sans changer de bureaux ». « Une modernisation nécessaire du monde du travail » dont « l’entrée en vigueur n’attend plus que l’adoption du Conseil national », a-t-il lancé. Probablement lors de l’une des deux sessions législatives du 28 ou 29 juin — dont « le gouvernement ne maîtrise pas l’ordre du jour », n’a pas manqué de rappeler Serge Telle —, il s’agit en fait de deux projets de loi. L’un définit les grandes lignes du télétravail : les droits et les devoirs des chefs d’entreprises comme salariés et les modalités de sa mise en place — notamment la présence requise du salarié dans l’entreprise le tiers de son temps de travail. L’autre concerne la ratification de l’avenant à la convention bilatérale entre la France et Monaco. Car de l’autre côté de la frontière, l’Assemblée nationale et le Sénat ont déjà fait le job : la loi a été promulguée le 24 mai.

SOCIETE

Sécurité et libertés : équilibre préservé ?  « On n’est ni en train de transformer la Principauté en un État policier, ni en Big Brother », a tenu à rassurer Patrice Cellario. Le Monsieur Intérieur du gouvernement est revenu sur le projet de loi sur la sécurité nationale, déposé fin novembre 2015 sur le bureau du Conseil national. Il s’agit d’adapter les outils de la Sûreté publique à « l’évolution des temps et des techniques » comme à « l’évolution des risques et menaces » — terrorisme et radicalisation en tête. Notamment renforcer « l’action de prévention de la police administrative » en lui permettant des moyens de renseignement et de surveillance, qui n’existent pas à ce jour en Principauté. « Doter l’arsenal législatif d’un pan qui lui fait défaut », résume Patrice Cellario. Le texte inclut des échanges sécurisés d’informations avec les services extérieurs à Monaco ; une collaboration fondamentale pour être efficace sur un territoire de 2 km2. Et, bien sûr, trouver « un équilibre entre l’ingérence que ça représente et la sécurité ». Ce qui est le cas de ce dispositif, qui ne prodigue « pas de pouvoirs exorbitants », maintient Cellario. Les écoutes seront « fermement encadrées » : la demande doit être motivée et une procédure de contrôle stricte est lancée simultanément. Si l’avis est négatif, la mesure est aussitôt suspendue. « Le ministre d’État ne pourra pas s’assoir sur l’avis de la commission » — qui comprend le juge des libertés publiques et un conseiller national —, a assuré le ministre de l’Intérieur. Ça tombe bien : « Ce n’est pas à mon âge que je vais commencer une carrière de dictateur », s’est amusé Serge Telle, citant le général de Gaulle.

ECOLOGIE

Les sacs plastiques bannis de la Principauté Depuis le 1er juin, les sacs en plastique à usage unique sont interdits à Monaco. « Une mesure forte mais nécessaire », a estimé Marie-Pierre Gramaglia, en charge de l’équipement, de l’environnement et de l’urbanisme. « Chaque seconde, 200 kg de déchets plastiques sont déversés dans les mers et les océans. » Les qualités de cette mesure ne sont plus à prouver : réduction de la pollution par les particules plastiques, économie des ressources nécessaires pour fabriquer ces sacs, et donc préservation de la biodiversité marine ; thème cher au gouvernement princier. Techniquement, tous les sacs ne sont pas bannis : seuls les plus fins, « inférieurs à 50 microns », et les plus petits, « d’une contenance de moins de 25 litres ». Ceux qui sont les plus à même de finir aux ordures — ou dans la nature — sans la moindre chance d’être réutilisés. « Une mesure plus sévère qu’en France », qui doit appliquer cette interdiction au 1er juillet. Encore a-t-il fallu convaincre les commerçants que le plastique, ce n’est pas fantastique. « On en a rencontrés plus de 200 », a certifié la conseillère de gouvernement-ministre. Elle l’assure : « Ils sont dans une démarche engagée », et des contrôles seront effectués. Mieux : cette interdiction va contribuer à « développer les pratiques écoresponsables ». La campagne de sensibilisation « Un sac pour la vie » a cartonné : il fallait surtout proposer une alternative. « À partir de septembre, nous allons distribuer un sac réutilisable à tous les Monégasques », a déclaré Gramaglia. Le 1er janvier 2017, ce sont tous les autres sacs à usage unique qui seront prohibés s’ils contiennent moins de 30 % de matière biosourcée. Et en 2020, adieu gobelets, couverts et autres ustensiles en plastique jetables.

EUROPE

Le Brexit, contretemps dans le dossier européen « La Principauté sera différente dans dix ans, que l’on arrive à un accord d’association avec l’Union européenne (UE) ou pas », a lancé le ministre d’État avant de céder la parole au « chef d’orchestre des négociations », Gilles Tonelli. Le ministre aux relations extérieures et à la coopération mène de sa baguette ce qui est sans conteste l’un des plus gros dossiers de l’État. Monsieur Europe doit « concilier deux contraires : accepter la libre circulation des personnes, des marchandises, des capitaux et des services pour s’ouvrir à un marché de 500 millions de personnes, et conserver les spécificités monégasques ». En route depuis un an, les négociations entre Monaco et L’UE se tiennent au rythme de sept semaines de préparation pour trois jours de discussion. « Le point le plus avancé est le côté institutionnel », avance Tonelli. Mais la substance de cet accord d’association sera « la question des quatre libertés et des modalités ». Le ministre assure être en contact avec les Monégasques concernés, comme les professions réglementées. En attendant la prochaine session, du 6 au 8 juin, des discussions sont menées de concert avec la France pour éviter toute fausse note. Parmi les 130 accords bilatéraux entre les deux pays, « il faut identifier ceux susceptibles d’être touchés par l’accord d’association avec l’Europe ». Et les reconsidérer pour être compatibles. Le bémol sur cette partition risque de se produire le 23 juin : les habitants du Royaume-Uni sont amenés à se prononcer par référendum s’ils souhaitent rester dans l’UE. « Nos négociations dépendent du Brexit », estime Tonelli. Un mauvais tempo pour Monaco : si Brexit il y a, elles pourraient être reportées de deux ans.

