La semaine dernière le Tribunal correctionnel de Monaco examinait les pratiques locales de blanchiment d'argent de la Camorra napolitaine. Cette fois, les magistrats monégasques ont scruté des agissements identiques de la 'Ndrangheta calabraise avec l'affaire de son chef présumé, Massimiliano A.
Italian on trial for laundering drug money.Le sommet réunissant des chefs d’Etat à Cannes, qui se tiendra du 2 au 4 novembre, aura des répercussions dans tout le département des Alpes-Maritimes, jusqu’en Principauté. Les hommes de la Sûreté publique sont placés en alerte maximale. Une contre manifestation est en effet annoncée à Cap-d’Ail, à 10 heures, jeudi 3 novembre. Objectif affiché par les manifestants : «Rassemblement à la frontière monégasque contre les paradis fiscaux et judiciaires».
Ce n’est pas la première fois mais certainement la dernière : l’artiste contemporain ultra-coté Jeff Koons a déprogrammé l’exposition de ses œuvres qui était prévue au Grimaldi Forum l’été prochain. Comme l’an passé, le conseil d’administration du centre culturel doit donc trouver une solution de substitution de dernière minute. Pas facile, surtout en cette période de restrictions budgétaires. D’aucuns se demandent même si ce n’est pas l’occasion de créer une synergie avec le Nouveau musée national qui a des projets à profusion dans ses cartons. Et si le Grimaldi Forum accueillait une exposition Anish Kapoor, en contact aujourd’hui avec Marie-Claude Beaud, à la tête du NMNM ? Le plasticien britannique d’origine indienne, qui a exposé au Grand Palais cette année, devait en tout cas faire une visite des sites potentiels d’exposition. Ce qui comprend également le Grimaldi Forum.
Grimaldi Forum looking for artists to exhibit next summer.Les aficionados de Facebook le savent déjà : le mouvement politique Rassemblement & Enjeux organise un meeting politique le 23 novembre 2011 à 19h30… Salle du Canton. Un site qui nous prépare déjà à l’ambiance de la campagne des élections nationales 2013 puisque traditionnellement, c’est dans cette salle gérée par la mairie que se déroulent les meetings électoraux. Les rencontres de partis sont d’ailleurs à la mode : si l’UDM a décidé de faire régulièrement des cafés citoyens, l’Union pour la Principauté (UP), présidée par Anne Poyard-Vatrican, a décidé d’inviter ses adhérents le jeudi 20 octobre à 20h30 au restaurant La Chaumière, sur un sujet d’actualité : la transmission de la nationalité par mariage. Un nouveau texte de loi sur la question devrait être voté d’ici à la fin 2011.
Political parties organize pre-campaign meetings.© Photo Monaco Hebdo.
Par Carine Julia.
Une quarantaine de membres des syndicats Hôtels cafés restaurants bars de Monaco et des cuisiniers et pâtissiers de Monaco se sont rassemblés, avec le soutien de l’Union des syndicats de Monaco, le 18 octobre le long de la rue princesse Caroline. Ils étaient venus défendre non pas une mais deux salariées du Ni Hotel licenciées sans motif. Ils demandaient la réintégration de ces deux « victimes de l’article 6 de la loi 729 » (qui n’impose pas de motiver un renvoi) et protestaient aussi contre ce texte « qui nuit à l’image de Monaco » selon Olivier Cardot, membre du bureau fédéral de l’USM. Un autre motif de mécontentement a failli s’ajouter, selon les responsables de la manifestation. Il s’agit de l’interdiction du rassemblement lui-même, ce qui aurait constitué « une régression inédite à Monaco » estimait Claude Hourtic, secrétaire général adjoint du syndicat des cuisiniers. Finalement, les manifestants ont pu se poster en face de l’hôtel, afin de ne pas perturber la circulation.
Unions protest about 2 redundancies at Ni Hotel.© Photo Monaco Hebdo.
Les usagers de la gare de Monaco ont pris leur mal en patience lors du mouvement social des 10 et 11 octobre derniers, qui a sérieusement perturbé le trafic SNCF.Par Carine Julia.
Venir en principauté par le chemin de fer demandait beaucoup de patience les 10 et 11 octobre derniers. Côté TER, la journée nationale française d’action contre l’austérité a en effet été suivie à Monaco. Les salariés de la SNCF dénonçaient les mauvaises conditions de travail des contrôleurs, suite à l’agression de l’un d’eux le 6 octobre. Le service des TER en gare de Monaco était par conséquent très perturbé. Le trafic étant officiellement réduit au quart pendant ces deux jours. En tout, vingt trains de la ligne Les Arcs-Vintimille se sont arrêtés le 10 octobre dans la gare, sur les 105 habituels en semaine. Soit un vrai parcours du combattant pour les usagers, obligés parfois de se rabattre sur d’autres moyens de locomotion.
François Gamand habite Gattières, à l’ouest de Nice. Pour venir à son travail en intérim à Monaco, la route est longue : « Le problème a commencé dès le jeudi soir, le jour où un agent de la SNCF s’est fait agresser. Le train était bondé. J’ai alors pris la voiture dès le lendemain, je sais que c’est le bordel quand c’est le service minimum. Même le premier train arrive trop tard pour moi. »
La plupart des usagers sont habitués à la situation et restent philosophes. Comme François Sequeval, peintre en bâtiment qui a pris le train une heure après le début de son travail ces lundi et mardi de manifestation. S’il comprend et soutient le droit de grève, « car c’est une chance pour ceux qui l’ont » estime-t-il, son problème reste que son patron n’accepte pas cette excuse. Il lui a déjà mis un avertissement et François Sequeval risque d’être renvoyé à chaque grève.
Mais pour les usagers de la gare de Monaco, qui ont l’impression d’être pris en otage par ces mouvements sociaux, les retards quotidiens sont bien plus pénalisants que les grèves ponctuelles. Exemple : François Gamand sait que le TER de 7h01 à Nice Saint Augustin est souvent en retard et l’évite, quitte à venir plus tôt. Selon François Sequeval, ce sont au moins deux jours par semaine où les trains accusent des retard : « C’est dommage, dans ces cas-là, de rester sur le quai alors que j’aurai pu prendre du temps pour autre chose. » Même Martine, qui ne vient que rarement en TER à Monaco, doit suivre un parcours du combattant puisque « les transports en communs dans la région n’engagent pas à les utiliser. Il y en a trop peu, pas suffisamment répartis. Par exemple, le dernier bus de la gare de Biot pour rentrer chez moi est à 19h26. En partant à 19h de Monaco, c’est mission impossible, même sans retard ! »
Sur le blog de l’association les Naufragés du TER Grasse Vintimille, créé pourtempêter contre les dysfonctionnements du trafic, Eric Sauri, le président naufragé, dresse un bilan étonnamment positif. Son constat ? « Nous venons de vivre quasiment douze mois […] sans conflit social sur notre ligne. » Il note que la situation de la ligne TER PACA s’est grandement améliorée en s’appuyant sur la réduction du taux de non conformité critique (retard supérieur à 30 min et/ou suppression de TER). Ce taux serait passé de 11,49 % à 2,65 % en un an. Dans le souci d’améliorer les performances du TER, l’association indique vouloir relever impartialement les réussites, comme les échecs du réseau. En continuant de « dénoncer les abus de certains » et de demander des raisons valables quand le service n’est pas assuré. Notamment en cas de grève. Alors que les usagers de la gare de Monaco se rassurent, aucune grève n’est prévue prochainement. Pour le moment.
© Photo Monaco Hebdo.
Un oui très réservé Si le conseil national a adopté le budget rectificatif 2011, sept élus se sont abstenus. Des réserves qui conditionnent déjà le vote du primitif 2012.Par Milena Radoman.