ECONOMIE

Finance et transparence, tous les voyants au vert ? Monaco n’est plus sur la liste des États non coopératifs de l’Union européenne (UE). Pourtant, « la Principauté continue de figurer sur des listes discriminantes » de pays membres de l’UE, déplore le conseiller de gouvernement-ministre des finances et de l’économie. Et ce n’est pas faute d’avoir fait de « nombreux efforts en matière de transparence fiscale ». Jean Castellini s’est toutefois voulu rassurant : la Principauté devrait « signer l’accord Taxud en marge d’Ecofin », le conseil de l’UE pour les affaires économiques et financières, qui se tient à Bruxelles le 12 juillet. Un accord qui devrait « amener la disparition de Monaco de la plupart de ces listes nationales ». « Nous organiserons un évènement dédié à l’échange automatique d’informations », a également annoncé Castellini. Un évènement qui fait suite à l’accord ratifié avec l’UE qui automatisera, dès 2018, les échanges d’informations avec les vingt-huit états membres sur les comptes financiers de leurs résidents respectifs. Côté budget, la Principauté peut se targuer d’un excédent de 14 millions d’euros à fin avril. « Des recettes de 352 millions d’euros pour des dépenses de 338 millions », précise l’homme aux finances. Des chiffres « conformes aux inscriptions primitives », note Castellini. « Les finances sont saines, Monaco est attractif ! » Et pour développer cette attractivité, le gouvernement a annoncé la sortie prochaine de Monaco Welcome, une application qui délivre de nombreuses informations pratiques sur les institutions monégasques, les démarches possibles et la vie de tous les jours — écoles, médecins, évènements culturels. Monaco s’amarre à Vintimille… Les navires de la Principauté pourraient bientôt jeter l’ancre à Vintimille. Un besoin nécessaire de s’étendre au regard de l’activité portuaire à Monaco. « Les places sont limitées au port Hercule, et nous avons cette opportunité à tout juste plus de dix milles marins », explique Jean Castellini. La Société d’exploitation des ports de Monaco (SEPM) pourrait ainsi prendre la gestion du port de l’autre côté de la frontière. Une concession de 80 ans pour une somme estimée à 80 millions d’euros. « Un accord a été signé entre la SEPM et les autorités italiennes. Il doit être validé par les services du gouvernement » une fois que toutes « les garanties financières et d’achèvement des travaux » auront été présentées. « Ça va dans le bon sens », estime le ministre des finances et de l’économie.  …et prend son envol pour l’aéroport de Nice Dans le cadre de la privatisation de l’aéroport de Nice-Côte d’Azur, « sept dossiers ont été jugés recevables », dévoile Castellini. Si Monaco n’a pris part dans aucun de ces groupements, « nous les avons rencontrés et nous nous positionnerons ». L’État souhaite investir à hauteur d’un peu moins de 10 % dans le capital de l’aéroport — une somme assurée par le Fonds de réserve constitutionnel (FRC) qui serait comprise entre 100 et 150 millions d’euros. Seule condition, « l’assurance que le dossier corresponde bien à nos ambitions ». Et elles sont triples. Le positionnement stratégique, d’abord, sur le segment haut de gamme et affaire, une clientèle prisée par la Principauté. Une vision à long terme, ensuite, avec un vrai partenariat plutôt qu’une rentabilité éphémère. Et, enfin, le développement de lignes intercontinentales directes, notamment en direction de l’Amérique et de l’Asie.

 

 

 

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« Je vais essayer de rallumer la flamme »

Wed, 2016-06-15 14:00
Le 10 juin, le chef étoilé du Monte-Carlo Bay, Marcel Ravin, ouvre un restaurant en Martinique : la Table de Marcel (1). Un projet avec une dimension sociale que ce chef a accepté d’expliquer à Monaco Hebdo. Interview.

 

Pourquoi avoir ouvert votre restaurant en Martinique ?

Chaque année je rentre chez moi à la Martinique. Là, je prépare un dîner pour une association locale. Je parraine des écoles, je participe aussi à quelques conférences. Car mon objectif, c’est de pouvoir partager et transmettre. Je n’aime pas ce mot, mais la Martinique veut faire de moi un “modèle” pour tous les jeunes qui sont désœuvrés.

 

Pourquoi tout cela vous touche à ce point ?

Parce que je suis issu d’une famille très modeste. J’ai grandi en Martinique, à la campagne. J’ai quitté l’école assez tôt, parce que je n’aimais pas ça. Je ne me sentais pas suivi. A l’école, j’étais plutôt un rêveur. Et beaucoup de mes professeurs pensaient que j’allais me retrouver en situation d’échec. J’ai eu une enfance professionnelle difficile. J’ai d’ailleurs failli abandonner plusieurs fois.

 

Pourquoi ?

Parce que j’ai rencontré tellement de méchanceté et de cruauté… Même si je suis français, on ne m’avait jamais vraiment donné le sentiment de me sentir chez moi. Et puis finalement, je suis devenu chef en Belgique.

 

Pourquoi pas en France ?

Parce que la France ne m’a jamais vraiment donné cette possibilité. Ensuite, Monaco m’a véritablement aidé à grandir. Et aujourd’hui, tout est plus facile.

C’est donc un juste retour des choses pour vous ?

Je ne suis ni dans la rancœur, ni en train de prendre une revanche. J’ai appris à devenir le cuisinier qui avait toujours rêvé de ressembler à ces cuisiniers qui parlent de partage et de transmission.

 

Pourquoi ouvrir un restaurant en Martinique ?

Aujourd’hui, j’ai beaucoup eu grâce à Monaco. Et désormais, je veux redistribuer ce que j’ai eu à mon pays, la Martinique. Or, en 2013, un ami martiniquais, Geoffroy Marraud des Grottes, m’a proposé de financer l’ouverture d’un restaurant à mon nom dans l’un de ses hôtels, à Fort-de-France, la capitale de la Martinique. J’ai engagé une réflexion. De mon côté, je souhaitais que l’association que je soutiens, L’Espérance patronage Saint-Louis, ne sois pas oubliée dans ce projet.

 

Que fait cette association ?

Cette association vient notamment en aide aux jeunes défavorisés, en créant des filières, dont des CAP cuisine par exemple.

 

La Martinique souffre ?

Je ne veux pas que l’on voit la Martinique uniquement sous cet angle, mais là-bas le taux de chômage est d’environ 20 %. Et la délinquance et la drogue posent de vrais problèmes. Donc le moteur de ce projet, ce n’est pas l’argent. Le moteur, c’est le partage, c’est la formation et la transmission d’un savoir. Je voulais donc avoir la possibilité d’embaucher des jeunes martiniquais dans ce restaurant.

Il existe un vrai potentiel inexploité en Martinique ?

Absolument. La cuisine caribéenne ne se limite pas aux accras de morue et au boudin. C’est un cliché que je ne peux plus supporter. Je me sens le devoir d’être un ambassadeur de mon île que j’aime par dessus tout. Ça me fait mal de voir des gamins martiniquais qui ont décroché un BTS ou un CAP en cuisine se limiter à faire du poisson grillé avec une timbale de riz, alors qu’ils pourraient faire mieux et plus.

 

Il y a combien de salariés dans votre restaurant ?

Pour le moment, ils sont 11 en cuisine, avec l’équipe chargée de la pâtisserie. En salle, ils sont trois pour gérer les 24 couverts du restaurant qui s’appelle La Table de Marcel. Pour la partie bistro, ils sont deux. En tout, il y a une vingtaine de salariés, dont 4 européens. Le reste, ce sont des locaux. On prendra aussi des stagiaires.

 

C’est vraiment possible de faire travailler des jeunes et de viser une cuisine gastronomique de très haut niveau ?

Oui et j’en suis l’exemple même. C’est à moi de gommer les doutes que ces jeunes peuvent avoir. Bien sûr, c’est difficile. Mais je vais essayer de rallumer la flamme. D’ailleurs, j’ai décelé chez certains la volonté de faire de gros efforts.

 

Qui seront les jeunes prioritaires ?

On prendra aussi et surtout les meilleurs jeunes sortis d’écoles hôtelières ou d’apprentissage. Et on fera aussi appel à quelques jeunes en insertion. L’insertion a un côté péjoratif. Je suis pourtant passé par l’insertion et je n’en ai pas souffert. Mes grands-parents m’ont beaucoup apporté, à ce moment-là, y compris en ce qui concerne la cuisine.

Ça ne vous fait pas peur de confier votre nom et votre réputation à des jeunes, qui ne sont pas forcément très expérimentés ?

Sur place, j’ai un chef en qui j’ai toute confiance : Lindley Lanappe. Il est originaire de l’île Maurice et il a travaillé 10 ans avec moi. C’est un cuisinier très exigeant. Pendant ces 10 années, il a connu une progression fulgurante. Lui aussi vient d’un milieu modeste. Nous sommes tous les deux les exemples vivants qui démontrent que oui, c’est possible. On peut y arriver.

 

La décision de lancer ce restaurant a été prise quand ?

Les premiers contacts avec Geoffroy Marraud des Grottes remontent à trois ans, mais ça fait deux ans que je réfléchis sérieusement à comment bâtir ce projet. Une fois la décision prise, on a fait des travaux. Et on ouvre La Table de Marcel le 10 juin. Bref, on voit bien que si ma cuisine peut parfois être basée sur de l’instinct, je ne fais rien sur un coup de tête.

 

En quoi ont consisté les travaux ?

Le restaurant n’existait pas, il a donc fallu tout créer de A à Z. J’ai été associé à la décoration de ce restaurant, mais aussi aux arts de la table. Nous avons travaillé avec l’architecte Didier Lefort. On a misé sur un style très contemporain. Nous avons fait appel à des entreprises martiniquaises, mais aussi italiennes.

 

Combien a coûté ce restaurant ?

Je n’ai pas cherché à le savoir. C’est d’ailleurs un point que l’on a pas abordé, parce ce qu’on n’a pas voulu parler d’argent. Mais je sais que ça a coûté très cher.

 

D’où viennent les produits servis à la Table de Marcel ?

On travaille avec de petits producteurs locaux : des maraichers, des fermiers… J’ai par exemple pu rencontrer là-bas un fermier qui a relancé un élevage de cochons sauvages, qui est aujourd’hui une activité en voie de disparition. Avec le chef Lindley Lanappe, on aimerait contribuer à remettre toute une filière en ordre de marche. Ça prendra du temps et ce ne sera pas simple. Mais on veut démontrer qu’on peut aussi faire du sur-mesure en Martinique, sans que tous les produits ne viennent de métropole.

 

Quelle cuisine est proposée à la Table de Marcel ?

Une cuisine basée sur le rythme des marchés. Alain Ducasse a inventé un mot qui correspond à ce que je veux mettre en place : la naturalité. Je ne veux pas qu’on retrouve ce que je fais à Monaco en Martinique. Je veux proposer autre chose.

 

Des exemples ?

Un loup des Caraïbes qui n’a pas la même chair, ni la même texture que le loup de Méditerranée. Côté viandes, on a de la volaille, du cochon et de l’agneau. On ne fait pas de bœuf, car il n’y en a pas en Martinique.

 

Les tarifs ?

Je veux que le plus de Martiniquais possible puissent venir manger à la Table de Marcel. A midi, on a un menu issu de la carte à 56 euros. Et le soir, le menu, toujours issu de la carte, est proposé à 75 euros. Ce menu est construit autour de quatre entrées, deux poissons, deux viandes et trois desserts.

 

Quels types de vins vous proposez ?

On a imaginé notre livre de cave avec notre sommelier. Avec un système de dépôt-vente pour les plus grandes bouteilles de vin, comme des Châteaux Margaux ou des Châteaux d’Yquem par exemple. On applique une marge et on reverse ensuite au caviste le reste. Ce qui nous permet de ne pas avoir de stocks.

 

Vous misez aussi sur le rhum ?

On a les meilleurs et les plus beaux rhums de Martinique : du JM en rhum vieux, du rhum Clément millésime 1970 et 1976 qui sont exceptionnels, le rhum blanc Neisson, le Bally, le Depaz…

 

Vos rhums préférés ?

Le Depaz et le JM, avec un bon cigare… Enfin, on sert aussi notre rhum arrangé.

 

Vos objectifs avec ce restaurant ?

La Table de Marcel sera une réussite le jour où ces jeunes à qui j’ai décidé de faire confiance, prendront à leur tour des postes à responsabilité. Si quelques-uns ouvrent un petit bistro contemporain en Martinique, ce sera une belle victoire aussi. Car cela permet de remettre la restauration en marche à la Martinique. En effet, il y a aujourd’hui davantage de fast-food que de restaurants ! La première chose que l’on voit en arrivant à l’aéroport Aimé Césaire, c’est un Burger King… Et après, on s’étonne que l’obésité augmente en Martinique…

 

Vous visez une étoile au guide Michelin ?

Sans parler d’étoiles, j’aimerais que la gastronomie martiniquaise soit enfin reconnue. Pourquoi la gastronomie japonaise est plébiscitée et pas celle de Martinique ? Pourtant, grâce à son passé compliqué et controversé, la Martinique est le berceau de l’universalité gastronomique.