Ils ont dit oui mais on ne peut pas dire que ce soit avec un entrain effréné. Pour preuve, sur les 19 élus présents (1), 7 conseillers nationaux se sont abstenus. Les habituels d’abord, à savoir les trois élus de l’opposition Rassemblement & Enjeux, Laurent Nouvion, Christophe Steiner et Marc Burini tout comme l’indépendant Christophe Spiliotis-Saquet. Mais aussi des membres de la majorité : les UDM Roland Marquet et Gérard Bertrand, accompagnés de l’Unam Philippe Clerissi. Les raisons affichées ? Rien d’inédit. Impossible par exemple pour Laurent Nouvion et son groupe politique de « cautionner un déficit record de 88 millions d’euros. » « Du jamais vu à Monaco », s’est empressé d’ajouter Christophe Spiliotis-Saquet. Car si pour ces 4 élus, ce budget rectificatif est « un tournant de la législature 2008–2013, pour enfin se ranger à une gestion de bon sens pour nos finances publiques », il est impensable d’approuver « les engagements pris par le gouvernement hors budget (Odéon – ZAC Saint Antoine) impliquant le fonds de réserve ainsi que la dette viagère des retraités de la fonction publique ». Prudence électorale oblige, Laurent Nouvion a bien rappelé qu’il appelait de ses vœux un retour à la rigueur et non une bascule vers l’austérité. Et d’indiquer au gouvernement, en guise d’avertissement : « Le retour aux grands équilibres budgétaires et donc sociaux par une gestion rigoureuse est le seul gage fiable pour éviter, à tout prix l’austérité que nous combattrons et la mise en place de contributions que nous refuserons. »
Doutes sur l’IM2S et l’ASMPour la majorité aussi, ce budget a été l’occasion de faire passer quelques messages à l’exécutif. Pour motiver son abstention, Roland Marquet a ainsi exposé ses « doutes » sur la politique de santé. Visiblement peu convaincu par le plan gouvernemental de relance de l’IM2S, le médecin s’est montré « pas rassuré quant au devenir de cet établissement, quant à la rationalisation de ses services, ni même quant au développement de certains pôles d’activité. » Lançant par la même occasion une pique au service des travaux publics, lequel a ajouté des vestiaires en dernière minute au chantier du centre de gérontologie. Avec une conséquence budgétaire évidente : « Je reste très insatisfait sur la question des vestiaires du futur centre Rainier III ; je ne voudrais pas parler d’incurie mais tout du moins de négligence de la part des services dans la gestion de ce dossier », a ainsi épinglé le médecin. Roland Marquet en a profité pour pointer du doigt le financement par l’Etat de l’ASM : « Tant que les dirigeants n’auront pas trouvé une solution de financement pérenne, vous me trouverez pour en parler ! Entre le stade Louis II et le centre de formation, l’Etat prend en charge pour l’année 2011, plus de dix millions d’euros ! J’en reste songeur. »
Logement : « Nous sommes bien loin du compte »Mais c’est bien évidemment la question du logement, valeur sûre du programme électoral de l’UPM — et désormais de l’UDM —, qui a émaillé les débats budgétaires et est revenue sur le devant de la scène. Président de la commission logement, Gérard Bertrand a fustigé les promesses non tenues par le gouvernement quant aux livraisons d’appartements domaniaux. Notamment pour l’opération de l’îlot Canton. « Je vous rappelle que les besoins ont été évalués à 100 logements par an. Or, nous sommes bien loin du compte. En fait, les livraisons ponctuelles témoignent des faiblesses de la politique de logement menée par le gouvernement. » Quant à la création d’un secteur intermédiaire, destinée à loger les enfants du pays, aujourd’hui, elle serait quasiment au point mort. « La solution que vous proposez pour la Villa Ida n’en est pas une. 30 appartements ne résoudront rien. Sans compter les délais de mise en œuvre qui ne cessent d’être repoussés depuis l’achat du terrain. » L’opération-test du secteur intermédiaire concerne la Villa Ida, achetée en 2009 par le gouvernement pour 15 millions d’euros. Soit 30 appartements construits sur 10 niveaux, 5 boulevard Rainier III. Les dossiers de consultation viennent d’être envoyés aux promoteurs et ils ont désormais 2 mois et demi pour répondre. « Les travaux de construction ne doivent pas excéder 30 mois », a précisé le ministre d’Etat devant l’assemblée. Bref, un début de garantie sans doute, mais l’on est bien loin de l’idée originelle du secteur intermédiaire censée limiter l’exode des enfants du pays…
(1) Le conseil national compte aujourd’hui 21 élus depuis les démissions de Stéphane Valeri, Sophie Lavagna et Catherine Fautrier. Lors du vote du 14 octobre, il y avait deux absents : Guillaume Rose et Fabrice Notari. Politiquement correct ? Le faible nombre de spectateurs présents lors des séances budgétaires n’a pas été surpris : une fois de plus, les débats budgétaires ont été l’occasion de joutes verbales, plutôt vertes. Peut-être plus que d’habitude. Attaques personnelles, noms d’oiseaux (« comportement de gallinacé ») et injures peu amènes (« handicapés mentaux ») ont émaillé un débat public qui aurait gagné à s’épargner ce genre d’escarmouches. Alors certes comme le rappelait un membre du public, « on est pas dans le monde de Oui Oui ou des Bisounours ». Mais gagner en hauteur de vue n’altérerait pas à la vigueur des débats. Bien au contraire. Et même si Jean-François Robillon a lancé dans son allocution que « si les noms d’oiseaux peuvent blesser ceux qui les reçoivent, ils abaissent au niveau du caniveau ceux qui les prononcent », le président du Conseil national n’est pas exempt d’effets de manches hasardeux. Dixit Alain Ficcini et Jean-Charles Allavena, vices-présidents de R&E : « Le président Robillon, par ailleurs médecin cardiologue, n’a pas hésité dans un discours — espérons-le écrit pour lui par un tiers — à se livrer à analogie scandaleuse en parlant de nos positions et de notre démarche : « plus tôt on agit pour opérer une tumeur, plus on réduit le risque qu’elle ne se propage dans le corps humain, dans le corps social aussi ». De la part du président de la haute assemblée, cette analogie que chacune et chacun aura clairement intégrée, exprime l’absence de sens commun de l’UDM pour la dignité et le respect de l’institution. »Par Adrien Paredes.
La situation paradoxale du club de la Principauté, premier budget de Ligue 2 et bonnet d’âne de ce même championnat, a été longuement évoquée. Aucun élu n’a commenté les résultats sportifs, bien qu’au fond, chacun avait sa propre analyse sur les performances de l’ASM. Les conseillers nationaux ont préféré tacler les dirigeants et le financement du club. Le 1er avril 2012, l’AS Monaco aura dit adieu à la subvention de la Société des bains de mer. « La rétrogradation de l’ASM en Ligue 2 a résonné comme un coup de tonnerre en principauté, mêlant colère, déception et désillusion. L’heure n’est pas au règlement de comptes et la majorité se refuse à cautionner la chasse aux sorcières que certains réclament […] Nous n’accepterons plus que la SBM continue de sponsoriser le club dans les conditions actuelles. Les élus UDM réclament que les dirigeants présentent au plus vite, un plan de financement pérenne et responsable pour l’ASM afin de permettre d’équilibrer les comptes du club sans avoir recourir au sponsoring de la SBM », a indiqué Pierre Lorenzi, conseiller UDM, qui a sonné la charge.
« Il faut que l’Etat propose un projet »La réponse de l’opposition, emmenée par Laurent Nouvion, n’a pas traîné : « Nous avons été les premiers à dire que c’est un gouffre financier et un échec sportif. Nous avions été très réticents à la reconduction de cette subvention. Il faut que l’Etat propose un projet qui redonne vie à ce club ». Le leader de R&E a d’ailleurs demandé la convocation des dirigeants du club, Etienne Franzi et Michel Aubéry, pour qu’ils viennent rendre des comptes sur la politique économique menée par l’AS Monaco. Une « invitation » leur sera transmise selon le président de l’hémicycle, Jean-François Robillon. D’autres se sont montrés plus radicaux quant au financement du club. « La gouvernance de ce club a failli depuis de nombreuses années. Il faut un électrochoc. On ne doit plus le financer », s’est exclamé Claude Cellario.
Le 1er avril 2012, l’Etat ne financera plus l’ASM et ne pourra plus rien pour lui. Pas plus qu’aujourd’hui. Le conseiller de gouvernement pour les Finances, Marco Piccinini, a rappelé que l’Etat monégasque, actionnaire minoritaire et indirect du club par le biais de la SBM, n’avait aucune emprise sur le club. « La SBM n’a nommé aucun administrateur à l’AS Monaco et ne joue pas au football. Il y a un groupe d’actionnaires majoritaires (60 %), l’ASM est une société anonyme monégasque comme les autres qui ne répond pas au gouvernement. On ne fait pas le mercato, on ne choisit pas les entraîneurs. Nous n’avons aucun droit d’ingérence dans ce club. Toutefois, la participation financière de la SBM pour cet exercice ne sera pas négligeable », a-t-il déclaré.
La charge à l’encontre de Franzi et Aubéry s’est durcie dans la bouche de certains élus. « Où descendra-t-on ? Dans les tréfonds du stade Louis-II ? » a lancé Philippe Clérissi. « Il y a un problème de compétences. Il y a eu 52 transferts en un an. Que voulez-vous qu’on fasse ? », a pesté l’élu UPM. Christophe Spiliotis-Saquet, sans étiquette, les a, lui, vivement attaqués. « Certains administrateurs doivent être chassés pour avoir attribué des marchés du club à des sociétés amies. Il n’y a pas d’avancée possible dans un club où l’on mélange des intérêts personnels et professionnels. » L’élu faisait référence notamment à la société Monaco Sportcom, dirigée par Nathalie Aubéry l’ex-épouse du vice-président actuel de l’ASM, qui avait remplacé Sportfive à la tête de la régie commerciale du club. Une dénonciation qu’a balayé Marco Piccinini : « Nous ne sommes pas dans le collimateur du GRECO* contrairement à d’autres pays. Il y a beaucoup plus de matière dans les pays voisins. De quel droit pourrait-on dire qu’il y a conflit d’intérêts ? ».
Sans subvention de la SBM, comment faire ? Les observateurs du club ressortiront le coup de l’actionnaire étranger. Un homme providentiel amoureux de l’ASM qui dépenserait sans compter. Personne n’est réticent à cette idée, à ceci près que l’investisseur ne doit pas se montrer gourmand et rester minoritaire. C’est là que ça coince. Quelle grosse fortune, d’où qu’elle vienne, pourrait accepter d’être minoritaire dans le capital d’un club, alors même que la tendance actuelle est plus que jamais au foot-business marketing ? Les pétro-dollars des Qataris à Paris et à Malaga, de la famille royale des Emirats Arabes Unis à Manchester (Manchester City) ou les roubles d’Abramovitch à Londres (Chelsea) démontrent que les mécènes ultra-riches veulent avoir les mains libres lorsqu’ils investissent dans le ballon rond.
Et ce ne sont pas les résultats peu glorieux de l’AS Monaco qui vont arrêter un investisseur étranger d’envergure. Dans d’autres pays en Europe, des équipes ont été rachetées à coups de millions et partaient de loin. En Angleterre, les Queens Park Rangers végétaient au fond de la deuxième division anglaise lorsqu’en 2007, l’ancien patron de l’écurie de F1 Renault Flavio Briatore, le financier de la F1 Bernie Ecclestone et le milliardaire indien Lakshmi Mittal ont racheté le club. QPR évolue cette saison en Premier League quinze ans après l’avoir quitté. Autre exemple : le Qatar s’intéresserait actuellement de près au RC Lens, pensionnaire de la L2 comme Monaco.
Reste une autre option, celle de faire entrer une marque forte dans le capital de l’ASM, à l’instar de Red Bull à Salzbourg et à New York. Mais l’image des Monaco Red Bulls paraît trop éloignée de ce qui est souhaité sur le Rocher. A Monaco, l’actionnaire providentiel venant de l’extérieur relève davantage du spectre et des peurs qui s’y rattachent. Si celui-ci devient majoritaire dans le capital de l’ASM, c’est la démission de la principauté de son propre club. Aucun acteur local, le prince y compris, ne pourrait en théorie avoir un droit de regard sur les agissements du club. Il y a bien eu cet acheteur russe, qui était prêt, selon le quotidien l’Equipe, à mettre 150 millions d’euros sur la table en juin dernier. Rien ne s’est fait, d’autant que le refus passé de Fedcom Invest par Rainier III trottait encore dans les têtes. En attendant de résoudre l’équation, la « société anonyme monégasque » AS Monaco en reste pour l’instant cantonnée à sa structure de PME nationale. Avec un actionnariat divisé entre la SBM (40 %), les frères Marzocco (20 %), Patrice Pastor (20 %) et un groupe d’actionnaires privés (20 %).
* Groupe d’Etats contre la corruption. Etienne Franzi se défendPar Adrien Paredes.
Le président de l’ASM répond aux attaques dont il a fait l’objet au conseil national. « J’ai lu ici et là que l’on hésitait entre « convocation » et « invitation » (des dirigeants de l’ASM à l’assemblée, N.D.L.R.). Il est clair que s’il devait s’agir d’une convocation, aucune suite n’y serait réservée. En revanche, dans le cadre d’une invitation, je serais très heureux de faire partager à des compatriotes les complexités de la gestion d’un club professionnel. Il n’y a rien à cacher à l’ASM. Cela étant, aucun courrier ne m’est parvenu à ce jour du conseil national. S’agissant des propos tenus, plusieurs sont proprement scandaleux et de nature à dénigrer (voire à jeter l’opprobre) sur « une institution », que pourtant, tous se plaisent à considérer comme faisant partie de notre patrimoine national. Et ce, à l’évidence, sans aucune preuve, puisqu’il devrait m’être demandé de me rendre au conseil national pour expliquer ce qu’il en est réellement », explique Etienne Franzi.
Appel d’offresConcernant les propos tenus par Christophe Spiliotis-Saquet, Etienne Franzi les qualifie de « stupéfiants ». « A sa demande, je l’ai en effet reçu, il y a déjà plusieurs mois, pour lui faire part de la réalité de la situation. Il n’y a pas de petits arrangements entre amis à l’ASM, sous ma présidence. Tous les marchés importants font l’objet d’un appel d’offres, examiné par un groupe de travail ad hoc, dont, à l’évidence, sont écartés tout ceux qui de près ou de loin pourraient avoir un intérêt particulier dans l’opération. Pour ma part, je veille à ce que l’option retenue présente à chaque fois le meilleur rapport qualité/prix pour le Club ».
A travers ses propos, le conseiller national avait notamment visé l’attribution de la régie commerciale à la société Monaco Sportcom, dirigée par Nathalie Aubéry l’ex-épouse de Michel Aubéry, vice-président actuel de l’ASM. « L’opération, dont il s’agit plus particulièrement, remonte à la fin de la saison 2009-2010. Si elle continue à agiter certains, c’est sans doute qu’elle a bousculé de petits arrangements entre amis antérieurs. Au demeurant, si M. Christophe Spiliotis-Saquet a « oublié » mes explications, c’est peut-être qu’elles allaient à l’encontre des intérêts particuliers qu’il défendait », a ajouté Etienne Franzi.
© Photo Fanny Cotin.
La SBM en fil rouge Souvent taxée de ne pas respecter la priorité d’emploi, la Société des bains de mer a encore une fois alimenté les débats. Si le ministre d’Etat a remis les pendules à l’heure, les inquiétudes n’ont pas disparu quant à un éventuel plan social.Par Milena Radoman.
«Oui ou non, va-t-il y avoir un plan social à la Société des bains de mer ? » Après les débats budgétaires, Jean-François Robillon n’était pas rassuré. Au contraire. C’est pourquoi le président du conseil national a remis une couche, lors du point-presse mensuel de l’assemblée le 13 octobre. A propos de l’inquiétude qui taraude les élus sur l’importance du plan d’économies que doit annoncer la SBM. Une phrase du ministre a allumé les signaux d’alerte. Le 11 octobre, Michel Roger avait en effet indiqué à l’hémicycle que « la structure des coûts très rigides de la société, notamment en matière de rémunérations et charges sociales qui ne cessent de s’accroître fait que les augmentations que l’on peut constater en chiffre d’affaires global ne se retrouvent pas en résultat d’exploitation […]. Ce constat objectif confirme la nécessité que la société puisse procéder à une réduction de ses coûts fixes inversant ainsi la tendance de ces dernières années ». Une petite phrase passée presque inaperçue qui a fait réagir Robillon, pantois : « Ai-je mal compris, ou bien vous reprenez là à votre compte et dans un langage policé, les idées de ceux qui prônent des licenciements ou des réductions de salaires ? » Hélas, l’interrogation est alors restée sans réponse. La seule chose aujourd’hui connue sur le fameux plan d’économies concocté par la direction et le conseil d’administration de la SBM est qu’il a été présenté au gouvernement le 6 octobre dernier. Et qu’il devra recevoir l’aval du palais pour être mis en place. Pour le reste, c’est-à-dire l’essentiel, c’est la grande inconnue. Des licenciements sont-ils programmés ? Ou bien les départs à la retraite ne seront-ils plus automatiquement remplacés ? Quant à la politique de direction bicéphale de nombreux postes d’encadrements, sera-t-elle définitivement enterrée ? A voir.
Les Monégasques mieux rémunérés
En attendant d’avoir des réponses claires à ces questions, le Ministre d’Etat a été beaucoup plus prolixe sur le respect de la priorité de l’emploi et la politique de rémunération des employés SBM. Chiffres à l’appui : « Il est certain que les secteurs de l’hôtellerie et de l’administration intéressent moins les Monégasques, qui préfèrent le secteur jeux, plus rémunérateur et présentant un emploi du temps plus souple. Le nombre de directeurs monégasques (y compris conjoints et enfants) représentait 20 % des directeurs en 2008 et représente 42,8 % en 2011. Dans le même temps, les cadres monégasques sont passés de 138 à 172, soit + 24,69 %. Par contre, les emplois les moins rémunérateurs enregistrent une légère baisse puisque les Monégasques (y compris conjoints et enfants) employés ou ouvriers sont passés de 382 à 361. » Et de décocher un chiffre sans appel : « En ce qui concerne les rémunérations, on peut signaler qu’au sein de la société, les revenus des Monégasques sont supérieurs d’environ 88 % par rapport à ceux des non-Monégasques. » Explication : « Dans le secteur jeux, les Monégasques sont 314 (y compris conjoints et enfants) et représentent globalement 72,7 % des effectifs tandis que dans le secteur hors jeux, moins rémunérateur, les Monégasques sont 43 et représentent 6,9 %. »
Et comme les débats budgétaires laissent parfois filtrer quelques révélations, on a appris que le statut unique des employés de jeux — dossier que certains syndicats souhaitaient relancer — était dans un stade de coma cérébral. « Il n’est pas sûr que la proposition qui avait été rejetée par une majorité de salariés au mois de décembre 2010 puisse non seulement être améliorée, voire même maintenue, eu égard à la dégradation du cadre économique dans lequel opère la société », a déclaré le ministre. A bon entendeur.
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Marché : le grand déballage
Confusion sur le coût des travaux, querelles politiciennes entre élus, mairie et commerçants échaudés… La rénovation du marché de la Condamine s’est transformée en foire d’empoigne.
Par Sabrina Bonarrigo.
Aussi bien à la mairie, au gouvernement, dans les rangs du conseil national, que dans les allées du marché, la rénovation du marché de la Condamine a cristallisé toutes les tensions et déclenché des réactions en série ces dernières semaines. Un feuilleton à rebondissements qui pourrait toutefois trouver son épilogue dans les semaines à venir. Après avoir annoncé que les premiers coups de pioche seraient donnés en 2013 — et non en septembre 2011 comme le croyait la mairie — revirement de situation. Le gouvernement a finalement proposé en séance budgétaire le 11 octobre une solution alternative : reporter la restructuration de la halle à 2013, voire 2014 et, en attendant, rouvrir au plus vite les box fermés à l’intérieur. Quitte à consentir des conventions à durée limitée aux commerçants. « Dans l’état actuel de nos finances publiques, il est complètement déraisonnable de prévoir une restructuration en 2012. Mais ce qui n’est pas acceptable non plus, c’est de laisser le marché dans son état actuel. Nous pourrions réaliser début 2012 des travaux de remise en état, a ainsi proposé le ministre d’Etat qui s’est dit prêt à débloquer des crédits tout de suite. Pourquoi le marché de Monaco est-il vide alors qu’il est plein à Beausoleil et à Menton ? Ce n’est pas de la faute du gouvernement. Nous pouvons agir tout de suite. De plus, dans ce schéma là, le projet d’installer une grande enseigne sur la mezzanine est toujours possible. La solution que je propose pourrait résoudre immédiatement le problème ».
« Récupération politicienne »
Une solution de compromis « équilibrée et réaliste » selon les élus de la majorité. Alors que d’autres s’interrogent. « Pensez-vous que ces commerçants signeront pour un an puis quitteront le marché quand les travaux commenceront ? », se demande le conseiller national sans étiquette Pierre Svara. Pour sauver le marché, l’opposition Rassemblement & Enjeux a carrément proposé un report des travaux du nouveau conseil national, qui doit être livré en 2012. Objectif : injecter les crédits prévus pour ce chantier à la rénovation du marché. Une proposition qui a fait grincer des dents l’UDM taxant l’opposition de faire de la « démagogie » et de la « récupération politicienne » sur le dos des élus communaux et des commerçants. En séance budgétaire, le ministre d’Etat a enfin rappelé que des travaux conséquents avaient déjà été achevés en 1994 au marché de la Condamine pour 10 millions d’euros. « Aussi est-il raisonnable, si peu de temps après, de repartir sur un investissement de plus de 13 millions d’euros sans garantie de réussite cette fois encore ? », a-t-il indiqué. Mairie, conseil national et gouvernement doivent se réunir pour tenter de trouver un terrain d’entente. Aucune date n’a encore été fixée.
Chacun ses chiffres
L’autre grosse confusion entre mairie et gouvernement dans ce projet, c’est le coût des travaux. Alors que le maire avait indiqué à la presse qu’en avril 2011, l’enveloppe avait été baissée de 9 à 7 millions d’euros, selon le gouvernement le coût de cette opération s’élève à 13 millions d’euros répartis ainsi : 7,85 millions d’euros pour les travaux de la halle, 1,2 million d’euros pour le relogement des commerçants, 2,3 millions d’euros pour la rénovation de la place, du giratoire, des abords et essai du pôle d’échange et 1,4 million d’euros pour les honoraires.
© Photo Monaco Hebdo.
Brèves du Conseil national
Par Adrien Paredes.
Stéphane Valeri à la rescousse de l’IM2S
Des médecins de l’Institut monégasque de médecine du sport (IM2S) pousseraient-ils abusivement leurs patients à la consommation de médicaments ? C’est la question soulevée par Philippe Clérissi, sur la base d’une dizaine de témoignages qui lui auraient été rapportés. Le conseiller de gouvernement pour la santé et les affaires sociales Stéphane Valeri a invité les patients qui s’estimeraient victimes de telles pratiques à lui écrire ainsi qu’au directeur de l’IM2S, Gérard Luccio. Stéphane Valeri a indiqué n’avoir reçu qu’une seule plainte en 21 mois. « Il n’y a pas cas à faire avec l’IM2S. Qu’on ne condamne pas avant de juger. Ce n’est pas parce qu’un patient n’est pas satisfait qu’un médecin n’est pas bon et qu’il y a faute avérée de celui-ci », a répondu le conseiller de gouvernement pour la santé.