 

Vraiment ?

Oui, car chacun est venu avec sa culture : Indiens, Libanais, Chinois, Hollandais, Espagnols, Français, Portugais, Italiens… C’est à travers ça que j’ai compris que je devais me diriger non pas une cuisine fusion, mais une cuisine plurielle.

 

Vous avez déjà une étoile Michelin au Monte-Carlo Bay, donc les inspecteurs du Michelin iront certainement visiter la Table de Marcel ?

Je ne sais pas. Mais si je peux être seulement l’instigateur de leur curiosité, ce sera déjà très bien. Que ce soit pour le Michelin ou pour d’autres.

 

D’un point de vue économique, ce restaurant doit atteindre quel chiffre d’affaires pour être à l’équilibre ?

Ce restaurant est aussi une entreprise. Il doit donc être géré. On fait évidemment très attention aux coûts. Lindley Lanappe occupe sa première place de chef exécutif : je veux qu’il se forme aux contraintes budgétaires, parce que ça fait partie de notre métier. Mais je n’ai pas de pression particulière. Même si, on doit bien sûr faire du chiffre d’affaires et dégager un bénéfice.

 

Et si La Table de Marcel dégage un bénéfice, que deviendra cet argent ?

Une partie des bénéfices seront reversés à l’association Espérance que je soutiens.

 

Vous avez assez de temps pour suivre la Table de Marcel, en plus du Monte-Carlo Bay ?

J’irai en Martinique uniquement sur mon temps de vacances. Parce que je suis très attaché à ce que je fais ici, à Monaco. Je ne mettrai donc jamais en péril mon travail en Principauté pour ce restaurant en Martinique.

 

La SBM vous laisse mener ce projet à votre guise ?

Un accord a été trouvé au terme de très longues discussions, parce que c’est un projet qui repose sur du lien social. De plus, ce restaurant porte mon nom, mais il n’est pas à moi.

 

Quand ferez-vous un premier bilan ?

Même si c’est court, je me donne un an avant de faire un bilan. Si ce bilan était négatif, il se pourrait que j’arrête. Dans les 6 mois à venir, c’est à moi de faire en sorte que les gens comprennent bien ce que nous faisons. En revanche, si ça marche, on pourrait réfléchir à l’ouverture d’autres restaurants similaires.

 

(1) La Table de Marcel, à Fort-de-France (Martinique). Renseignements et réservations au 0596 50 22 22 ou 0596 50 23 02. Email : restauration@hotel-simon.com.

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« C’est compromis »

Wed, 2016-06-15 13:47
Thierry Crovetto, président de la commission législation du Conseil national, annonce à Monaco Hebdo que l’étude du projet de loi sur la sécurité intérieure espérée fin juin est menacée.

Le projet de loi sur la sécurité intérieure est un texte important pour Monaco ?

Nous avons évidemment conscience de l’importance de ce texte qui a pour but de moderniser et d’encadrer les pratiques liées à la sécurité nationale, ainsi que de lutter contre le terrorisme. Mais nous ne souhaitons pas voter cette loi sur la sécurité nationale les yeux fermés, ni faire un chèque en blanc au gouvernement !

 

Quel est le problème ?

Début avril, le ministre d’Etat s’est engagé à communiquer à la haute assemblée le contenu des textes d’application, les arrêtés ministériels, « d’ici la fin du mois d’avril ».

 

Et où en est-on ?

Malgré nos relances nous n’avons encore rien ! Or, la teneur de ces arrêtés ministériels est indispensable pour bien comprendre la portée de la loi et pour l’étudier correctement. Nous les attendons donc pour avancer. C’est pour cela que le vote de la loi d’ici la fin du mois nous parait compromis.

 

C’est un texte polémique (1) ?

Il faut conserver un juste équilibre entre la sécurité nationale et les libertés individuelles. C’est dans ce sens que nous souhaitons faire évoluer, à la marge, ce texte. Mais pour le moment, le gouvernement semble s’arcbouter sur ses positions. Pour l’instant, on ne voit pas bien la politique du pas vers l’autre…

 

Vous souhaitez voter ce texte ?

Oui, c’est mon souhait, c’est aussi celui de la commission et de la majorité du Conseil national. Nous voulons voter ce texte. C’est important pour Monaco. Mais c’est une loi qui engage l’Etat et notre pays. Notre responsabilité est grande. Et nous l’assumerons.

(1) Lire les réactions publiées dans notre dossier spécial, dans Monaco Hebdo n° 966.

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Shipping : bientôt un pavillon monégasque ?

Wed, 2016-06-15 13:42
L’industrie du shipping à Monaco est confrontée à la concurrence de plus en plus forte de Singapour, Dubaï, Chypre ou encore Londres. Quelles sont les forces et les faiblesses de ce secteur qui emploie près de 1 000 personnes en Principauté ?

Difficile d’imaginer ce qui se passe au large… Et pourtant, plus de 50 000 navires et cargos sillonnent quotidiennement les mers du monde avec, à leur bord, des tonnes de containers ou de pétrole. Depuis les années 70, le transport maritime connaît un essor considérable. A tel point qu’aujourd’hui 90 à 95 % des marchandises transportées dans le monde le sont par voie maritime… Ce que l’on sait sans doute encore moins, c’est qu’à Monaco aussi, le transport de personnes et de marchandises par voie maritime (1) est un secteur-clé de l’économie monégasque. Selon les chiffres livrés par la chambre monégasque du shipping (CSM), ce secteur qui emploie près de 1 000 salariés en Principauté, représente un chiffre d’affaires d’environ 180 millions d’euros et plus de 4 % du produit intérieur brut (PIB) du pays.

 

Fiscalité

« Nous couvrons toutes les exigences du transport maritime : de l’armement à la gestion de navires, aux services gravitant autour, comme les avocats spécialisés en droit maritime, les experts techniques, les courtiers, les agents maritimes et autres services portuaires », indique Alexandre Albertini, le vice-président de la CSM. Pour connaître les forces et les obstacles de ce secteur à Monaco, les professionnels ont décidé de commanditer une étude. Dévoilée au Yacht Club le 17 mai dernier, celle-ci révèle que la principale raison qui poussent les entreprises de shipping à s’installer à Monaco est « l’environnement fiscal ». Viennent ensuite la stabilité économique du pays, mais aussi sa situation géographique. « Monaco est également au centre du monde au niveau des fuseaux horaires, et sa proximité avec un aéroport international en font un lieu d’où il est facile d’opérer. Le climat et la présence d’autres acteurs maritimes de renom sont également des facteurs importants », rajoute Alexandre Albertini.

 

“Shipping tower”

En revanche, plusieurs facteurs inhérents à Monaco freinent le développement de ce secteur. Sans surprise, le manque de locaux en est un. Tout comme le coût des bureaux. « Nos compagnies occupent près de 20 000 m² de bureaux à Monaco et 25 % d’entre elles souhaiteraient augmenter ces surfaces entre 50 et 200 m² si la possibilité leur était offerte. Pour notre développement, les locaux posent donc un énorme problème », regrette Alexandre Albertini. Le secteur souhaiterait même qu’une “shipping tower”, c’est-à-dire une tour de bureaux dédiée au shipping, soit construite… Une proposition noyée illico par le ministre d’Etat, Serge Telle : « Evidemment, comme beaucoup d’acteurs économiques à Monaco, vous avez un problème d’exiguïté du territoire et donc de bureaux. Un des grands projets du gouvernement est, vous le savez, de reconstruire la ville sur la ville. On va s’employer à vous aider, mais cela ne se fera pas, malheureusement, par la construction de la tower shipping que vous appelez de vos vœux. Je ne vois pas comment on pourrait construire une tour supplémentaire de bureaux, même si économiquement, nous en aurions besoin. »

 

« Pays à risques »

Autre frein : le shipping a beaucoup de mal à attirer et à embaucher localement du personnel qualifié. « Ce sont des postes très techniques. Nous sommes donc souvent contraints de recruter à l’étranger, explique Alexandre Albertini. Mais c’est une démarche compliquée et coûteuse. Et pour les salariés concernés, c’est toujours délicat de quitter leur pays d’origine. » Toujours selon cette étude, l’autre obstacle majeur que rencontre le shipping monégasque est l’image de Monaco dans le paysage économique international. En particulier, en matière de transferts bancaires. « Malgré le fait que la Principauté soit dans la liste blanche de l’OCDE, certaines banques mondiales n’ont pas mis à jour leur copie et considèrent que Monaco est encore un pays à risques », précise Alexandre Albertini.

 

Pavillon

Pour dynamiser le secteur, les professionnels du secteur ont donc fait leur propositions. Parmi elles : créer une taxe sur le tonnage des navires exploités par les entreprises monégasques. « Je peux vous dire assez directement que cela ne va pas se faire, a toutefois répondu le ministre d’Etat, car cela dépend de mes amis français et de l’Union européenne (UE). » En revanche, dans la foulée, Serge Telle a indiqué que la création d’un pavillon commercial monégasque sera bel et bien étudiée : « C’est certainement une idée à creuser, car elle pourrait être très utile pour Monaco. En termes de souveraineté et d’image, je trouverais particulièrement agréable de voir le pavillon monégasque sur toutes les mers du monde. Le gouvernement s’emploiera avec nos collègues français à faire avancer les choses. » A suivre.

(1) Le yachting et la plaisance ne font pas partie de l’industrie du shipping.

 

Impôt sur le revenu : « Rien ne justifierait qu’on l’instaure » « Les acteurs du shipping s’installent à Monaco tout d’abord pour des raisons fiscales… Vous n’êtes pas les seuls ! Personnellement, je ne suis pas concerné, mais c’est une très bonne raison. Je le dis sans ironie, car cette situation fiscale à part en Europe, et probablement dans le monde, fait de Monaco un endroit exceptionnel. » Cette petite déclaration émane du ministre d’Etat, Serge Telle, lors du cocktail organisé le 17 mai par la chambre monégasque du shipping (CSM). Et le ministre d’Etat d’ajouter : « On va s’employer avec le Prince et le gouvernement à ce que cette situation dure le plus longtemps possible. Même si, comme vous pouvez l’imaginer, cela ne dépend pas que de nous. En tout cas, compte tenu des excédents budgétaires et compte tenu du fait que nous n’avons pas de dette, rien aujourd’hui ne justifierait que l’on instaure un impôt sur le revenu des personnes physiques en Principauté. » S.B.

 

 

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« Entretenir la flamme “Monte-Carlo” »

Wed, 2016-06-15 13:40
Pour célébrer les 150 ans de la création du quartier de Monte-Carlo, les archives audiovisuelles de Monaco et les archives du palais organisent le 22 juin à l’opéra Garnier une ciné-conférence intitulée L’invention de Monte-Carlo. Pendant deux heures, le public pourra découvrir l’histoire, l’évolution mais aussi les controverses, liées à ce quartier mythique créé en 1866 par le Prince Charles III. Les explications de Vincent Vatrican, directeur des archives audiovisuelles.

Quelles sont les raisons qui ont poussé le prince Charles III (1818 – 1889) à créer en 1866 le quartier de Monte-Carlo ?

Les raisons sont avant tout économiques. En 1848, la perte de Menton et de Roquebrune a réduit le territoire monégasque d’environ 80 % et a entraîné une diminution de sa population de près de 90 %. Il fallait donc trouver de nouvelles ressources économiques pour survivre et pour que le pays puisse se développer… Conseillé par sa mère la princesse Caroline, le prince Charles III décide alors de transformer Monaco en un lieu de villégiature et de loisirs sur le modèle des villes d’eaux allemandes et belges, où les jeux de hasard rencontraient un succès grandissant.

 

Au fil des décennies, ce quartier s’est totalement métamorphosé et a attiré toute la haute société européenne…

En l’espace de 40 ans, le plateau des Spélugues — presque désert en 1860 — devient en effet au tournant du XXème siècle, la capitale mondiale de l’élégance, des jeux, de l’art et du sport. Au cours de la ciné-conférence nous allons bien sûr montrer les établissements emblématiques de Monte-Carlo et leurs transformations : l’Hôtel de Paris, le Café de Paris — qui s’est d’abord appelé le café Divan — les Thermes, ou encore l’éphémère Palais des Beaux-Arts. On rappellera également que la condition sine qua non de la réussite de cette “entreprise” est passée par le désenclavement de Monaco, que l’on doit, là encore, aux princes de Monaco. Avec notamment la construction de la route du littoral et de la ligne de chemins de fer Paris-Lyon-Méditerranée (PLM) qui rejoint Monaco, puis Monte-Carlo en 1868.

 

La ciné-conférence aura également une dimension culturelle ?