Les pendulaires à l’étude
Un projet du livre blanc de Monaco 2029, groupe de réflexion initié par le conseil national, a fait son grand retour lors des derniers débats budgétaires. Il s’agit de la carte privilège qui inciterait les 40 000 salariés pendulaires, à savoir les Français et les Italiens, à consommer en principauté par le biais de réductions. Le ministre d’Etat a souligné que « le gouvernement ne financera pas la ristourne ». Les habitudes de consommation des pendulaires vont être étudiées pour la première fois par l’IMSEE.
Monaco sur Youtube en novembre
La chaîne télévisée de Monaco sera lancée sur le service de partage de vidéos Youtube aux alentours de la Fête nationale. C’est ce qu’a annoncé le ministre d’Etat Michel Roger. Au programme, de l’info en continu avec des vidéos montées à partir d’images du centre de presse et d’archives audiovisuelles.
Du synthétique au Louis-II ?
En marge des débats sur l’AS Monaco, « le gazon maudit » du stade Louis-II a été évoqué par Fabrice Notari. L’élu UDM et vice-président du conseil national a demandé si une pelouse synthétique était envisagée en lieu et place de l’actuelle très décriée. Réponse de Paul Masseron, conseiller de gouvernement pour l’Intérieur : « Le synthétique ne fait pas l’unanimité. Il vaut mieux ne pas essuyer les plâtres. On s’y mettra lorsque les autres s’y mettront aussi ». Depuis mai 2008, la Ligue pro de Football autorise de jouer sur terrain synthétique. Mais seulement deux clubs ont tenté l’expérience : Nancy et Lorient.
Guerre des chiffres autour du fonds de réserve
Longtemps opaque, le fonds de réserve constitutionnel, à savoir le « bas de laine » de l’Etat monégasque, alimente bien des fantasmes. Ses réserves actuelles continuent de susciter la polémique.
Par Milena Radoman.
Il n’a jamais été aussi transparent – on est parti de très loin – et c’est aujourd’hui qu’il crée la polémique. Lui, c’est le fonds de réserve constitutionnel (FRC). Créé par la constitution de 1962, cette réserve stratégique de l’Etat monégasque dispose d’un patrimoine propre (et d’un statut à part), voué à recueillir les recettes budgétaires et, en cas de besoin, à compenser les déficits. Et depuis 2002, le FRC a bien servi à effacer les trous, surtout en période de crise économique. Longtemps, le montant de ce bas de laine a été caché. Il y a quelques années, on murmurait encore sous le manteau qu’il pouvait financer 4 à 5 budgets nationaux. Récemment, Marco Piccinini a enfin levé le voile sur ce fonds stratégique pour la Principauté. Livrant à la presse les chiffres : « A fin août 2011, le montant de l’actif du fonds de réserve se situe à environ 4,2 milliards d’euros. Il comporte une réserve d’or de 230 millions d’euros, une partie « disponible » de 1,9 milliard d’euros composée de titres de placements financiers (fonds de placement composés d’actions, d’obligations, etc.) et de disponibilités bancaires et une partie immobilisée de 2 milliards d’euros, majoritairement composée d’immeubles. »
1,9 ou 1,380 milliard d’euros ?
Et c’est bien le montant de la partie liquide du fonds de réserve qui fait débat. A la presse locale, Laurent Nouvion avait ainsi jeté un pavé dans la mare en déclarant que le même « Marco Piccinini, le 12 septembre, en commission plénière d’étude, estimait les liquidités à 1,380 milliard ». Comptabilisant ainsi les dépenses immobilières connues à venir. Soit les 53 millions d’euros destinés à l’opération Odéon et les 65 millions finançant la ZAC Saint Antoine. Mais aussi en recensant les « engagements de l’Etat qui pourraient venir impacter la partie liquide du FRC (soit directement, soit en alourdissant les déficits budgétaires) », listés par le conseiller pour les Finances, avec les 330 millions d’euros alloués au chantier Odéon (comprenant la garantie d’achèvement), la garantie sur l’emprunt bancaire de l’IM2S/SIIO de 21 millions d’euros et les remboursements des contrats habitation-capitalisation sur demande de 60 millions d’euros. Lors des séances budgétaires, la question des liquidités du fonds de réserve est revenue sur le devant de la scène. Sans clore totalement le débat. Marco Piccinini considérant que la vérité est quelque part au milieu de ces deux montants. Tout dépend en effet de ce que l’on prend en considération au niveau comptable.
Avec un point positif tout de même : l’exposition aux dettes souveraines des pays périphériques a été réduite dans le portefeuille des liquidités du FRC. Les dettes de la Grèce, du Portugal et de l’Irlande étant désormais nulles. Et celles de l’Italie et de l’Espagne réduites de 50 %. « On est sorti avant le désastre », estime le conseiller pour les finances Marco Piccinini. Au moins une bonne nouvelle dans un contexte de crise de l’euro et des dettes souveraines.
En détail
Selon le gouvernement, la partie immobilisée de 2 milliards d’euros est majoritairement composée d’immeubles (pour 1,55 milliard d’euros). Les biens immeubles détenus par le FRC génèrent dans leur grande majorité des revenus locatifs étant occupés par des entreprises, des commerces, ou des particuliers. « Cette partie immobilisée (pour 300 millions d’euros) comporte aussi les participations de l’Etat dans des sociétés, notamment les actions non inaliénables de la S.B.M. (36 % environ du capital) ou d’autres sociétés ayant des liens directs avec l’Etat, comme les concessionnaires SMEG, SMEAUX, la Société d’Exploitation du Grimaldi Forum, la Société d’exploitation des ports de Monaco, etc. » A noter que le FRC avance régulièrement de la trésorerie au budget de l’Etat : l’avance de trésorerie rémunérée consentie au budget est de 100 millions d’euros à fin août.
Michel Roger © Photo Charly Gallo / Centre de Presse.
Michel Roger enterre l’EEE
Monaco n’intégrera définitivement pas l’Espace économique européen. Cependant, le ministre d’Etat a laissé entrevoir une solution pour les entreprises monégasques.
Par Adrien Paredes.
La principauté et l’Europe. « Sujet crucial » aux dires du conseiller Jean-Charles Gardetto. L’élu l’a convié aux derniers débats du conseil national et de nouveau alarmé le gouvernement du préjudice subi par un certain nombre d’entreprises monégasques. « Dans différents domaines tels que les transports ou l’alimentaire, les entreprises monégasques sont profondément affectées par une concurrence européenne ouverte. Le conseil national n’est pas associé à la réflexion sur le sujet et le silence radio sur l’Union européenne du gouvernement ne présage rien de bon », s’est exclamé l’élu de la majorité.
Dans sa réponse, le ministre d’Etat Michel Roger a coupé court, de façon irrémédiable, à toute entrée dans l’Espace économique européen. « Il est hors de question que le gouvernement propose un jour l’adhésion à un système qui ferait disparaître l’économie nationale », a-t-il déclaré. « Nous espérons entamer prochainement des discussions sur des accords sectoriels », a précisé Michel Roger.
« Une bouffée d’air »
Monaco avait été approché comme les autres Etats tiers (Saint-Marin et Andorre) par l’Union européenne durant le premier semestre 2011. L’objectif était d’analyser la possibilité d’intégrer progressivement les petits Etats d’Europe au marché européen, tout en tenant compte de leurs particularités. Les deux parties en sont restées au stade de discussions. Un rapport présentant Monaco avait été présenté fin juin au Conseil de l’Union européenne par l’ambassadeur de la principauté à Bruxelles, Gilles Tonelli. « Il faut convenir que les difficultés inhérentes (au marché européen, N.D.L.R.) rencontrées par certaines entreprises monégasques demeurent malheureusement. Nous avons pour l’instant juste exposé ces difficultés au conseil de l’Union européenne. Mais qu’on nous fiche la paix avec l’adhésion à l’EEE ! », a déclaré le ministre d’Etat. José Badia, le conseiller de gouvernement aux relations extérieures, a rappelé, lui aussi, que « Monaco n’a jamais demandé à entrer dans l’EEE ».
La législation du marché commun sur le contrôle et les spécificités de certains produits cause des problèmes d’exportation pour les entreprises de Monaco. Le fait que la Principauté ne soit pas membre de l’UE ne leur permet pas d’enregistrer leur production pour le marché européen depuis Monaco. Elles doivent passer par un intermédiaire ou un fournisseur exclusif qui, lui, se situe dans un pays membre de l’UE. Philippe Clérissi, conseiller UNAM, a appelé le gouvernement à agir le plus tôt possible pour la négociation d’accords sectoriels. « Le processus doit être activé afin que le problème soit réglé rapidement. Ces accords représentent une bouffée d’air pour les entreprises monégasques », a souligné l’élu.
© Photo Monaco Hebdo.
Echos du conseil national
Cap sur le budget 2012
Les parlementaires, toutes tendances confondues, ont trouvé au moins un sujet d’entente : le manque de projets et de sources de recettes nouvelles. C’est un débat de fond qui reviendra dans le cadre de l’examen du budget primitif 2012. Lors de la conférence de presse mensuelle du conseil national, le président de la commission des finances a tiré le premier : « Au-delà des effets de communication avec un équilibre du budget dit primaire, et des recettes et des dépenses strictement égales (chiffrées à 833 millions d’euros), nous estimons ce budget défensif. Il n’y a pas d’initiative et pas de lancement de nouvelles opérations. Les chantiers en cours continuent mais aucune réorientation vers les programmes rentables n’est annoncée. » Comme Philippe Clérissi lors des séances publiques, Alexandre Bordero s’inquiète de l’absence de programmation de surfaces commerciales pour 2012. « Le gouvernement ne mentionne pas l’agrandissement du centre commercial de Fontvieille. Quant aux 30 000 m2 de surfaces sur Charles III et aux projets de commerces des opérations Rainier III et Testimonio, c’est silence radio ! On ne voit aucun investissement rentable pour demain. » Rassurant, non ? //M.R.
Habitation-capitalisation : l’apport en baisse ?