Les activités sportives et culturelles qui ont contribué à la distraction d’une société cosmopolite, avide de distractions nouvelles, seront bien sûr évoquées. Le public découvrira notamment les courses de canots automobiles, le tir aux pigeons, les concours d’élégance automobile, ou encore les débuts de l’art lyrique à Monte-Carlo…

Pourquoi avoir appelé cette ciné-conférence L’invention de Monte-Carlo ?

Nous avons choisi le terme « invention » car au-delà de la simple création d’un quartier, Monte-Carlo est d’une certaine façon, un concept. Dans le sens où, au fil des décennies, il a fallu entretenir la flamme “Monte-Carlo”, trouver de nouvelles idées pour perpétuer cet élan et assurer à ce patronyme une renommée internationale. Tout est une question d’image.

 

A sa création, le Casino a suscité de nombreuses critiques ?

Dès son ouverture à Monte-Carlo en 1863, le Casino a connu un succès considérable. A l’époque, les jeux étaient interdits en France. Par le biais de journaux satiriques comme L’Assiette au beurre, ou de cartes postales, Monte-Carlo était en effet l’objet de toutes les critiques. En France, les nationalistes et des anarchistes se déchaînaient.

 

Pourquoi ces critiques ?

On pointait du doigt le fait que le pays ne devait sa richesse qu’aux jeux. Tous les amalgames étaient permis. Monte-Carlo était considéré comme un lieu immoral. Le Prince Albert était l’objet de critiques extrêmement virulentes, en raison de sa germanophilie, ce qui, dans le contexte politique français était mal vu. Des amalgames d’une violence inouïe ont été faits à l’époque. C’est la légende noire de Monte-Carlo. Et bien sûr, nous en parlerons.

 

Le quartier de Monte-Carlo a très souvent servi de décor au cinéma…

Le 7ème art s’est en effet très tôt emparé du décor de Monte-Carlo pour de nombreux films. On le sait peu, mais dès 1897, un concours de photographies dans lequel est intégré une section “Monaco vivant par les appareils cinématographiques”, est organisé par la Société des bains de mer (SBM) qui a la juste intuition que cette invention peut servir son image. Presque tous les films de fiction qui se déroulent en Principauté, comportent au moins une scène tournée à Monte-Carlo. Dans les années 60, on dénombre jusqu’à 10 tournages de film par an à Monte-Carlo. C’est la magie, le rêve. Mais le cinéma n’est pas le seul à s’intéresser à Monte-Carlo.

 

Quels autres supports s’y intéressent ?

Les actualités, le film amateur, le film de propagande, la télévision, la publicité… Chaque média a une façon différente de parler de Monte-Carlo, de représenter le phénomène “Monte-Carlo”. Nous montrerons à ce propos des archives étrangères totalement inédites.

Le public découvrira aussi les célébrités qui ont défilé au Casino ou à l’hôtel de Paris ?

Le public retrouvera évidemment les célébrités qui ont fait les grandes heures de Monte-Carlo. Mais notre objectif n’est pas de s’attarder sur le glamour, le jeu ou le luxe. Ni de donner dans la nostalgie. Notre objectif est, au contraire, de regarder les choses avec du recul, d’analyser les faits et de les remettre dans une perspective historique. Il y a ce qui se voit, et ce qui se voit moins.

 

Qu’est-ce que l’on voit moins ?

Par exemple, Monte-Carlo a longtemps été une destination privilégiée de certains hommes d’état. C’était le cas de Gustave V de Suède (1858-1950) dans les années 30, de Winston Churchill (1874-1965) dans les années 50, qui avait une suite à l’hôtel de Paris. Il y séjournait presque incognito. À l’abri des caméras, ou presque.

 

Le patronyme “Monte-Carlo” a toujours eu un écho international ?

Le patronyme Monte-Carlo était en effet systématiquement associé à des événements auxquels on voulait donner une dimension internationale. Né en 1961, le festival de télévision a pris le titre de festival international « de Monte-Carlo » et non pas « de Monaco ». Sans doute parce qu’au début, tout se passait à l’ancien Sporting d’hiver.

 

Il y a aussi le festival du cirque…

Effectivement. Ce festival créé en 1974 se déroule sous le chapiteau de Fontvieille. Et pourtant, cet événement international porte aussi le patronyme de Monte-Carlo. Sans doute parce que “Monte-Carlo” est un nom connu du monde entier. Dans l’histoire, il y a eu un glissement d’image. Lorsqu’en 1956, le Prince épouse Grace Kelly, actrice de cinéma, Monaco est en pleine reconstruction. Ce mariage, le plus médiatisé du moment, a donné un élan nouveau à la Principauté. D’un seul coup, tous les projecteurs se sont tournés vers Monaco. L’image a changé.

 

Les derniers projets immobiliers de la SBM seront évoqués ?

Ce n’est pas notre rôle de commenter l’actualité. Si ce n’est de constater que Monte-Carlo n’a cessé au cours de son histoire de repenser son modèle économique et de moderniser ses infrastructures. Un nouveau cycle commence. C’était inévitable. Pour le reste, la polémique est stérile. Fallait-il détruire le Sporting d’Hiver ? On a dû dire la même chose pour le Palais des Beaux-Arts, qui a été détruit prématurément en 1929, après seulement 47 ans d’existence. Ce temps n’est pas encore celui de l’histoire.

 

Les archives qui seront dévoilées lors de la ciné-conférence s’étendent sur plusieurs siècles ?

Nous allons dévoiler des documents iconographiques, notamment des cartes, des gravures, des plans topographiques et des lithographies datant de 1602 à 1862. Ces documents permettent de se représenter ce qu’était Monte Carlo avant Monte-Carlo. Nous avons aussi fait appel aux collections photographiques des archives du palais, mais aussi à celles de la SBM et du fonds régional de la mairie de Monaco. Avec l’arrivée du cinématographe à la Belle Époque, nous poursuivrons notre chronologie grâce à des archives filmées, pour montrer comment le succès de Monte-Carlo a perduré durant tout le XXème siècle, dans un savant équilibre entre tradition et modernité.

L’invention de Monte-Carlo, ciné conférence en présence du Prince Albert II. Le 22 juin à 18h à l’opéra Garnier. Tarif : 10 euros. Renseignements : 98 06 28 28 et sur www.toutlartducinema.mc. Commentaires assurés par l’historien Thomas Fouilleron et Vincent Vatrican.