C’était une des priorités du programme de la majorité. L’accession à la propriété devenue entre-temps le contrat habitation-capitalisation, est revenue au cœur des débats. La formule qui avait été lancée le 1er juillet 2009 semble en effet ne pas rencontrer l’engouement prévu initialement. Dans son rapport au nom de la commission des finances et de l’économie nationale, Alexandre Bordero indique ainsi que 407 foyers monégasques à peine ont tenté l’expérience. Et pour cause selon la majorité UDM : l’apport initial obligatoire de 15 %, trop élevé, constituerait un frein pour les jeunes couples. D’où leur proposition de rabaisser ce taux à 10 % voire 5 %. « Diminuer l’apport initial à 5 %, sans changer le prix de l’appartement impliquerait une augmentation des mensualités mais étalée sur 20 voire 30 ans. Ce qui rendrait ce contrat plus accessible, notamment aux jeunes couples », souligne Gérard Bertrand, président de la commission logement. Réponse du gouvernement : « Avec un apport initial de 10 voire 5 %, les mensualités des titulaires augmenteraient de manière assez considérable. Pour certains, l’augmentation serait même de nature à empêcher de contracter au titre du manque des garanties de solvabilité ». Le gouvernement s’est dit favorable à « discuter d’un taux compris entre 10 et 15 % ». Tout en soulevant le problème « de l’équité envers ceux qui ont déjà signé un contrat avec un apport à 15 % ». //S.B.
Port : la hausse des tarifs limitée
L’augmentation de 400 % des tarifs du port allait être avalisée par le gouvernement. Après les débats devant le conseil national, il semblerait que les propriétaires de voiliers et autres bateaux puissent être rassurés : la hausse des prix devrait se cantonner à 50 % sur 4 ans. Si la hausse était justifiée sur le principe, les prix pratiqués étant très faibles (15 euros par mois pour les Monégasques pour les bateaux de moins de 8 mètres !), la flambée avait déclenché la réaction des usagers qui se sont formés en association : les pontons de Monaco. « On ne voulait pas un port resort avec uniquement des 40 mètres. C’est bon pour le Yacht show mais pas pour maintenir une vie portuaire et de quartier », affirme le président du conseil national, Jean-François Robillon. //M.R.
On l’attendait depuis des années. Les citoyens lambda et universitaires vont prochainement enfin avoir accès aux archives nationales. Dans le programme d’action gouvernemental pour 2012, le ministre d’Etat a en effet annoncé que le service central des archives et de la documentation administrative, qui vient d’être restructuré par une ordonnance souveraine fin août 2011, devrait regrouper la totalité des archives présentant un intérêt historique, scientifique ou statistique pour le pays. Avec un accès direct aux documents administratifs pour les personnes physiques et morales. Reste désormais à savoir quels documents administratifs seront publics et quelle sera la durée du secret d’Etat. Les demandes portant sur certains documents sont en effet rejetées d’office. A savoir ceux dont la consultation porterait atteinte au secret des délibérations du gouvernement, à la conduite de la politique extérieure de la Principauté ou encore à la sûreté de l’Etat ou à la sécurité des personnes ou des biens…
Plans to place archives on open access.James Charrier, président de la commission supérieure des comptes. © Photo Monaco Hebdo.
Après avoir subi une levée de (quelques) boucliers, la « discipline budgétaire » du gouvernement, taxée par certains de provoquer à terme une récession, a trouvé un adepte : James Charrier. Et pour cause. Le président de la commission supérieure des comptes avait déjà tiré la sonnette d’alarme.C’est le nouveau leitmotiv du gouvernement : après des années marquées par un déficit budgétaire, il faut retrouver, d’ici à trois ans, l’équilibre des finances publiques. En théorie, le budget rectificatif 2011, qui doit être voté cette semaine par le parlement monégasque, devrait être le dernier à entériner un trou de 88 millions d’euros. En 2012, l’objectif affiché est en effet de réduire le déficit à 57 millions d’euros (soit -40 % par rapport au primitif 2011). Un montant qui correspond à 17 millions d’euros de programmes et 40 millions de provisionnement pour la construction, à terme, du nouvel hôpital.
Cette restriction des coûts ne pouvait que satisfaire la commission supérieure des comptes, chargée de superviser les comptes monégasques. « Le budget 2012 présenté par le gouvernement va dans le sens souhaité par la commission puisqu’il prône une gestion rigoureuse des finances publiques », constate son président James Charrier, qui salue « la prise de conscience gouvernementale des problèmes budgétaires ». Avant d’ajouter : « Sur le moyen et le long terme, il est naturel que le budget soit équilibré au risque de voir survenir une situation d’endettement que, heureusement, Monaco ne connaît pas aujourd’hui ». Une prudence budgétaire qui s’applique au fonds de réserve constitutionnel. James Charrier prône une gestion de bon père de famille : « Les placements doivent être non spéculatifs et sûrs. Par ailleurs, certains investissements (Tour odéon, ZAC saint Antoine) n’ont pas vocation à être financés par le fonds de réserve mais par le budget. »
Depuis quelques années, l’équivalent monégasque de la cour des comptes — en plus discret et moins médiatique — avait tiré la sonnette d’alarme. Alertant qu’on avait dépensé sans véritablement compter à une époque où les recettes pleuvaient à flots. De là à parler de laxisme budgétaire ? « Sans être laxiste, l’Etat était très libéral sur les dépenses et le respect des règles budgétaires a été un peu perdu de vue. Dans la gestion du personnel notamment : on a beaucoup recruté, les recrutements et promotions étaient parfois intempestifs. Les frais de personnels doivent être stabilisés. » Dans son rapport 2010, la commission avait ainsi soulevé un lièvre : la gestion des retraites dans la fonction publique. « La Principauté pratique énormément le système des retraites anticipées. Certes, Monaco n’a pas de dette publique au sens habituel du terme. Mais il y a tout de même à prendre en considération la dette viagère. Si l’on cumule la durée de vie qui s’allonge avec les départs anticipés à la retraite qui se multiplient, les charges risquent d’être considérables. » Un signal d’alarme que James Charrier renouvelle aujourd’hui. Tout en pointant du doigt un autre problème de fond, visant la qualité de l’élite : « Il existe un problème de renouvellement du personnel de la haute fonction publique. Par le passé, aux postes de conseillers de gouvernement ou au cabinet du prince, on choisissait les grands commis de l’Etat, ce qui favorisait une bonne gestion des finances publiques. On en trouve encore mais la relève est difficile à assurer. »
PrudenceCôté dépenses, l’heure est donc à la vigilance : « Pour que les mesures d’économies budgétaires soient efficaces, elles doivent s’appliquer à tout le monde. Même s’il faut être sélectif en établissant des priorités. » Dans son budget 2012, le gouvernement a ainsi sabré ses dépenses d’interventions publiques — soit y compris son budget subventions —, de près de 9 %. James Charrier ajoute un critère de restrictions budgétaires : « Chaque décision doit être pesée en en mesurant les retombées financières. » Ce qui implique de privilégier les dépenses « rentables » de ce qui ne l’est pas. Encore faut-il savoir sur quel fondement. Par exemple, mesures d’intérêt général par essence, les dépenses culturelles, aujourd’hui à la peine (surtout le NMNM qui perd 20 % de son budget), constituent également un facteur d’attractivité… Selon le président de la commission, ce « principe de précaution » s’applique également aux dépenses d’investissements, pour le moins sabrées (-61,4 millions d’euros par rapport au primitif 2011*) : « Les dépenses d’équipements sont souvent très importantes, il faut voir quelles sont celles qui sont génératrices de recettes. Par ailleurs, les dépenses doivent être bien étudiées en amont pour éviter tout gaspillage. La gestion d’un Etat, c’est du bon sens. Rien n’est plus coûteux que de changer les projets en cours de route, comme ce fut le cas pour le Grimaldi Forum. » Une analyse comptable parfaitement logique pour une institution comme la commission supérieure des comptes. Mais qui n’empêche pas les acteurs privés de la place de grincer des dents. Comment en effet ne pas craindre un arrêt des chantiers et un ralentissement considérable de l’activité à un moment où la relance de l’économie monégasque semble prioritaire ?
ContestationDans tous les domaines, les mesures d’économies ont d’ailleurs été ressenties comme une véritable douche froide. Que ce soit au niveau des organismes culturels, de la mairie (après le report du chantier du marché) ou de l’administration. « La protestation est logique et normale lorsqu’elle émane d’organismes indépendants comme la mairie ou de dirigeants d’organismes subventionnés. Même si leur demande n’est pas fondée, ils sont dans l’obligation de revendiquer un maintien des crédits, que ce soit vis-à-vis de leur corps électoral ou de leur personnel. Mais notons qu’à la différence d’un plan d’austérité, ici, ce ne sont pas les contribuables et les consommateurs qui trinquent… » En l’occurrence, ce sont en effet d’avantage les bénéficiaires de l’aide à la coopération internationale qui boivent la tasse… Entre le rectificatif 2011 et le BP2012, la « Coopé’ » a vu son budget prévisionnel – de 9 millions d’euros — coupé de 40 % par rapport aux engagements prévus de hausse de budget de 25 % par an, indispensables pour atteindre les objectifs du millénaire en 2015. Si James Charrier estime qu’en matière d’aide au développement, « les fonds sont trop saupoudrés sur de trop nombreux projets et qu’il vaut mieux cibler différemment l’utilisation de l’enveloppe budgétaire », cette « pause dans la croissance des montants alloués », comme l’appelle laconiquement le gouvernement, met un coup d’arrêt brutal à ce qui était pourtant censé être une priorité pour l’Etat monégasque.
Seule certitude : sur le long terme, les coupes franches ne suffiront pas. Monaco devra trouver de nouvelles recettes (en baisse de 10 millions d’euros par rapport au BP 2011). Reste à savoir si cela passera, entre autres, par une optimisation de la perception fiscale. Pour James Charrier, si « globalement le système fiscal fonctionne convenablement », c’est du domaine du possible. Actuellement, « le recouvrement des recettes fiscales est parfois décalé ou tardif. » Explication : « Les entreprises importantes en principauté demandent un aménagement de leurs créances directement au gouvernement ou au palais. » Quant aux banques, elles utiliseraient certains subterfuges — légaux bien sûr — pour ne pas payer d’impôt sur les bénéfices. « Il y a toujours possibilité non pas de frauder mais de s’évader fiscalement, grâce à des procédures permettant de payer moins d’impôts », indique James Charrier. Ce qui explique sans doute la générosité des sponsors bancaires : pressés par le gouvernement cette année, les établissements de la place ont consenti à mettre la main à la patte. Et à financer, à hauteur de 1,5 million d’euros pour 2012, le désengagement de l’Etat de sa mission culturelle. Une façon comme une autre de participer à l’effort national. A moindre coût.
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Environ 200 patients soignés au centre hospitalier princesse Grace (CHPG) en 2010 sont décédés en raison d’un cancer. Un fléau sanitaire que les autorités et le corps médical monégasques combattent au quotidien.Le cancer a été plus que jamais au cœur de l’actualité ces dernières semaines. A commencer en France par la campagne « Octobre rose », mois de mobilisation contre le cancer du sein depuis maintenant 17 ans. Les autorités sanitaires françaises ont joué cette année la carte du slogan solidaire : « Le dépistage : Parlez-en aux femmes que vous aimez ». Un message régulièrement relayé dans les journaux et sur le petit écran par quelques animateurs et journalistes télé. Le 5 octobre, la planète et les inconditionnels de la marque à la pomme s’émeuvent à leur tour de la mort de Steve Jobs. Le grand visionnaire d’Apple a succombé à l’âge de 56 ans à un cancer du pancréas. Dans un tout autre registre, plus militant, un autre homme s’est imposé sur le devant de la scène : le cancérologue Victor Izraël. L’homme a crée la surprise en annonçant sa candidature à l’élection présidentielle de 2012 en France. Un avertissement pour relancer le plan Cancer, à ses yeux trop insuffisant. Celui qui défend bec et ongle « un égal accès de tous à des soins de qualité » ou encore « un soutien massif à la recherche » a même choisi un slogan : « En 2012, votez la vie ». « J’ai tiré les sonnettes des ministères, j’ai été reçu, jamais écouté », a-t-il déclaré pour justifier sa démarche, par forcément accueillie avec enthousiasme par toute la communauté médicale. Mais le message résonne comme une vraie balise de détresse. Il faut dire que les chiffres font froid dans le dos. En France, selon, les dernières statistiques publiées par l’Institut national du cancer (Inca), le nombre de nouveaux cas en 2010 s’élève à 357 500 (203 000 chez l’homme et 154 500 chez la femme). Chez l’homme, le cancer de la prostate reste de loin le plus fréquent avec 71 500 nouveaux cas en 2010, suivi par le cancer du poumon (27 000 cas) et le cancer colorectal (21 000 cas). Chez la femme, les trois cancers les plus fréquents sont le sein (52 500), puis le cancer colorectal (19 000) et enfin celui du poumon (10 000). Au total, 146 500 décès ont été recensés en France en 2010. Un fléau sanitaire auquel sont aussi confrontés au quotidien les spécialistes du CHPG à Monaco.
1 200 nouveaux cas de cancers en 2010 au CHPGEn principauté, c’est le département d’information médicale (DIM) du CHPG qui passe au crible tous les chiffres. En 2010, sur les 6 500 passages enregistrés à l’hôpital de jour, 4 280 séances de chimiothérapie ont été effectuées. Des chiffres en légère augmentation puisqu’on en comptait 4 000 en 2009 et 3 900 en 2008. En moyenne, en 2010, tous cancers confondus, l’hôpital monégasque a été confronté à 1 200 nouveaux cas de cancers. Et près de 200 patients l’an passé auraient succombé. Sans surprise, « c’est celui du poumon qui connait le plus haut taux de mortalité », avance le docteur Georges Garnier, chef du service hématologie — oncologie du CHPG, sans détailler les chiffres. « En 2010, il y a eu environ 100 nouveaux cas. Pour ce cancer, la chirurgie est de très loin la meilleure chance de guérison. Si le patient n’est pas opérable, ce qui est le plus souvent le cas, il existe d’autres alternatives. Soit la maladie reste dans le thorax, on peut alors faire un traitement local que l’on appelle « locorégional » (radiothérapie + chimiothérapie). Soit le patient est en phase métastatique, c’est-à-dire que la maladie n’est pas uniquement localisée au niveau du thorax mais se propage dans d’autres organes, par exemple le foie et le cerveau. Dans ces cas là, il n’y a malheureusement aucune chance de guérison. Nous discutons alors de l’intérêt rapport bénéfice/risque d’un traitement général ». Chez les femmes, comme en France, c’est le cancer du sein qui est le plus répandu à Monaco avec 175 nouveaux cas enregistrés en 2010 (voir interview pages 32-33). Pour le cancer du côlon, on compte 108 nouveaux cas. Et pour le cancer de la prostate, 75 nouveaux cas en 2010. Toutefois, l’intérêt d’effectuer un diagnostic de ce cancer est controversé dans la communauté scientifique. Car certains cas sont peu agressifs et présentent une évolution lente qui n’affectera pas forcément la survie du patient. Il y a également un gros débat qui divisent les médecins : jusqu’à quel âge doit-on le diagnostiquer, ce cancer touchant des hommes généralement très âgés. « Les hommes entre 60 et 75 ans sont les plus concernés par ce cancer, explique le docteur Choquenet, spécialiste au CHPG des cancers urologiques. Mais dès 50 ans, il faut être vigilant. Il leur est conseillé de faire un examen prostatique qui consiste en un examen clinique (toucher rectal) et un dosage du PSA. Il y a des signaux d’alerte assez facilement identifiables : des difficultés urinaires, des brûlures ou des douleurs ». Selon le spécialiste, avec un traitement de chimiothérapie et de radiothérapie, une tumeur prostatique localisée et identifiée à un stade précoce, atteindrait même les 90 % de chance de guérison. Autre cancer très fréquent, presque autant que la prostate : celui de la vessie. Un mal qui touche autant les hommes que les femmes. En revanche, les patients sont généralement plus jeunes. « Les facteurs de risque identifiés sont avant tout le tabagisme mais aussi, plus singulièrement, l’utilisation de colorants pour les cheveux, surtout chez les professionnels », explique encore le docteur Choquenet. Quant au cancer du testicule, le spécialiste en recense seulement une dizaine par an à Monaco. « Ce n’est pas très fréquent mais une guérison complète est souvent possible. C’est très rare que l’on en meurt ».
Docteur Georges Garnier chef du service hématologie — oncologie du CHPG. © Photo Monaco Hebdo.
« Multidisciplinaire »Si le service cancérologique du CHPG est communément reconnu comme un « pôle d’excellence », il y a des spécialités qui échappent encore à l’hôpital monégasque. « Nous traitons quasiment tous les types de cancers. Sauf la leucémie aiguë du jeune sujet. Nous ne sommes pas des spécialistes non plus des tumeurs cérébrales. Nous réorientions généralement les patients vers des centres de référence », reconnait le docteur Garnier. Monaco a d’ailleurs intégré le réseau régional de cancérologie ONCOPACA Corse qui a pour rôle « de promouvoir et améliorer la qualité de la prise en charge des patients dans le cadre du Plan Cancer ». Ce qui oblige ainsi le CHPG à respecter des critères de qualité. Critères sur lesquels l’établissement est audité régulièrement. L’hôpital monégasque se doit par exemple d’assurer une prise en charge du cancer multidisciplinaire. « La loi impose désormais que les décisions thérapeutiques soient prises en réunion. On a donc à l’hôpital de Monaco ce que l’on appelle des « RCP », des réunions de concertation pluridisciplinaire. Chaque semaine, 10 à 12 spécialistes (radiothérapeute, radiologue, chirurgien etc.) se réunissent et passent en revue tous les nouveaux dossiers des patients. On valide ensemble l’orientation thérapeutique », explique encore le docteur Garnier. Autre pôle intégré au CHPG : le centre de coordination en cancérologie appelé le « 3C ». Une structure transversale qui fait office de sentinelle, à la fois médicale et administrative. En clair, son cahier des charges est par exemple de vérifier en interne l’adéquation et l’application des dossiers discutés en « RCP » entre spécialistes, assurer la coordination dans la prise en charge du patient, ou encore veiller au respect des droits du malade. Mais à Monaco, le 3C a aussi un rôle plus fonctionnel. Du personnel supplémentaire, entre autres, diététicien, assistance sociale, psychologue, ou infirmière effectuant des massages pour soulager les douleurs, travaillent également au chevet des malades. C’est aussi avec le 3C qu’a été créée une cellule « consultation annonce ». « Pour le patient c’est une sidération psychologique d’apprendre sa maladie. Il a besoin d’être entouré. C’est pourquoi une fois l’annonce faite par le médecin, le patient a ensuite rendez-vous avec une infirmière spécialisée qui lui expliquera toutes les modalités pratiques. Et elle jugera de ses besoins, à la fois physiques, psychologiques et sociaux », précise le docteur Garnier.
Meilleur ratio patient/personnelPas de doute donc que le CHPG reste un pôle de référence dans la région. Grâce notamment à un plateau technique doté des équipements les plus performants (IRM, PET scanner, service de médecine nucléaire etc.) « On ne peut pas considérer que la prise en charge du cancer à Monaco soit meilleure. En revanche, on dispose d’un plateau technique supérieur et d’un ratio personnel/patient plus favorable qu’en France. Hors soins techniques, le confort de prise en charge reste donc supérieur et plus rapide », estime le Docteur Garnier. Pour le docteur Choquenet, la prise en charge serait elle « plus familiale qu’en France », grâce à une « structure plus ramassée ». « Nous avons la chance d’avoir des relations assez rapides entre les divers intervenants et les médecins. Nous arrivons à tout faire sur place, rapidement. Si j’ai besoin d’un scanner, je peux le faire dans la journée. En France, ce n’est pas toujours le cas. Et en Italie ça peut être très long, jusqu’à 3 mois ». En revanche, il y a encore deux éléments sur lesquels le CHPG souhaiterait contribuer : la recherche et les essais thérapeutiques. Mais l’hôpital monégasque est confronté à deux obstacles de taille : le manque de main d’œuvre et de lisibilité vis-à-vis des institutions externes. « Nous ne sommes pas assez nombreux. Et la recherche clinique en cancérologie est réalisée soit via des recherches institutionnelles avec des grands groupes européens soit via des industriels qui fabriquent des molécules Or, il n’y a pas d’industriel à Monaco qui fabrique des médicaments », conclut le docteur Garnier.