 

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Le CREM fête ses 6 ans

Wed, 2016-06-15 13:37
Ouvert le 1er juin 2010, le Club des résidents étrangers de Monaco (CREM) vient de célébrer ses six années d’existence. 420 membres de 45 nationalités différentes s’y côtoient. Plus de 800 évènements ont été organisés depuis 2010.

Quand Louisette Levy-Soussan, sa présidente, a pensé à ce club, elle l’imaginait comme une maison pour les résidents de la Principauté. « Le CREM reste avant tout un club, un lieu, une maison, insiste Maryline Pierre, la directrice. Un seul mot d’ordre : la convivialité. » Au 1er juin 2016, ce club installé au Cipriani comptabilise 420 membres de 45 nationalités différentes. Des Italiens, des Anglais, beaucoup de Belges, et bien d’autres. « Il y a 126 nationalités représentées parmi les résidents monégasques. Le challenge reste donc entier. » En six ans, 800 activités ont été proposées aux membres, « des gros événements aux petits rendez-vous ». « Il n’est pas toujours facile de se faire son réseau quand on arrive dans un nouvel endroit. Notre objectif est de faire se rencontrer les gens », résume Maryline Pierre. L’anniversaire de ce club privé a été fêté en présence des membres et des partenaires à l’héliport le 2 juin.

« Si vous voulez réunir toutes les personnalités, faites les boire », plaisante la directrice du CREM, Maryline Pierre. Mais luxe oblige, ce ne seront que des grands crus qui seront proposés. @ CREM

Partenariats

La moyenne d’âge des membres a évolué, car le profil des résidents a beaucoup changé. Au CREM, la moyenne d’âge est située entre 30 et 40 ans et on apprécie surtout les événements autour du business et du sport. L’équipe du CREM a donc dû s’adapter à ces demandes. « Il faut proposer des nouveautés pour que nos membres restent fidèles », concède la directrice. Depuis le mois de mars dernier, le club bénéficie d’un site internet repensé. Le club a aussi développé des partenariats avec d’autres clubs huppés européens. Le premier s’est concrétisé avec le George Club de Londres. « Nos membres voyagent énormément. Notre objectif est de trouver de quoi les réjouir pendant qu’ils sont à l’étranger. Dans d’autres clubs, ils peuvent retrouver l’ambiance du CREM », estime Maryline Pierre. Des partenariats avec les clubs de Berlin, Luxembourg et Venise sont en cours d’élaboration.

 

Animation

D’autre part, le bel espace monégasque du CREM bénéficiera dès septembre de sa propre cave à vin. « Si vous voulez réunir toutes les personnalités, faites les boire », plaisante la directrice. Mais luxe oblige, ce ne seront que des grands crus qui seront proposés. « Le challenge, c’est de faire comprendre aux membres qu’ils peuvent profiter de nos locaux pour des rendez-vous loisirs mais aussi professionnels. Les clubs ont un esprit très anglo-saxon que Monaco, de culture plus latine, n’a pas encore. » Ouvert du lundi au vendredi de 14h à 21h, le CREM est aussi bien un lieu où l’on peut « profiter d’un coin cheminée en hiver, venir découvrir les dernières actualités de la presse internationale et locale, faire des rendez-vous en toute tranquillité et confidentialité, prendre un café, un thé ou un apéritif, jouer une partie de backgammon ou encore profiter du billard ». En juillet, les membres bénéficieront d’une visite guidée de l’exposition d’été du Grimaldi Forum, mais aussi d’un dîner d’été, ou encore de la privatisation du bateau bus pour assister au concours international pyro-mélodique. En septembre, brunch dominical, vernissage d’exposition, soirée à thème, conférences diverses, randonnée, et même un week-end à Bordeaux sont déjà programmés.

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Cinq innovations au service de la santé

Wed, 2016-06-15 13:35
Le salon Connected Health Monaco s’est tenu au Grimaldi Forum le mardi 31 mai et mercredi 1er juin. En marge de conférences sur les évolutions médicales, c’était aussi l’occasion de présenter des nouveautés technologiques autour de la santé. Monaco Hebdo a sélectionné cinq de ces innovations qui sont aux portes de notre quotidien.

Rendez-vous

Prendre un rendez-vous en ligne avec MonDocteur

Faciliter l’accès à la santé et simplifier le quotidien des patients comme des praticiens, c’est l’objectif du portail de prise de rendez-vous en ligne MonDocteur, lancé en juin 2013. Pour son troisième anniversaire, la plate-forme peut se targuer d’être présente auprès de plus de 5 500 médecins et spécialistes dans 250 des principales villes de France. Et enregistre une prise de rendez-vous toutes les trois secondes… Dans la région, MonDocteur est notamment présent à Nice ou à Cannes. Au forum Connected Health Monaco, Clément Gardette, responsable développement Paca, est venu convaincre et conquérir le milieu médical avec des objectifs ambitieux. Actuellement, MonDocteur représente 40 % du marché des praticiens équipés d’un dispositif de prise de rendez-vous en ligne, mais seulement 2 % des quelque 500 000 médecins sur le territoire. La start-up mise sur 20 % d’ici 2018… soit dix fois plus. Pour ce faire, le portail web annonce doubler ses effectifs pour atteindre 10 millions de rendez-vous mensuels d’ici décembre 2016… et loue son évolution constante. Communication facilitée entre les médecins et leurs patients, accompagnement des professionnels de santé parfois isolés dans des territoires, agenda disponible instantanément pour les praticiens… MonDocteur doit, en plus de ces services, prochainement dévoiler de nouvelles fonctionnalités.

 

Cœur

Des défibrillateurs connectés pour le domicile

Lors d’un arrêt cardiaque, le délai d’intervention est crucial. Chaque minute qui s’écoule, c’est 10 % de chances de survie en moins. Conscient qu’il est vital d’intervenir dans les quatre premières minutes, Lifeaz a conçu le premier défibrillateur connecté destiné au grand public. « Lifeaz se place là où il doit être, c’est-à-dire au domicile des particuliers, où près de 80 % des arrêts cardiaques ont lieu », plaide la jeune entreprise. En équipant les foyers, il pourrait réduire drastiquement la mortalité par arrêt cardiaque. Grâce à cette invention, actuellement en cours de développement, cette start-up fait partie des dix vainqueurs du concours « coup de cœur du jury » de Connected Health Monaco. Connecté, l’appareil détecte la moindre anomalie — problème de batterie ou d’électrode — et alerte la start-up. Un simple bouton enclenche un guide vocal ; il analyse le rythme cardiaque et décide s’il faut réanimer la victime. « Aucun risque d’empirer la situation », assure Lifeaz. Pour que le défibrillateur voit le jour, une campagne de financement participatif a été lancée sur Ulule, et à déjà dépassé son premier objectif : 15 000 euros pour la finalisation du deuxième prototype. Deuxième étape : 40 000 euros, qui permettraient de réaliser les tests de certification afin d’être commercialisé. Et avec le double, c’est la mise en place de la première ligne de production qui est assurée.