Elles refusent la reconstruction mammaire Selon une étude française réalisée à l’Institut Curie par le docteur Delphine Hequet auprès de 1937 patientes ayant subi une ablation du sein entre janvier 2004 et décembre 2007, 70 % des patientes décident de ne pas se faire reconstruire après l’ablation d’un sein. Les raisons de ce choix sont très variées : la majorité d’entre elles refusent de subir une nouvelle chirurgie, d’autres parviennent à accepter l’asymétrie de leur corps. D’autres encore craignent des risques de complications. Ou affichent l’argument de leur âge trop avancé, le coût financier, ou plus simplement, la crainte des douleurs. Cancer du poumon : des femmes malades dès 35 ans au CHPG L’intoxication tabagique n’en finit pas de faire des ravages. Y compris à Monaco et sur une population de plus en plus jeune. « On voit de plus en plus de femmes, très jeunes, atteintes du cancer du poumon. Dès l’âge de 35 ans. C’est très alarmant. A intoxication tabagique égale, malheureusement les femmes développent des cancers plus tôt que l’homme », explique le docteur Garnier du CHPG. Avant d’ajouter que « le cancer du poumon est le seul cancer pour lequel on a un facteur de risque clairement identifié à 90 % : le tabac. Moins de 10 % des malades n’ont jamais fumé. Et pour ceux qui n’ont jamais été soumis à un tabagisme ni passif ni actif, les hypothèses sont alors environnementales. On parle beaucoup par exemple d’un gaz, le radon. » Mieux survivre Si les effets secondaires standards liés à la chimiothérapie sont bien connus (nausées, globules rouges en chute libre, fatigue, problèmes cutanés avec l’apparition de gros boutons ou encore perte de cheveux, notamment dans le traitement du cancer du sein, quasi systématique), les progrès de la médecine ont permis non seulement d’allonger la durée de vie des malades mais aussi sa qualité au quotidien pendant les traitements. « Pour les patients métastatiques, grâce à de nouveaux traitements et à de nouvelles stratégies thérapeutiques, nous arrivons à augmenter considérablement la médiane de survie. Par exemple, pour le cancer du côlon métastatique, avant la survie était de 6 à 12 mois, aujourd’hui à plus de 3 ans. Avec une qualité de vie correcte », explique le docteur Garnier. Difficile pour autant pour les médecins d’avancer le mot « guérison » à leur patients. Ils emploient plus volontiers le terme de « rémission complète » parce qu’ils savent qu’une récidive, même lointaine, est possible.« Il est classiquement admis qu’une patiente est guérie si aucune rechute n’est survenue dans les 5 ans », affirme le docteur Missana, en poste depuis 2006 au CHPG. © Photo DR
« Un violent traumatisme » La campagne de sensibilisation dédiée au dépistage du cancer du sein « Octobre rose » fête cette année sa 17ème édition. Un mal qui n’échappe pas à Monaco, avec une centaine de nouveaux cas par an recensés. Le docteur Marie-Christine Missana, spécialisée en chirurgie carcinologique mammaire et en chirurgie reconstructrice et esthétique au CHPG, explique comment cette maladie est prise en charge à Monaco. Du dépistage à la guérison, en passant par la prise en charge psychologique. Interview.Monaco hebdo : Combien de femmes sont touchées par le cancer du sein à Monaco ?
Marie-Christine Missana : En principauté, on recense en moyenne une centaine de nouveaux cas par an. En France, plus de 33 000 femmes en sont atteintes annuellement. Le nombre croissant depuis 2006 de patientes traitées en principauté peut trouver une explication par la création à cette date d’une unité de sénologie au sein du CHPG, la lutte contre le cancer étant un des axes prioritaires du projet médical.
Certaines femmes consultant auparavant en France ont fait alors le choix d’une prise en charge en principauté, le CHPG leur offrant une prise en charge optimale, et ce à toutes les phases. Du dépistage clinique et radiologique au traitement de la maladie. De l’ablation de la tumeur jusqu’à la reconstruction. En passant par la chirurgie esthétique du sein.
M.H. : Combien de femmes meurent chaque année du cancer du sein ?
M-C.M. : En France, le cancer du sein est responsable de 10 000 à 11 000 décès par an. Les chiffres ne sont pas disponibles sur Monaco.
M.H. : Quelles sont les femmes les plus touchées ?
M-C.M. : L’âge moyen d’apparition du cancer du sein est de 60 ans. Ce cancer touche en moyenne 1 femme sur 8. La majorité des cancers du sein survient de façon sporadique. Seulement 5 à 10 % des cancers du sein seraient d’origine familiale.
M.H. : Comment se détecte généralement un cancer du sein ?
M-C.M. : Un cancer du sein peut se détecter par certains signes cliniques ou n’avoir aucune traduction clinique et être découvert uniquement sur une mammographie de dépistage. Les symptômes qui peuvent alerter la patiente, lors de sa toilette par exemple, sont notamment l’apparition d’un liquide s’écoulant par le mamelon, l’apparition d’une rétraction du mamelon ou d’une partie de la peau du sein. Ou encore l’apparition d’une rougeur sur le sein, ou d’une boule sur le sein ou sous le bras… En principauté, de nombreuses femmes font pratiquer leur première mammographie très précocement, dès l’âge de 40 ans. En France le dépistage de masse organisé est effectué à partir de 50 ans.
M.H. : Y a-t-il des moyens de prévenir le cancer du sein ?
M-C.M. : En France, il n’existe actuellement aucun traitement préventif de survenue d’un cancer du sein. Les patientes qui ont un cancer du sein d’origine familiale bénéficient d’une surveillance étroite et précoce, clinique et radiologique. Ces patientes, qui ont pu côtoyer la maladie ou la mort de plusieurs femmes dans leur famille, mère, tante ou sœur, ont la possibilité de savoir si elles sont porteuses d’une anomalie génétique responsable de la survenue du cancer du sein. Une consultation auprès d’un généticien est alors programmée et un prélèvement sanguin effectué si la patiente est prête à en accepter le résultat. C’est alors le soulagement si la patiente n’est pas porteuse de l’anomalie, ou alors l’angoisse si le résultat est positif. Lorsqu’une anomalie génétique a été identifiée, certaines femmes accepteront une surveillance très étroite, clinique et radiologique. D’autres demanderont une ablation préventive des deux seins.
M.H. : Et pour toutes les autres femmes ?
M-C.M. : Aucun moyen de prévention efficace n’a été identifié. Le risque de survenue d’un cancer du sein varie suivant les patientes en fonction notamment des antécédents familiaux, mais également de l’âge, de l’existence d’anomalies histologiques, d’un surpoids, de la prise d’alcool, de tabac, et de nombreux autres facteurs tels que l’âge de la première grossesse… S’il est impossible d’agir sur la majorité de ces facteurs, certains par contre peuvent être maitrisés. Nous pourrions simplement conseiller à toutes les femmes d’adhérer le plus possible aux campagnes de dépistage, d’éviter toute intoxication tabagique ou alcoolique, d’essayer de pratiquer une activité sportive régulière, même si celle-ci est difficile à concilier avec la vie surmenée de la majorité des femmes.
M.H. : Comment les femmes réagissent-elles lorsqu’on leur annonce la maladie ?
M-C.M. : Pour toutes, l’annonce du cancer est un choc, un violent traumatisme. Néanmoins, la réaction émotionnelle est souvent différente si l’annonce est faite à une femme qui a senti elle-même une masse et a déjà pratiqué des examens radiologiques, des biopsies, ou si l’annonce est faite sur une mammographie de dépistage chez une patiente qui ne s’y attendait pas. « Le monde s’écroule », « la vie, l’avenir bascule ». Culpabilité, colère, pleurs, « pourquoi moi ? ». A ce verdict ressenti comme porteur de mort, s’ajoute le traumatisme de l’atteinte d’un organe symbole de féminité, de maternité, et de sexualité.
M.H. : Une fois le cancer détecté, quels sont alors les soins proposés aux patientes ?
M-C.M. : Chaque patiente bénéficie d’un traitement adapté à sa maladie. Deux types de traitement peuvent être proposés : les traitements qui agissent localement sur le sein voire sur les ganglions en rapport avec le sein. Et les traitements généraux qui vont diffuser dans l’organisme et détruire ou empêcher le développement de cellules cancéreuses. Les traitements qui agissent localement sont la chirurgie qui va enlever les tissus cancéreux et la radiothérapie qui délivre des rayons sur une zone porteuse de cancer ou à haut risque de survenue de cancer. Les traitements généraux sont la chimiothérapie qui délivre plusieurs drogues par voie veineuse le plus souvent, ou orale parfois, de façon répétée, toutes les semaines pendant plusieurs mois. Il y a également l’hormonothérapie délivrée par voie orale pendant plusieurs années (5 ans) dont le but est de priver la tumeur du sein des hormones qui interviennent dans son développement. Et enfin l’immunothérapie réservée uniquement à certaines formes de cancers qui administre un anticorps spécifiquement dirigé contre un antigène situé à la surface des cellules cancéreuses.
M.H. : Qu’en est-il de la chirurgie ?
M-C.M. : Si le cancer est accessible à un traitement chirurgical, l’intervention est alors effectuée après une biopsie. Le chirurgien enlève la tumeur et une partie de glande saine tout autour de la tumeur. Il peut être dans l’obligation d’enlever également certains ganglions situés sous le bras et qui sont en rapport avec la tumeur. Actuellement, dans 65 % des cas, le chirurgien peut garder le sein. Il effectuera alors au cours de la même intervention une reconstruction de la partie du sein ôtée. Dans les autres cas, une ablation totale du sein doit être réalisée. Le sein peut alors être dans certains cas immédiatement reconstruit. S’il ne peut être reconstruit immédiatement, la reconstruction pourra alors être proposée dès la fin des traitements. Si la tumeur du sein est trop volumineuse ou trop agressive, le traitement débutera non par la chirurgie mais par un traitement général.
M.H. : Quel est généralement le délai entre la détection d’un cancer et sa guérison ?
M-C.M. : Chaque cancer a un profil évolutif particulier. Il est classiquement admis qu’une patiente est guérie si aucune rechute n’est survenue dans les 5 ans. Néanmoins, il sera impératif de poursuivre la surveillance car si le risque est faible au-delà de 5 ans, il n’est pas nul.
M.H. : Qu’en est-il de la prise en charge psychologique ?
M-C.M. : Elle n’est pas systématiquement proposée au moment de l’annonce du cancer. Chaque femme réagit différemment à l’annonce de la maladie et au parcours des traitements. Certaines sollicitent une prise en charge psychologique pour les aider à accepter la maladie et les traitements, et une prise en charge pour leur conjoint et pour leurs enfants. D’autres n’en expriment pas le besoin ou n’en font pas la demande. C’est alors l’écoute, l’attention apportée lors de l’hospitalisation par l’équipe soignante qui permettra de détecter des femmes en souffrance. Nous souhaitons d’ailleurs mettre en place prochainement des groupes de parole et espérons que les patientes pourront bénéficier dans un avenir proche des soins d’une socio-esthéticienne. De nombreuses patientes trouvent actuellement une écoute, une aide, un soutien auprès de plusieurs associations réalisant un travail remarquable en principauté.