 

Surdité

Être averti de ce qu’il se passe quand on n’entend plus

C’est l’un des dix lauréats du concours Connected Health Monaco 2016. Développé par une start-up azuréenne, Smart Ear transforme en quelque sorte le téléphone portable en oreille pour les personnes sourdes ou malentendantes. Et en France, ils sont plus de cinq millions, notamment les personnes âgés, à souffrir de déficiences sonores. Le concept est simple : le dispositif capte constamment tous les bruits au sein de l’habitat. Dès que Smart Ear repère l’un des vingt sons pouvant être pré-enregistrés — sonnerie de la porte, minuteur du four, appel téléphonique, alarme incendie… —, il va faire vibrer le smartphone et afficher sous forme de texte l’alerte correspondante. Et allume en même temps un témoin lumineux sur le module Smart Ear. L’application, gratuite et sans publicité, peut aussi retranscrire en temps réel tout ce que dit un interlocuteur en s’appuyant sur la technologie de saisie vocale du téléphone. L’entreprise a également lancé See for Ear, le petit frère de Smart Ear : des dispositifs de couleurs différentes qui peuvent être associés à un son, et qui permettent ainsi à la personne atteinte de surdité de voir l’alerte, et ainsi de l’identifier instantanément.

 

I.A.

Premiers conseils pour symptômes simples

Elle s’appelle Lucie. Véritable intelligence artificielle avec laquelle on peut converser « en langage naturel », l’objectif de l’application smartphone Ask Lucie est de pouvoir prendre en charge « toutes les demandes de bobologie ». Créée par un médecin et un développeur, la version beta est sortie il y a deux mois. Elle permet d’apporter à l’utilisateur une « réponse fiable et pragmatique » grâce à « une interaction comme avec un médecin », assure le créateur Leonardo Uribe. Pourtant, Lucie ne s’y substitut pas. L’assistante médicale intelligente ne se permet pas d’émettre de diagnostic en fonction des symptômes décrits. « On ne peut par exemple pas dire qu’il y a 70 % de chances que ce soit une gastro et 30 % autre chose », décrypte le directeur. « On va dire que, par rapport aux symptômes, ça ne semble pas grave, et qu’il faut faire telle chose [comme prendre du paracétamol et surveiller sa température si l’on décrit de la fièvre, N.D.L.R.], ou que si ça semble grave, de consulter un docteur. » Sur demande, Ask Lucie propose une réponse vérifiée par un médecin. À Connected Health, la start-up est l’une des lauréates du concours. « C’est un prix intéressant, qui nous permet de nous présenter sur le salon, et de rencontrer des investisseurs et d’autres start-ups », note Leonardo Uribe. Actuellement, Ask Lucie se consacre à « améliorer le fonctionnement du bot pour traiter au moins 50 % des demandes de manière automatisée, car des personnes surveillent derrière ». La deuxième étape sera de proposer du télé-conseil en “live” avec un médecin partenaire.

 

Vision

Dépister le diabète par des images de la rétine

Le diabète sucré engendre une atteinte de la rétine appelée rétinopathie diabétique. La start-up DreamUp Vision, dirigée par le docteur Ekaterina Besse, vise à automatiser la détection de cette maladie sur des images de fonds d’œil grâce aux technologies de reconnaissance d’images les plus avancées. Et ainsi d’aider les ophtalmologistes à détecter au plus tôt cette rétinopathie diabétique, même dans ses premiers stades. La détérioration des vaisseaux sanguins de la rétine entraîne une perte progressive de la vision. Aux États-Unis, le diabète est l’une des principales causes de cécité chez l’homme avant 70 ans, et des lésions rétiniennes sont retrouvées chez près d’un tiers des diabétiques adultes, notamment de sexe masculin. DreamUp Vision mise sur la démocratisation du dépistage de cette maladie en incluant dans la chaîne de diagnostic d’autres professionnels tels que les médecins généralistes, tout en conservant l’ophtalmologue au centre du traitement. En permettant au plus grand nombre de personnes atteintes de diabète de pouvoir être contrôlées très tôt, c’est aussi des coûts en moins. « La prise en charge d’un patient atteint de rétinopathie diabétique aux stades précoces de la maladie ne nécessite pas de traitement coûteux », prône la jeune pousse. Également lauréat de l’édition 2016, DreamUp Vision a pu présenter son innovation à Connected Health Monaco.

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Deux nouvelles mises en examen dans l’affaire Hélène Pastor

Wed, 2016-06-15 13:29

Nouveau rebondissement dans l’affaire sur l’assassinat d’Hélène Pastor. Francis P., un malfrat marseillais, ainsi qu’une avocate, Katarina Janowska, viennent d’être mis en examen a indiqué Nice-Matin le 7 juin. Cette dernière n’est autre que la nièce de Wojciech Janowski, principal suspect et gendre de la victime, soupçonné d’être le commanditaire à l’origine du double assassinat de la milliardaire et de son chauffeur Mohamed Darwich, le 6 mai 2014 devant l’hôpital L’Archet de Nice. Alors que Wojciech Janowski avait avoué en garde à vue, il était rapidement revenu sur ses aveux, rejetant l’entière faute sur son coach sportif, Pascal Dauriac. Une ligne de défense que devait justement confirmer le témoignage de Francis P. : prouver l’innocence du compagnon de Sylvia Pastor, en désignant le coach sportif comme seul responsable de ce double meurtre. Francis P. a connu Wojciech Janowski aux Baumettes, à Marseille, ainsi que Pascal Dauriac à la prison d’Avignon. La brigade de répression du banditisme a interpellé Katarina Janowska alors qu’elle tentait de déposer 23 000 euros en liquide dans un hôtel marseillais à disposition de Francis P. Un manège qu’elle aurait effectué à plusieurs reprises. Francis P. a été placé en détention provisoire. Il risque cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende pour faux témoignage. Remise en liberté sous contrôle judiciaire après sa garde à vue, l’avocate encourt trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende pour complicité de subordination de témoin. 

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