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« Il faut arrêter les rumeurs » La vaccination contre le Papillomavirus humain (HPV) destiné à prévenir le cancer du col de l’utérus a débuté en mars dernier en principauté. Une vaccination qui soulève encore de lourdes inquiétudes, notamment chez les mères de famille. Mais les spécialistes monégasques sont formels : le vaccin est nécessaire et ne présente aucun risque.L’angoisse autour des vaccins contre le Papillomavirus humain est encore bien vive dans les cabinets médicaux monégasques. C’est en mars dernier que le gouvernement a décidé de lancer une campagne de vaccination anti-HPV. Objectif affiché : prévenir dans 70 à 80 % des cas le cancer du col de l’utérus. 500 courriers incitatifs avaient ainsi été adressés aux parents ayant des adolescentes âgées de 14 ans. Impossible pour l’heure de connaître le nombre de jeunes filles ayant franchi le pas. « Il est encore trop tôt pour donner un chiffre. Un bilan sera fait à un an », précise le docteur Rouison, conseiller médical auprès du département. Mais dans les cabinets gynécologiques à Monaco, les angoisses des mères de familles sont tenaces. « En consultation, on constate de plus en plus un gros recul des mamans. Certaines nous disent par exemple que leur fille est trop jeune, ou qu’elle n’a pas encore commencé sa vie sexuelle. A leurs yeux, il n’est donc pas utile d’effectuer le vaccin. Or, il est très important de le faire dès l’âge de 14 ans », explique le docteur Dominique Beaugrand-Van Klaveren, gynécologue à Monaco. « Les mamans sont en effet de plus en plus en recul. Certaines craignent également que la vaccination présente des dangers. Elles citent des articles de presse en ce sens qu’elles ont lus ici et là. D’autres encore, nous disent « pourquoi vaccinerait-on notre fille puisque dans notre famille personne n’a eu de cancer ? » », rajoute de son côté le docteur Françoise Ragazzoni, gynécologue.
Non-respect du schéma vaccinalPourtant, le cancer du col de l’utérus est le huitième cancer touchant les femmes en France : environ 3 000 cas et 1 000 décès par an (les chiffres à Monaco ne nous ont pas été communiqués). « Et les lésions pré-cancéreuses, les dysplasies, sont également extrêmement fréquentes », rajoute le docteur Rouison. Mais à en croire les spécialistes, la vaccination, notamment chez nos voisins français, est encore insuffisante ou mal pratiquée. « En France, une étude a montré qu’au niveau quantitatif, seules 60 % des jeunes filles se font vacciner et seules 18 % font la démarche dès l’âge de 14 ans, rajoute le docteur Beaugrand-Van Klaveren. Le deuxième problème est le non-respect du schéma vaccinal. Il est nécessaire de faire au total trois injections. Or certaines adolescentes n’en font que deux ».
« Aucun cas grave signalé »Des spécialistes contraints également d’insister sur la non-dangerosité de cette vaccination. Il faut dire que l’un des vaccins destiné à prévenir le cancer du col de l’utérus, le Gardasil, a soulevé de lourdes suspicions, y compris dans la communauté médicale. Doute sur son efficacité, recul insuffisant sur les effets secondaires… Le tout sur fond de pressions de l’industrie pharmaceutique… Des polémiques largement relayées dans la presse, mais que les spécialistes monégasques balaient d’un revers de main. « La réalité c’est que 32 millions de doses ont été injectées dans le monde. Aucun cas grave n’a été signalé. Il faut arrêter cette rumeur. La vaccination est sûre. Pour tous les cas présentés dans la presse, rien n’a été prouvé scientifiquement. Il n’y a aucun médicament au monde qui subisse autant de contrôles que le vaccin. Les effets collatéraux sont uniquement une migraine, une petit rougeur dans la zone d’injection et potentiellement un jour ou deux de fièvre. Tout le reste, ce sont des mensonges », assure de son côté le professeur Franco Borruto, gynécologue. Autre impérieuse nécessité selon les spécialistes : effectuer un frottis tous les 2 à 3 ans. Or, en France, une femme sur 3 en moyenne ne ferait pas encore la démarche. « Le facteur de risque premier du cancer du col est le non-dépistage et le non-suivi des femmes. Une étude française a montré que 70 % des femmes atteintes d’un cancer du col, n’avaient jamais effectué de frottis, ou l’avait effectué il y a plus de 3 ans », précise encore le docteur Van Klavaren. Tout en rappelant également que « certaines femmes arrêtent la surveillance gynécologique, quand elles n’ont pas de vie sexuelle. »
Campagne de dépistage en 2012Pour lutter plus efficacement contre ce cancer, les autorités sanitaires monégasques ont donc décidé de coupler la vaccination avec une campagne de dépistage organisé, opérationnelle dès janvier 2012. Les femmes ciblées : celles âgées de 21 ans à 65 ans. « Chaque année, les premiers frottis seront réalisés pour les femmes ayant 21 ans. En 2012, la campagne débutera donc avec les femmes nées en 1991. En 2013, elle concernera celles nées en 1992, et ainsi de suite l’année suivante. De nouveaux frottis seront effectués pour ces femmes alors âgées de 22 ans ; ils se poursuivront ensuite tous les 3 ans (à 25 ans, 28 ans, etc) jusqu’à ce qu’elles atteignent 65 ans. Si les frottis bien sûr ne présentent aucune anomalie dans les intervalles », rajoute le docteur Rouison. Le dépistage sera totalement pris en charge par le gouvernement et les caisses sociales.
Cancer du sein : une campagne de dépistage en 2012 Après l’ostéoporose en 2004 et le cancer colorectal en septembre 2009, la prévention à Monaco franchira une nouvelle étape dès janvier 2012 avec le lancement d’une campagne de dépistage généralisé destiné à prévenir le cancer du sein. Population ciblée : les femmes âgées de 50 à 80 ans. « Nous avons décidé de relancer la campagne de dépistage initiée en 1994 par le docteur Michel-Yves Mourou », explique le conseiller aux affaires sanitaires et sociales Stéphane Valeri. Dès le premier trimestre 2012, les femmes concernées recevront donc une invitation tous les deux ans à pratiquer une mammographie. Un dépistage gratuit, financé à hauteur de 80 % par les caisses sociales et le reste par le gouvernement. Si le CHPG a recensé en 2010, 175 nouveaux cas de cancer du sein, heureusement la mammographie à Monaco semble être une pratique bien ancrée dans les habitudes des femmes. « En principauté, sur 2008, 2009 et 2010 le pourcentage de femmes ayant régulièrement et spontanément effectué une mammographie est très élevé. Bien plus qu’en France, puisqu’on atteint les 60 %. Mais il reste ces 40 % de femmes qui n’en font jamais. Le dépistage organisé aura donc pour objectif d’atteindre 15 à 20 % de femmes supplémentaires », explique le docteur Rouison, conseiller médical auprès du département.L’association monégasque Ecoute cancer réconfort © Photo Monaco Hebdo.
« Les hommes n’osent pas franchir le pas » Depuis 1992, l’association monégasque Ecoute cancer réconfort apporte aide financière et réconfort aux personnes atteintes d’un cancer à Monaco et dans les communes limitrophes.Elles se rendent chaque semaine au chevet des malades du CHPG. La dizaine de bénévoles de l’association monégasque Ecoute cancer réconfort, créée en 1992, se relaient régulièrement à l’hôpital de jour. Des visites en binôme, dans la chambres des patients, qui subissent au quotidien des séances de chimiothérapie « Pas plus d’un quart d’heure pour ne pas fatiguer les malades, explique Adeline Garino, la présidente de l’association depuis 4 ans. Nous parlons de tout, de la pluie et du beau temps. De leur souffrance, s’ils le souhaitent. Il arrive parfois que certains refusent de nous recevoir. Les hommes surtout. C’est rare que l’on arrive à communiquer avec eux. Ils se sentent diminués face à la maladie. Ils perdent leur moyen ». Mais l’association met également la main à la poche. Et ce malgré un budget annuel étriqué. « J’ai besoin en moyenne de 80 000 euros par an. Plus de 50 % de ce budget, est consacré aux aides financières. Ce n’est pas de l’argent qu’on leur donne directement. Mais on leur offre par exemple des bons d’achat pour Carrefour ou bien une aide au loyer que l’on envoie directement au propriétaire, explique la présidente, qui ne bénéficie pas encore de subventions de l’Etat. Je suis donc allée à la chasse auprès des banques. Certaines ont été généreuses, d’autres n’ont rien donné. Nous organisons aussi des actions ponctuelles, comme des soirées de galas avec le Lions club de Monaco pour récolter des fonds. »
Espace de viePour venir en aide aux malades, l’association dispose également d’une structure d’accueil baptisée Espace Mieux être qui a ouvert ses portes en 2009. Les locaux sont relativement exigus. Un appartement de 90 m2 dans les domaines de Monaco, situé 1 Place Paul Baronetto à Cap d’Ail. Chaque semaine, une vingtaine de malades s’y rendent. Exclusivement des femmes. Pour la plupart atteintes d’un cancer du sein. « Pour l’heure, aucun homme n’a osé franchir le pas, regrette encore Adeline Garino. Chez nous ces femmes se vident, s’entraident, et se divertissent. Nous leur mettons à disposition gracieusement, sur rendez-vous, des services spécifiques : la relaxation détente, l’esthétique, la gymnastique douce ou encore un psychologue. Tous ces soins sont assurés par des intervenants professionnels payés par l’association. Le malade, lui ne paie rien ». Au-delà de ces soins, l’association organise également des ateliers ludiques. Pèle-mêle : couture, peinture, chant, jeux de cartes, tricotage, ou encore des objets confectionnés « maison » puis revendus dans des braderies au profit de l’association.
Espace Mieux être. 1 Place Paul Baronetto à Cap d’Ail. Immeuble L’Atalante. Ouvert du lundi au vendredi de 14h à 18h et sur rendez-vous. Renseignements : 06 80 86 04 33.
C'est une histoire qui finit mal… La coquette boutique « Histoire d'ours », du fleuriste Marco Traverso au numéro 3 de l'avenue Prince-Pierre a été hier ravagée par un incendie. Le sinistre s'est déroulé peu avant 14 heures, bouleversant tout le quartier de la Condamine et créant de nombreux ralentissements de circulation partout dans Monaco et la coupure en partie de la rue Grimaldi.
Punctured gas pipe causes fire at florists.Le colonel Xavier Prache vient de prendre ses fonctions au Palais princier.
Il est le nouvel aide de camp du prince Albert II. Agé de 43 ans, il était précédemment en poste à l’Etat-major de la Marine à Paris. Après une carrière de commissaire de la Marine embarqué à bord de bâtiments de la Marine Nationale, Xavier Prache s’est spécialisé dans la gestion des Ressources Humaines.
Xavier Prache named as Prince Albert's new Aide de Camp.Le tribunal correctionnel de Monaco a examiné le cas d’un ressortissant italien, originaire de Naples. L’homme était absent à la barre par crainte de se faire arrêter.